Le 1er janvier au Japon   元日

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Kagami mochi, les offrandes aux dieux

Kagami mochi, les offrandes aux dieux

Kadomatsu, décoration à l'entrée de la maison en pin et bambou

Kadomatsu, décoration à l'entrée de la maison en pin et bambou

Foule dans l'allée menant au temple Senso-ji à Tokyo le 1er janvier.

Foule dans l'allée menant au temple Senso-ji à Tokyo le 1er janvier. 2017 c'est l'année du coq, symbole de réussite dans les affaires !

Joya-no-kane, les 108 coups donnés par les moines sur la grande cloche du temple Chion-in à Kyoto

Joya-no-kane, les 108 coups donnés par les moines sur la grande cloche du temple Chion-in à Kyoto

Jûbako, la boîte repas à trois étages pour déguster osechi ryôri, le repas spécial du 1er janvier

Jûbako, la boîte repas à trois étages pour déguster osechi ryôri, le repas spécial du 1er janvier

Une femme en kimono devant le temple Senso-ji à Asakusa (Tokyo) pour les voeux du 1er janvier

Une femme en kimono devant le temple Senso-ji à Asakusa (Tokyo) pour les voeux du 1er janvier

Rites et traditions du Jour de l'an

Entre rassemblement familial, rituels ancestraux et cuisine de fête, le 1er janvier est sans doute le jour le plus important de l'année au Japon.

Le Jour de l'an au Japon (ganjitsu, en japonais) est un jour férié au Japon depuis 1948. Certaines entreprises et administrations sont même fermées plusieurs jours d'affilée, du 29 décembre au 3 janvier, pour que chacun puisse célébrer ce grand moment. C’est une fête familiale pour accueillir le Toshigami, la divinité shintoïste de la nouvelle année qui apporte sa bénédiction dans toutes les maisons. Toshigami représente à la fois les ancêtres tutélaires de la famille et la divinité de la bonne récolte, depuis le VIe siècle.

Grand nettoyage

La préparation commence dès le 13 décembre : c’était le jour du grand ménage au château d’Edo à la période du shogunat Tokugawa (1603-1868). Toute la famille se met alors au nettoyage complet de la maison, encore aujourd’hui. Un équivalent du grand nettoyage de printemps en France. 

Offrandes et décorations

Puis on décore l’entrée de la maison avec kadomatsu, une décoration faite de branches de pin - symbole de longévité - de bambou et de paille, que l’on emploie toujours par deux, une de chaque côté de la porte ou du portail pour que Toshigami repère la maison.
Dans la maison, la préparation de kagamimochi occupe aussi tous les membres de la famille. C’est une offrande pour Toshigami comprenant deux mochi placés l’un sur l’autre et surmontés d’une orange amère, symbole de la prospérité. Le tout est présenté dans le tokonoma, l’alcôve de la maison.

Aussi long que le soba

Pour le réveillon du 31 décembre, la préparation d’osechi ryôri, le repas du Nouvel An, est aussi une offrande. Ce repas de fête préparé uniquement pour le 1er janvier se présente dans une boîte de laque à trois ou quatre étages, que l’on appelle jûbako. Le soir, on mange traditionnellement du soba, le toshikoshi soba, celui du passage à l’année suivante pour que la vie soit longue comme le soba lui-même.

Voir : Osechi ryôri, la cuisine du Nouvel An

Après les 108 coups de minuit sonnés le soir du 31 décembre, Toshigami arrive avec le lever du soleil du 1er janvier. Les Japonais admirent Hatsuhinode : le premier lever du soleil, une coutume provenant de la cérémonie traditionnelle de la famille impériale, toujours pratiquée de nos jours. Après l’accueil de Toshigami, à la maison, la famille partage le repas, Osechiryôri et zôni, la soupe avec du mochi accompagné du Toso, un saké épicé spécial pour le Nouvel an pour souhaiter la bonne santé de la famille. 

Lire : Hatsuyume, le premier rêve de l'année

Habits de fête

Les Japonais s’habillent en kimono car c’est un grand jour, bien qu’aujourd’hui de moins en moins de Japonais revêtent la tenue traditionnelle. En famille, notons aussi la coutume du otoshidama, l’étrenne que l’on donne aux enfants dans une pochette spéciale. Les bambins attendent ce jour comme Noël en Occident. Enfin, n'oublions pas les nengajô, les cartes de vœux japonaises.

Il y a foule au temple !

Une fois toute la famille réunie, arrive l'heure du hatsumôde, la première visite au temple (le temple bouddhiste ou le sanctuaire shintô). Durant ce jour et les deux suivants, les foules se pressent dans chaque temple dans une cohue phénoménale. Dans les plus grands temples (Meiji-jingu à Tôkyô, le Narita-san à Chiba ou le Sensô-ji d’Asakusa), les fidèles lancent leur pièce de loin, tant il est difficile de s’approcher de l’autel. Attention si vous vous trouvez au Japon à cette période de l'année, ce n'est pas le moment le plus favorable pour découvrir un temple !

Une pensée enfin pour celles et ceux qui auraient perdu un proche dans l'année : la nouvelle année est dans ce cas une année de deuil pour toute la famille, si bien que l’on ne célèbre pas les fêtes habituelles.

En un mot

Quelques mots à retenir : jusqu’au 31 décembre : "Yoi otoshi o" : "bonne année !" et à partir du 1er janvier : "Akemashite omedetô" : "félicitations pour cette nouvelle année !"

Enfin, notez que 2018 est l'année du chien.

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