Le yen, la monnaie japonaise   円

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Un billet de 10 000 yen

Un billet de 10 000 yen

Empereur Meiji

Mutsuhito ou empereur Meiji mena l'ouverture et la modernisation de son pays.

Le prince Shotoku sur un billet de 10.000Yens

Le prince Shotoku apparaissait sur les anciens billets de 10 000 yen

Banque du Japon

La Banque du Japon (BoJ) a été créée en 1882.

La pièce de 5 yen est la seule à ne pas comporter de chiffre arabe.

Natsume Sôseki figure sur le billet de 1000 yens

Natsume Sôseki figure sur les anciens billet de 1000 yen

100 yen shop

100 yen shop de quartier au Japon

Une pièce de 100 yen : on peut y voir les fleurs de cerisiers

Une pièce de 100 yen : on peut y voir les fleurs de cerisiers

Une devise vieille de 150 ans

Le yen est la devise japonaise depuis le 10 mai 1871. En 2021, elle fêtera son 150e anniversaire. Scrutée par les investisseurs qui la considèrent comme une valeur refuge, elle l'est aussi par les touristes pour organiser leur séjour.

C'est au cours de la restauration Meiji en 1868 que le yen fut introduit comme monnaie nationale au Japon.

Une histoire d'argent

Jusqu’à la modernisation du pays sous l’ère Meiji (1868-1912), le Japon connaît une histoire monétaire mouvementée. Les premières pièces officielles sont frappées en 708, mais les siècles suivants verront se succéder les expérimentations au gré des changements de régime, entre l’importation de monnaies chinoises et la frappe des seigneurs locaux. Le système tri-métallique Tokugawa (or/argent/bronze), mis en place au début du XVIe siècle et qui perdure plus de 250 ans, a été la première tentative sérieuse de réforme de l’unité monétaire à l’échelle nationale.

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L’occidentalisation du Japon qui suit la restauration Meiji marque l’introduction d’une nouvelle monnaie, le yen, 円. L’empereur souhaite mettre fin à la complexité et aux contrefaçons de l’ancien système en établissant une devise unique pour peser dans les échanges commerciaux. C’est chose faite le 10 mai 1871 avec l’ordonnance sur les nouvelles monnaies, Shinka Jorei

Les anciennes unités – le mon, le shu, le bu, le ryo – sont remplacées par le yen et ses deux subdivisions (abandonnées en 1954), le sen (1/100e de yen) et le rin (1/1000e de yen). De nouvelles pièces en or, argent et cuivre sont introduites. Plusieurs réformes sont prises jusqu’à la fin du XIXe pour doter l’Archipel d’un système monétaire moderne : instauration de l’étalon-or, garant de la stabilité des prix (abandonné en 1931), et création de la Banque du Japon avec le monopole d’émission.

Vecteur de la culture nippone

En japonais, yen se prononce "èn", ce qui signifie "cercle", une traduction identique aux monnaies chinoise "yuan" et coréenne "won".

Il y a six pièces de monnaie et quatre billets en circulation au Japon. Le côté face des pièces représente des fleurs ou des arbres, et le côté pile la valeur et l’année de fabrication. La pièce de 1 yen, en aluminium, a pour particularité de mesurer 1 centimètre de rayon et de peser 1 gramme

Toutes les valeurs sont indiquées en chiffre arabe, sauf la pièce de 5 yen. Cette dernière est trouée en son centre et elle est réputée porter chance : le mot "goen" est un homophone de "chance". Elle est souvent utilisée comme don dans les temples et les sanctuaires.

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En affichant des symboles nationaux, la monnaie véhicule la culture de son pays. Voici trois valeurs que les touristes sont amenés à rencontrer fréquemment dans leur porte-monnaie :

La pièce de 100 yen est une valeur de référence qui peut être comparée à la pièce de 1€. Mise sur le marché en 1967 dans sa version actuelle, elle possède des fleurs de cerisier sur sa face avec l’inscription "Japon" au-dessus. 

Le billet de 1 000 yen, de couleur bleue, affiche au recto le portrait de Hideyo Noguchi (1876-1928), un bactériologiste ayant découvert l’agent pathogène de la syphilis en 1911. Une image du mont Fuji derrière le lac Motosu et des fleurs de cerisier sont représentées au verso.

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Le billet de 10 000 yen, d’une teinte marron, est le plus important en valeur et en taille (160x76mm contre 154x76mm pour le billet de 2 000 yen). Au recto figure le portrait de Yukichi Fukuzawa (1835-1901), un penseur de l’ère Meiji considéré comme l’un des fondateurs du Japon moderne. Il est également connu pour avoir créé l’Université Keio à Tokyo. Le verso comporte l’image d’une statuette de phénix, présente sur le toit du temple bouddhiste Byodoin à Kyoto, identique à celui représenté sur les pièces de 10 yen.

Une monnaie refuge

Malgré le très fort endettement du Japon, son économie qui tourne au ralenti et sa population vieillissante, le yen reste aujourd’hui une valeur refuge pour les acteurs économiques étrangers. Il s’agit de la troisième monnaie la plus échangée en valeur sur le marché international des devises, derrière le dollar et l’euro. Elle est réputée comme particulièrement résistante durant les crises et inspire la confiance des investisseurs.

Grâce à un taux d’épargne très élevé et une aversion au risque, la dette publique est détenue à plus de 90% par des agents résidents au Japon, ménages ou entreprises. Ainsi mis à l’abri de la volatilité des marchés obligataires, le pays bénéficie d’une indépendance et d’une stabilité financière qui garantit la solidité de sa monnaie.

Les "Abenomics" contre la déflation

Les multinationales japonaises (Toyota, Honda, Sony, Canon, Nintendo, etc.) font du pays la troisième puissance industrielle mondiale. Si comme n’importe quel exportateur, les entreprises nippones sont pénalisées par une monnaie forte, elles restent compétitives en produisant des biens à haute valeur ajoutée qui compensent quelque peu les effets de la cherté du yen.

Le Premier ministre Shinzo Abe et son gouvernement cherchent depuis 2012 à relancer l’inflation, visant un objectif de 2% par an. Par une baisse des taux d’intérêt et un programme d’assouplissement quantitatif via des rachats d’actifs, les Abenomics forment une politique monétaire expansionniste qui n’a pour l’heure pas encore porté ses fruits. 

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