Takashi Murakami   村上隆

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Oeuvre de Takashi Murakami

Oeuvre de Takashi Murakami

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L'exposition des "500 Arhats" au Mori Art Museum

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La fresque des 500 Arhats de Takashi Murakami

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Les monstres kawaii de Takashi Murakami

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Takashi Murakami lors du Geisei festival

L'artiste entrepreneur

On doit à Takashi Murakami la création d'un univers inspiré de la culture otaku, peuplé de fleurs multicolores et de monstres à la fois kawaii et inquiétants. Takashi Murakami, figurant au palmares des artistes les plus chers au monde, est également à la tête d'une société lui permettant de produire et de diffuser ses produits dérivés, clips et films d'animation. 

Des monstres et des feuilles d'or

En 2015, Takashi Murakami revient sur le devant de la scène artistique nipponne après plusieurs années d'absence grâce à l'exposition de ses "500 Arhats" au Musée d'Art Mori à Roppongi. Cette fresque picturale de 100 mètres de long est la réponse de cette figure majeure de l'art contemporain aux tragiques évènements de mars 2011. L'Arhat, personnage saint de la mythologie bouddhiste, extrêmement vénéré au Japon, serait présent, selon Murakami, pour consoler l'humanité. Une fois encore, le chef de file du Néo Pop japonais, puise son inspiration dans la culture traditionnelle à laquelle il adjoint son imagerie chargée et ses couleurs flashy caractéristiques. 

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Depuis ses débuts dans les années 1990, Takashi Murakami mèle les motifs et techniques du répertoire classique de l'art japonais à son univers pop et ludique. Dans sa série de tondi, toiles rondes, "Korin - Chrysanthèmes", il fait le lien parfait entre la peinture nihonga qu'il étudia à l'Université des Arts de Tokyo et la culture pop japonaise. En référence aux chrysanthèmes blancs d'Ogata Kôrin (1658-1716), il exécute ses célèbres fleurs souriantes sur des fonds réalisés à la feuille d'or ou de platine. Quoi de plus normal alors que Murakami soit invité à exposer au château de Versailles en 2010 après Jeff Koons et Xavier Veilhan. Malgré la polémique, son art unique fait écho à ce haut lieu de l'histoire française. Le visiteur pouvait alors contempler, parmi les 22 œuvres exposées, "Flower Matango", un monstre de fleurs aux 300 couleurs dans la Galerie des Glaces et un "Oval Bouddha" de bronze, acier et or, à la fois sympathique et terrifiant installé devant les bassins du Parterre d'eau.

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Flower Matango au beau milieu de la Galerie des Glaces

Une non-hiérarchie

L'artiste, né en 1962 à Tokyo, n'a cessé de combiner l'art traditionnel et les techniques les plus high-tech dans ses peintures, sculptures, installations monumentales et films d'animation. Th��orisant le mouvement d'art contemporain Superflat dans les années 1990, il propose des créations en lien direct avec l'univers du manga et de l'anime et les érigent en critique et parodie de la société de consommation japonaise. Il a développé un univers peuplé de monstres, de fleurs multicolores, de motifs kawaii, de champignons, de yeux globuleux et de personnages emblématiques tels Hiropon, jeune femme à la poitrine généreuse et Mr Dob qui n'est autre que son alter ego. Murakami aspire également à la désacralisation de l'art. Il est nécessaire de se détacher de la conception élitiste de l'art et de déconstruire les hiérarchies existantes. Pour Murakami, tout se situe sur un seul et même plan : art traditionnel, beaux-arts, art issu de la sous-culture otaku... Il n'y a pas de frontière entre ce que l'on considère habituellement appartenir au patrimoine et la culture pop. Lors de l'exposition de sa collection personnelle en 2016 à Yokohama, les vases de l'époque Jômon (14,000-300 avant J.C.), les céramiques anglaises, les estampes, les œuvres de Warhol et Yoshitomo Nara se côtoient en parfaite harmonie. 

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Les skateboards Vans au design signé Takashi Murakami

La Factory de Murakami

Souvent perçu comme l'héritier d'Andy Warhol par sa critique de la société consumériste, Murakami s'apparente encore un peu plus à l'artiste américain en ouvrant un espace créatif en 1989 qu'il nommera Hiropon Factory en 1996. Transformé depuis en Kaikai Kiki Corporation, l'espace s'est mué en une véritable entreprise dans laquelle travaillent une centaine de personnes au Japon et aux Etats-Unis. Grâce à cette société de production, Murakami conçoit ses œuvres et édite de très nombreux produits dérivés, réalise des clips musicaux et des films d'animation. Dans cette grande variété d'activités, il convient de noter des collaborations avec des personnalités de la scène musicale internationale comme Pharell William ou Kanye West. À partir de 2003, il réalise des séries de sacs à mains pour la luxueuse marque Louis Vuitton. Un concept store Louis Vuitton-Murakami est même inauguré en 2007 à Los Angeles. Pour rester fidèle à son précepte de démocratisation de l'art, il s'associe le temps d'une saison à la marque de streetwear Vans en proposant des chaussures, t-shirts et des skateboards arborant fleurs et crânes ; des motifs récurrents dans son œuvre. Son entreprise lui permet d'apporter son soutien à la jeune création artistique par le biais du festival d'art Geisai en offrant la possibilité à de jeunes artistes de présenter leurs œuvres bien qu'ils ne soient pas représentés par une galerie. Une casquette supplémentaire de mécène qui vient s'ajouter à celles d'artiste, collectionneur, réalisateur et chef d'entreprise. 

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