Le Bouddha Jizô   地蔵菩薩

Date de publication :
Jizo Bosatsu Koyasan

Statues de Jizo à l'Oku-no-in de Koyasan

Jizo temple

Statuette de Jizo dans un temple japonais

Jizo bosatsu Oku no in

Statues de bouddhas vêtus comme des Jizo

Kanmangafuchi Abyss

Alignement de Jizo bosatsu de Kanmangafuchi Abyss à Nikko

Bouddha Jizo

Bouddha Jizo de Kanmangafuchi Abyss.

Rencontre avec Jizô bosatsu

Si vous avez voyagé au Japon et vous êtes rendu(e) dans des temples et sanctuaires, vous avez forcément croisé des statuettes vêtues de bonnets et bavoirs rouges. Ce sont des représentations du Bouddha Jizô ou plus exactement, Boddhisatva Ksitigarbha, protecteur des enfants et des voyageurs. Il est appelé Jizô bosatsu (bodhisattva Jizô) au Japon, ou O-Jizô-san ou encore O-Jizô-sama. Qui est Jizô et que représente t-il ?

Jizô, protecteur des voyageurs

Jizô bosatsu est un boddhisatva, c’est-à-dire qu’il a atteint l’éveil mais a choisi de rester parmi les humains pour les accompagner vers leur propre salvation. Plus spécifiquement, il a fait le vœu de ne devenir bouddha qu’une fois les enfers vidés, c’est-à-dire toutes les âmes sauvées. Au Japon, Jizô bosatsu revêt des significations bien spécifiques : il est le protecteur des enfants, mais aussi des voyageurs.

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On rencontre souvent des statues de Jizô au bord des routes, aux carrefours ou dans des endroits de passages, car cette divinité protège ceux qui voyagent. Plus symboliquement, il peut aussi se trouver dans des lieux où l’on passe du monde réel au monde spirituel, ou de la vie à la mort dans certaines imageries. C’est également pour cela qu’on le trouve dans les temples, qui sont des carrefours entre le profane et le sacré.

Les jizô du temple Muroji, à Nara

Les jizô du temple Muroji, à Nara

bouddha jizo

Le Jizō protège les âmes des défunts, en particulier celles des enfants.

Jizô, protecteur des enfants et des faibles

Jizô est souvent représenté avec un visage enfantin, et vêtu d’attributs d’enfants, car il a promis de protéger les âmes des enfants décédés trop tôt, n’ayant pas pu, de ce fait, accumuler suffisamment de bonnes actions pour être réincarnés. Dans la mythologie bouddhique au Japon, ils sont condamnés à demeurer dans les limbes - un endroit appelé sai no kawara - et à construire des petites piles de pierres pour leurs parents restés vivants. Le mythe veut que la nuit cependant, les démons viennent détruire les tours. Jizô est censé protéger les enfants contre les démons.

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C’est également pour cela que de petites pyramides de pierres se trouvent souvent près des statues de Jizô : les passants aident les enfants à construire empiler les pierres, et ainsi à accomplir leur tâche dans les limbes. Avec l’évolution de la société japonaise, le bouddha Jizô incarne aujourd’hui d’autres types de protection (comme les bébés morts-nés). Sa figure peut être présente lors des cérémonies qui visent accompagner les âmes lors d’avortements par exemples.

Jizô du temple Hasedera à Kamakura

Jizô du temple Hasedera à Kamakura

Pourquoi habiller le Jizô ?

Jizô est représenté comme un moine et le vêtir est une tradition qui permet d’interagir avec lui. La plupart du temps, les bonnets et bavoirs qui lui sont destinés sont confectionnés à la main et on lui remet même des jouets en tant qu’offrandes, car son rôle est étroitement lié à la destinée des enfants perdus. La couleur rouge, qui est souvent celle des habits offerts au Jizô, symbolise la sécurité et la protection. C’est également une façon d’accumuler des mérites pour l’au-delà.

Mille Jizô ou les alignements de Jizô

Parce que Jizô est étroitement connecté aux décès prématurés ou à l’âme des défunts qui ne peuvent pas "traverser" jusqu’au "paradis", il est le gardien de ceux dont les tombes ont été oubliées. On dresse des alignements de statues de Jizô dans des lieux où il n’y a plus de tombes pour des défunts, comme au bord de l’Abysse de Kanmangafuchi à Nikkô, où ils représentent les prières et les émotions des familles des disparus.

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