La culture du ma   間の文化

Date de publication :
WAK

Apprentissage de la cérémonie du thé à la WAK.

Un groupe d'employés de bureau japonais

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Une personne s'adonnant à la calligraphie

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Le théâtre Nô du centre commercial GINZA SIX à Tokyo

Le théâtre Nô du centre commercial GINZA SIX à Tokyo

ikebana - ohara kaikan

Une composition florale de l'école Ohara Kaikan.

Un idéal de beauté

Harmonie, équilibre, simplicité, zen... Tels sont les mots qui peuvent venir à l'esprit lorsque l'on évoque les arts japonais. Ils peuvent parfois surprendre par leur minimalisme. En réalité, la place laissée au vide est justement ce qui génère leur beauté. Ce vide qui n'en est pas vraiment un, c'est le ma.

Le "ma", l'équilibre entre toute chose

Si la notion de ma est particulièrement présente dans l'esthétique japonaise, elle est également primordiale pour comprendre les relations humaines et la culture nippone. Le ma, c'est l'intervalle entre deux choses, non pas envisagé comme une absence qui sépare, mais comme une relation. Prenons quelques exemples pour y voir plus clair.

Voir aussi : La cérémonie du thé

Dans les cérémonies du thé, le placement des ustensiles et récipients répond à des règles précises et complexes. L'espace est divisé en lignes imaginaires sur lesquelles sont disposés les objets. Placer l'objet le plus précieux le long de la ligne centrale est une règle importante, mais ce dernier doit être légèrement décentré. Ce décalage, ce vide créé, c'est le ma. Ce n'est pas l'absence de quelque chose, mais le cœur des choses. Cette notion s'applique à l'architecture, à la calligraphie ou encore à l'art floral.

Le ma n'est pas seulement un concept spatial. C'est également un intervalle temporel. Dans le théâtre nô, on le retrouve dans la tension entre deux répliques, dans les pauses que marquent les acteurs. Là encore, il ne saurait être perçu comme un manque ou une absence. Il donne le rythme.

À lire : Le théâtre nô

L'espace du "Ma", un gracieux décalage

Pour autant, le ma n'est pas figé. En danse classique japonaise, il est apprécié que le danseur ne marque pas exactement le tempo. Un véritable maître saura jouer avec les temps et les contretemps, créant un gracieux décalage. Le ma qui s'incarne dans ces subtiles variations est tantôt une affaire de timing, tantôt un déplacement spatial, et parfois même un mélange des deux. Mais alors, quelle place a-t-il dans les attitudes et les relations humaines des Japonais ?

Chaque individu doit se contraindre à adopter un comportement social. Il s'agit de se contrôler afin de ne pas susciter de honte, par exemple, jusqu'à ce que la capacité à se conduire de manière adaptée soit une seconde nature. Au Japon, la logique de groupes et de cercle sociaux prédomine. Entre l'uchi et le soto, nous avons le seken, ces gens qui ne sont ni proches ni inconnus. Se comporter avec eux implique de n'être ni trop attaché, ni trop distant et donc de prêter d'autant plus attention à l'intervalle, au ma, entre soi et les autres. Ainsi, ce concept se retrouve même au cœur des relations interpersonnelles.

Lire aussiUchi et le soto

La maison Frame the sky, à Aoyama (Tokyo), par l'Atelier Tekuto

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Eglise de la Lumière à Ibaraki

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Teshima Art Museum

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Ce takemono est ici composé d'une composition florale et d'une calligraphie laissant penser au printemps.

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