La notion de "Dieu" en japonais   神

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Le temple yasukuni

Le temple shinto Yasukuni

La déesse du soleil, Amaterasu, émergeant d'une grotte.

La déesse du soleil, Amaterasu, émergeant d'une grotte.

Prières au sanctuaire Futarasan Jinja lors du Festival Yayoi, à Nikko

Prières au sanctuaire Futarasan Jinja lors du Festival Yayoi, à Nikko

Naiku, au sanctuaire d'Ise

Naiku, au sanctuaire d'Ise

Dans la religion shinto, pour invoquer les dieux, sonnez la cloche, inclinez-vous deux fois, taper deux fois dans vos mains, priez puis retaper une fois dans vos mains.

Dans la religion shinto, pour invoquer les dieux, sonnez la cloche, inclinez-vous deux fois, taper deux fois dans vos mains, priez puis retaper une fois dans vos mains.

"Dieu", une notion complexe en japonais

"DIEU" TEL QU’IL EST REPRÉSENTÉ  DANS LE MONDE DES RELIGIONS ABRAHAMIQUES, UN ÊTRE UNIQUE, CRÉATEUR DU MONDE, TRANSCENDANT, N’EXISTE PAS DANS LA RELIGION SHINTOÏSTE. RELIGION ANIMISTE ET POLYTHÉISTE, ON Y PARLE PLUTÔT D’ÊTRES DIVINS, QUI SE MANIFESTENT SOUS DIFFÉRENTES FORMES.


Au-delà du shintoïsme, l’Archipel a aussi connu dès le vème siècle l’influence du bouddhisme dont le rapport au divin est particulier. Nous nous en tiendrons ici à la notion shintoïste du divin.

Pour aller plus loin : Le Bouddhisme : une religion au Japon

L’étymologie du mot dieu en japonais : 神

En japonais, le mot que l’on associe à « dieu » s'écrit 神, et, comme tous les kanjis, cet idéogramme a une lecture japonaise mais aussi une lecture sino-japonaise.  Prononcé "shin" ou "jin", il est issu du chinois "shen" et  fait référence dans la religion traditionnelle chinoise aux esprits de la nature. Ainsi, le shintoïsme, shintô en japonais, 神道, peut se traduire par  "la voie des esprits".  Dans sa version japonaise, le kanji  神 se lit kami et il s'applique  aux multiples divinités et êtres surnaturels qui peuplent le panthéon shintoïste. 

La mention des kami se retrouve dans les deux tout premiers livres écrits en langue japonaise, le Kojiki ("Chronique des faits anciens"), qui est un recueil de mythes datant de 712,  et le Nihon-shoki ("Annales du Japon") de 720. On y retrouve notamment le mythe de la création du monde par Izanagi ou les aventures d’Amataresu, dieu et déesse "ancêtres" des empereurs japonais.

Le grand commentateur du Kojiki, Mootori Norinaga, a dit : "tout être qui possède certaines qualités éminentes sortant de l'ordinaire, ou qui est impressionnant de nature, est appelé kami". On trouve ainsi une myriade de kami.


Le Kanji de Kami

Le Kanji de Dieu en japonais

Le drapeau au disque solaire rayonnant est encore aujourd'hui le symbole des forces armées japonaises et rappelle pour beaucoup le Japon de la Seconde Guerre mondiale

Le drapeau au disque solaire rayonnant est encore aujourd'hui le symbole des forces armées japonaises et rappelle pour beaucoup le Japon de la Seconde Guerre mondiale

Dans la sanctuaire intérieur d'Ise ont lieu quotidiennement des rituels et cérémonies de purification.

Dans la sanctuaire intérieur d'Ise ont lieu quotidiennement des rituels et cérémonies de purification.

Sanctuaire Inari

Sanctuaire Inari

Amaterasu sortant de la caverne (Shunsai Toshimasa, XIXe s.)

Amaterasu sortant de la caverne (Shunsai Toshimasa, XIXe s.)

Une multitude de divinités japonaises aux multiples fonctions

Certains de ces kami incarnent les ancêtres divins du peuple japonais. Ils sont nés de la mythologie shintô. Ce sont les kami de « l'âge des dieux », appelés amatsukami (kami célestes). Il existe aussi  des kunitsukami (kami terrestres.)

 Les autres kami peuvent être les esprits  de défunts ou encore des esprits qui gouvernent la nature. Ainsi, pour les shintoïstes, montagnes, rivières, forêts et autres éléments naturels sont  tous  habités et régentés par des esprits que l'on honore lors de fêtes traditionnelles.

Pour aller plus loin : Les matsuri, festivals du Japon

Ces divinités et esprits sont chacun animé de pouvoirs bénéfiques ou/et d’un "esprit de violence" que l’on peut éveiller si jamais l’on empiète sur leur domaine ou si l’on se rend coupable d’une faute en lien avec leur champ d’action. Cette faute (tsumi) active le châtiment ou (tatari), que l’on peut conjurer en se purifiant (harau). Cette vision du monde entraîne un rapport presque matériel, causal, avec "Dieu". Ici le rapport est moins hiérarchique que dans la conception occidentale. Les hommes interagissent constamment avec des êtres surnaturels qui ont des réactions proches de celles des êtres humains. 

 Amaterasu : la plus grande divinité de la religion shintô

Parmi les multiples divinités shintô, Amaterasu, la déesse du Soleil (littéralement «   celle qui fait briller le ciel) »,  est la plus vénérée. Elle est représentée dans  Le drapeau japonais, sous la forme du disque solaire.

Née de l’œil du dieu Izanagi, la légende raconte que, suite à une dispute avec son frère cadet Susanoo,  Amaterasu s’était retirée dans une grotte et l’obscurité avait alors régné sur le monde. Tous les kami vinrent la supplier de sortir et finirent, à force de ruses, par la faire quitter sa grotte. L’univers s’éclaira de nouveau et le culte voué à la déesse du soleil ne tarit pas. Selon le Kojiki, Amaterasu serait l’ancêtre des empereurs du Japon car elle aurait envoyé son petit-fils Ninigi gouverner l’archipel et le petit-fils de ce dernier serait Jinmu,  le premier empereur mythique du Japon.  Il est dit aussi que c’est Amaterasu qui développa les rizières, la culture du blé,  l’élevage des vers à soie et l’art du tissage.

Amaterasu est vénérée dans Le sanctuaire naiku, le sanctuaire intérieur d’Ise-jingu, le sanctuaire shinto le plus sacré du Japon.  Les visiteurs ne peuvent approcher le cœur du sanctuaire et  doivent rester en bas des marches qui y mènent. 

Pour aller plus loin  : Power Spot

Il est à noter que si la mythologie shintoïste comprend un grand nombre de dieux et déesses anthropomorphiques, contrairement aux divinités bouddhiques, ces dernières  sont très rarement représentées. Très peu ou pas de sculptures des divinités (à l’exception de  La divinité Inari dans le shintoïsme),  quelques images. Les images d’Amaterasu sous forme humaine sont apparues très tardivement et sont peu nombreuses. On la représente généralement avec une longue chevelure noire et vêtue d’un long  vêtement blanc doublé de rouge.  Traditionnellement, la déesse du Soleil est symbolisée par un miroir métallique.

Découvrez Ise 


Existe-t-il des alternatives au terme kami ?

Le terme kami a été forgé pour donner du sens à la notion traditionnelle de la divinité dans le Japon shintoïste. L'irruption du catholicisme sur l'archipel avec son idée de Dieu unique créateur de toute chose a bousculé cette quiétude langagière. Pour rendre compte de la particularité de la notion de Dieu des monothéismes, le terme Tenshû 天主, soit "maître des cieux" a été créé et a été utilisé par les catholiques japonais, en concurrence du terme Jôtei 上帝 "souverain du dessus", et ce jusqu'à ce que le terme de kami-sama 神さま ne s'impose à partir du XIXème siècle. Depuis, le terme kami a repris sa prépondérance, mais enrichi de sens nouveaux et d'influences extérieures.

Voir aussi : Le musée de l'histoire des chrétiens nippons


L'intérieur de l'église Oura (Nagasaki), dont les vitraux ont été importés de France.

L'intérieur de l'église Oura (Nagasaki), dont les vitraux ont été importés de France.

Façade de l'église Oura à Nagasaki

Façade de l'église Oura à Nagasaki

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