Hagakure   葉隠

Date de publication :
Ancienne photographie de Samourais

Samouraïs partisans de l'empereur lors de la guerre de Boshin, 1868.

Image du combat entre le moine-soldat Benkei et Yoshitsune

Les katana, les sabres japonais

Les sabres japonais katana, un des symbole du Japon dans le monde.

Le code du samouraï

La Hagakure est un recueil de pensées écrit au début du XVIIIème siècle par un samouraï reclus du clan Nabeshima, Tsunetomo Yamamoto. Ce dernier y expose sa conception du bushidô, la "voie du guerrier", qui restera anonyme jusqu'à l'époque Meiji (1868-1912), pendant laquelle elle deviendra alors au contraire très en vogue.

Le guerrier astreint à la paix

Tsunetomo Yamamoto était un samouraï du clan Nabeshima, installé dans le Hizen (terres à cheval entre les préfectures actuelles de Saga et de Nagasaki). Après la mort de son maître, et devant l'impossibilité édicté par les Tokugawa pour les vassaux de se faire seppuku pour suivre leur suzerain dans la tombe, Tsunetomo Yamamoto se fit moine et se retira dans une hutte. C'est dans cette mise en retrait, qu'il échangea plusieurs années avec un scribe (1709 - 1716), qu'il créa le Hagakure, littéralement "à l'ombre des feuilles".

Une statue de samouraï à Sendai.

Une statue de samouraï à Sendai.

Dans cet ouvrage, Tsunetomo Yamamoto fustige la mollesse de ses contemporains, qu'il impute à l'ère de paix imposée par les Tokugawa. Il considère que les plaisirs, l'esprit courtisan, l'amour de l'apparence ont pris la place de l'ardeur guerrière et du mépris de la souffrance et de la mort qui caractérisaient les guerriers de l'époque précédente.

Musashi Miyamoto, archétype du samouraÎ

Une théorisation de la voie du guerrier

Le Hagakure est composé à l'origine de 11 volumes, mais seuls les deux premiers sont consacrés à la théorisation du bushidô ("la voie du guerrier"), les autres traitant du clan Nabeshima et de l'histoire de la province. Dans ces deux premiers tomes, Tsunetomo Yamamoto défend une éthique où priment la fidélité au suzerain et l'acceptation du sacrifice de soi, jusque dans la mort.

Le samouraï doit ainsi se penser comme un homme déjà mort, et accepter cette dernière sans tressaillement. Il doit être capable d'agir vite, sans s’appesantir sur ses pensées, et de profiter du "paradis qu'est la vie" à chaque minute, à l'instar du carpe diem ("cueille la vie") d'Horace. 

Il doit aussi faire grand cas de son allure, en étant propre, soigné, pour ne pas laisser derrière lui un corps négligé s'il venait à mourir de manière inopinée. Le samouraï doit aussi toujours rester maître de lui-même et de ses propos.

Un retentissement dans le Japon d'avant-guerre

Le Hagakure est découvert lors de la restauration de Meiji et connaît une forte diffusion au Japon au début du XXème siècle. Il devint un des livres de chevet des Japonais lors de l'époque militariste des années 30, et en contrecoup, fut discrédité après-guerre. 

Il continua pour autant à exercer une certaine fascination sur des Japonais tels que Mishima, qui en produisit un commentaire, ainsi que sur les étrangers qui s'intéressent au bushidô.

Yukio Mishima

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