Hokusai, maître de l'estampe   北斎

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La Grande Vague de Kanagawa, l'une des "Trente-six vues du Mont Fuji", du peintre japonais Katsushika Hokusai

La Grande Vague de Kanagawa, l'une des "Trente-six vues du Mont Fuji", du peintre japonais Katsushika Hokusai

Le maitre de l'estampe japonaise

Katsushika Hokusai, né en 1760 et mort en 1849, est un artiste majeur de l'histoire de l'art japonais. Ses estampes sont célèbres à travers le monde et il constitue ainsi une figure incontournable du Japon.

Le maître incontournable de l'estampe

Hokusai, dont le nom de naissance est Tokitaro, est né à Edo, ancien nom de Tokyo, dans le quartier de Warigesui, sur la rive est du fleuve Sumida. Il y installera par la suite son atelier et y passera une grande partie de sa vie. C'est là que se trouve à présent le musée Sumida Hokusai qui lui est dédié, et où les visiteurs peuvent admirer ses plus belles œuvres.

Il manifeste très tôt un intérêt et des aptitudes pour le dessin, et entre ainsi en apprentissage à 13 ans dans un atelier de xylographie. A 18 ans, il intègre l'atelier de Katsukawa Shunsho, un célèbre peintre d'ukiyo-e à l'époque, qui le forme à l'art délicat de l'estampe. Il quitte l'atelier en 1792 à la mort du maitre et étudie ensuite différentes techniques, allant d'école en école. Il découvre notamment l'art occidental et la perspective. Il prend le nom d'Hokusai aux alentours de 1799, et illustre de nombreux recueils de poèmes.

Auto-portrait de Hokusai en vieil homme

Auto-portrait de Hokusai en vieil homme

nihonbashi-hokusai

Le pont Nihonbashi à Edo. Trente-six vues du Mont Fuji (1830-1833) d'Hokusai

Il commence à parcourir le pays à partir de 1812, ralliant Edo depuis Kyoto, en passant par Nagoya. Un recueil de ses carnets de croquis sera publié deux ans plus tard, sous le nom de Manga, qui marque ainsi l'invention de ce terme encore utilisé aujourd'hui. 

Hokusai connait finalement une reconnaissance internationale à partir de 1831, grâce à la parution de son œuvre majeure, la série d'estampes des "Trente-six vues du Mont Fuji". Il subit la grande famine de 1836 à Edo, puis voit son atelier ravagé par les flammes en 1839, détruisant nombre de ses travaux récents. Durant les dix dernières années de sa vie, il continue à dessiner chaque matin.

Sur son lit de mort, cet éternel insatisfait prononce ces dernières paroles : "Si le ciel m'avait accordé encore dix ans de vie, ou même cinq, j'aurais pu devenir un véritable peintre".

Hokusai et l'ukiyo-e

Hokusai était à la fois peintre et dessinateur. L'ukiyo-e n'est pas une technique mais bien un mouvement, qui intègre à la fois la peinture, mais surtout l'estampe

Ce terme signifiant "image du monde flottant", il transcrit les sujets de prédilection de l'ukiyo-e : des scènes éphémères du monde vivant, mais aussi de la vie quotidienne. 

Ce terme illustre à la fois la notion d'impermanence bouddhique, tout autant que l'insouciance d'une société en pleine mutation.

Gohyaku-rakanji Sazaidō. Estampe n° 7 de la série des Trente-six vues du Mont Fuji

Gohyaku-rakanji Sazaidō. Estampe n° 7 de la série des Trente-six vues du Mont Fuji

Sumo hokusai

Hokusai, Lutteurs de sumo dans le recueil Manga

Les estampes ukiyo-e sont produites à partir d'un dessin, appelé shita-e. Ce dernier est collé à une planche de bois et les zones blanches sont évidées : dans ce processus, le dessin original est ainsi partiellement détruit. La planche gravée est ensuite encrée et peut produire des copies parfaites du dessin. Des planches de bois sont ensuite utilisées pour ajouter les différentes couleurs sur le papier, par frottage.

L'ukiyo-e apparait à partir de 1670, avec un âge d'or entre 1780 et 1870. Dès 1750, les artistes Japonais s'intéressent à la perspective vue dans la peinture européenne, qu'ils s'attachent à utiliser dans leurs estampes de paysages - tout particulièrement Hokusai et Hiroshige.

Les sujets de prédilection d'Hokusai sont les paysages et la nature, mais il aime également représenter des scènes de la vie quotidienne. C'est dans son recueil de croquis, Manga, que ce pan de son travail est le mieux observable : scènes de bain, paysans au travail, acrobates et contorsionnistes, lutteurs,... mais aussi nombreux animaux.

L'orage sous le sommet du Mont Fuji

L'orage sous le sommet du Mont Fuji

Kōshū Kajikazawa. Série des Trente-six vues du Mont Fuji

Kōshū Kajikazawa. Série des Trente-six vues du Mont Fuji

Asakusa_Honganji_temple

Le temple Higashi Honganji d'Asakusa. Trente-six vues d'Edo (1830-1833) d'Hokusai

Les 36 vues du Mont Fuji

Les œuvres les plus célèbres d'Hokusai sont sans aucun doute issues de la série d'estampes des "Trente-six vues du Mont Fuji" (1831-33), dont est extraite la fameuse "Grande vague de Kanagawa". La perspective occidentale est introduite dans ces estampes représentant le Mont Fuji, au nombre de 46 (et non pas 36 !). 

Hokusai y utilise du bleu de Prusse, un pigment importé d'Hollande, très prisé par les artistes car pérenne dans le temps. Les paysages de cette série mêlent traditions japonaises et influences européennes

Ces œuvres marquent un tournant puisqu'elles ont élevés le paysage au rang de sujet à part entière dans l'art nippon.

A l'inverse, de nombreux artistes, tels que Van Gogh et Monet, pères de l'art moderne, se sont inspirés de ces estampes pour leur travail.

Le Japon est bien entendu le lieu idéal pour admirer les œuvres d'Hokusai. De nombreux musées à travers le pays exposent ses oeuvres, tels que le musée Sumida Hokusai à Tokyo, le Musée japonais de l'ukiyo-e à Matsumoto (Nagano), ou encore le Musée municipal des beaux-arts d'Osaka.

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