La divinité Inari   稲荷神

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Sanctuaire Inari

Sanctuaire Inari

Une divinité aux origines multiples

Divinité des moissons et de la fertilité, Inari est l'une des divinités shinto les plus célèbres du Japon. Avec plus de 30 000 sanctuaires qui lui sont dédiés, elle est également l'une des plus honorées du pays.

Qui est Inari ?

Littéralement "croissance du riz", le nom de Inari est communément associé au monde des céréales. Pourtant, le culte qui lui est dédié regroupe beaucoup plus que cela ! 

Représentant l'esprit de vie qu'il y a dans toute chose, Inari symbolise la fertilité des sols aussi bien que les naissances. La force ouvrière, aussi bien que la douceur maternelle. À ce titre, elle apparaît également comme la protectrice des femmes. Et notamment des laissées pour compte que seraient les prostituées, les actrices et les femmes infertiles. De ce fait, Inari a longtemps été crainte des hommes qu'elle attaquerait si ces derniers devaient lever la main sur une de ses protégées.

Ema en l'honneur de Inari

Ema en l'honneur de Inari

Bien qu'aujourd'hui, Inari soit souvent représentée sous la forme d'un renard tenant dans sa gueule une faucille, un germe de blé, ou la clé du grenier où serait stocké les céréales, il n'en a pas toujours été ainsi. Et à l'origine, le culte fait une grande distinction entre la divinité elle-même et les renards qu'elle a choisis comme compagnons.

Inari et un de ses emblèmes: la faucille

Inari et un de ses emblèmes: la faucille

Origines du culte

Très ancien, le culte d'Inari tel qu'on le connaît aujourd'hui serait issu de la rencontre entre le shintoïsme et le culte païen des yôkaiDésignant les esprits du folklore japonais, les yôkai font partie des légendes japonaises depuis la nuit des temps. Animaux doués de pouvoirs magiques, monstres difformes, ou simples esprits de la forêt, il existerait une centaine de yôkai aux formes diverses et variées. Parmi eux, le Kitsune, un esprit renard.

Vivant principalement dans les montagnes, le Kitsune est un esprit métamorphe qui aime se jouer des voyageurs perdus. Ni bon ni mauvais, il protégerait les récoltes de ceux qui lui donneraient à manger, quand il ne se jouerait pas des hommes qui croisent son chemin en prenant l'apparence d'une belle jeune femme. Ces caractéristiques assez proches de la divinité Inari ont contribué à la représentation de cette dernière sous la forme d'un renard.

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En effet, jusqu'au VIIIe siècle, c'est une autre divinité qui était honorée pour protéger les récoltes. Du nom de Ine-ari, cette dernière avait alors l'apparence d'un vieil homme. Ce ne sera qu'au XVIIe siècle que le culte d'Inari la divinité renarde se popularisera sur l'archipel après que le culte païen ait rencontré celui d'Ine-ari.

Cette origine multiple est également l'une des raisons pour laquelle le culte d'Inari est si répandu au Japon. Métamorphe, Inari peut prendre tous les visages possibles. N'appartenant entièrement à aucune religion, elle laisse donc à chacun le soin de se construire une image familière à honorer.

Où vénérer Inari aujourd'hui ?

Représentant près de 40 % des sanctuaires shinto du pays, les sanctuaires Inari sont présents dans tout le Japon. Reconnaissables aux statues de renards qui gardent leurs entrées, ces lieux de culte sont pour la plupart colorés et chatoyants.

Parmi eux, Fushimi Inari Taisha à Kyoto, est certainement le plus connu. Construit par le clan Hata, un clan d'origine coréenne, au VIIIe siècle, Fushimi Inari Taisha est à l'image de la divinité principale qu'il honore : hétéroclite. En effet, bien qu'il soit en grande partie dédié au culte d'Inari, il est également le lieu du culte païen des arbres, de celui des serpents et de celui des morts. Un joli complexe spirituel qui s'étend sur pas moins de 870 000 m².

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Les enfilades de torii (portiques sacrés) du sanctuaire Fushimi Inari à Kyoto

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