Kamaishi, ville de la sidérurgie   釜石市の鉄鋼業

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Le berceau de la révolution industrielle japonaise

Située à l'est de la préfecture d'Iwate, Kamaishi fait partie des 12 villes japonaises qui accueilleront la coupe du monde de rugby en 2019. Si aujourd’hui la ville est célèbre pour son amour du ballon ovale, c'est pourtant la sidérurgie qui a fait sa renommée dans tout le pays. Découverte de cette petite ville qui a propulsé le Japon dans la révolution industrielle.

Entre fer et rugby

Située sur les bords de l'Océan Pacifique, la petite ville de Kamaishi est longtemps restée un simple village de pêche. Sous la direction du clan Nanbu, elle n'attirait alors aucunement l'attention du seigneur local qui lui préférait des villes plus stratégiques comme Morioka  ou Hachinoche où s'accumulaient les richesses de l'époque.

Pourtant, tout bascule pour Kamaishi à la fin de l'époque Édo (1603-1868) et cette petite ville que rien ne prédestinait à briller à l'échelle nationale va rapidement venir le socle de tout un mouvement industriel.

Avec la découverte de magnétites au XVIIIe siècle, un minéral riche en oxyde de fer, l'intérêt du seigneur Nanbu se tourne vers le petit village de pêche. Y voyant un intérêt économique pour toute la région, le seigneur commence alors l'exploitation du fer et ordonne en 1857 la construction de la première usine de style occidental du pays.

Plus performante que l'exploitation manuelle, l'exploitation mécanique révolutionne la production industrielle japonaise. Des tonnes de fer sont alors produites à Kamaishi, jusqu'à interpeller le gouvernement qui décide d'investir dans de nombreuses infrastructures locales à partir de 1874 : voies de chemin de fer, développement d'un port industriel, le petit village de pêche se transforme et prend la tête du marché national de la sidérurgie.

Kamaishi prospérera ainsi pendant près d'un siècle, jusqu'à ce que la Deuxième Guerre Mondiale provoque le déclin de son industrie déjà affaiblie par les catastrophes naturelles successives.

Dans les années 1950, la sidérurgie de Kamaishi prend un nouveau départ : elle se met au sport !

La Nippon Steel Corporation, une entreprise locale de production de fer, sponsorise désormais l'équipe de rugby de Kamaishi qui obtient de très bons résultats et remporte les championnats nationaux de 1978 à 1984.

Et bien qu'aujourd'hui la Nippon Steel Corporation ait quitté la préfecture d'Iwate pour s'installer à Tokyo, l'équipe de rugby locale prospère toujours et fait partie des meilleures équipes nationales.


Sur les traces de la sidérurgie

Bien qu'aujourd'hui l'industrie de Kamaishi ait perdue de sa superbe, il est toujours possible d'admirer les restes de son passé glorieux.

  • Les mines de Hashin

En fonction de 1858 à 1894, les mines de Hashino forment un complexe industriel de 3,5 km de long. Classées au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2015, c'est l'un des rares sites de la révolution industrielle de Meiji (1868-1912) qui ait survécu jusqu'à nos jours. Vous pouvez encore y voir les hauts fourneaux qui servaient à transformer le fer, les chemins de fer utilisés pour transporter les minéraux et bien entendu, le reste des mines qui ont fait la renommée de Kamaishi.

Informations pratiques : entrée gratuite, 9h30-16h30.

  • Les mines de Ohashi

Beaucoup plus petit que celui de Hashino, ce complexe minier préserve encore ses hauts fourneaux. Situées à l'ouest de la ville, les mines de Ohashi sont assez excentrées de Kamaishi. Et bien que nous ne vous recommandons pas d'en faire une étape cruciale de votre séjour dans les environs, elles peuvent tout à fait faire l'objet d'une pause ludique lors d'une promenade en forêt.

Informations pratiques : entrée gratuite.

Voir aussi : Les mines d'argent d'Iwami Ginzan

  • Le musée du fer : Iron and Steel History Museum

Situé près des côtes de la ville, ce musée retrace l'histoire de la sidérurgie de Kamaishi. Très instructif, il permet également de comprendre les procédés utilisés pour extraire le fer des magnétites et détaille toutes les étapes nécessaires à sa transformation.

Informations pratiques : entrée 500 yens (3€80), 9h-17h fermé le mardi.

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