Le Keigo, ou la politesse en japonais   敬語

Date de publication :
ojigi

Salutation à la japonaise / femme

Un portier ouvrant la porte d'un taxi japonais à une cliente.

Un portier ouvrant la porte d'un taxi japonais à une cliente.

Deux Japonais s'échangent leurs cartes de visite

Deux Japonais s'échangent leurs cartes de visite

ojigi

Salutation à la japonaise / homme

Courtoisie à l’extrême

En japonais, il existe deux niveaux de langage principaux : le langage informel, caractérisé par des formes verbales basiques et le langage poli, teineigo, qui comprend des formes verbales plus élaborées. Mais saviez-vous qu’il existe un troisième registre ?

Le keigo est le troisième niveau de langage et possède un degré de politesse très élevé.

Le keigo et ses sous-divisions

Le registre poli, ou keigo, est lui-même divisé en deux courants. D'une part, le sonkeigo ou langage honorifique, qui est destiné à valoriser les actions de l'interlocuteur. D'autre part, le kenjôgo, ou langage humble, qui vise à "rabaisser" ses propres actions afin de valoriser, là encore, l'interlocuteur.

L'utilisation du keigo

De façon courante, le keigo est utilisé dans la relation client-employé. L'employé utilisera la forme humble pour les verbes qui expriment ses propres actions. De même, il utilisera la forme honorifique pour référer aux actions du client. Cela marche aussi entre partenaires commerciaux. On utilisera par exemple l'expression heisha, soit "notre humble entreprise" pour référer à sa propre société et kisha ou onsha, "votre honorable entreprise" pour parler de celle de son interlocuteur.

Formes verbales selon le degré de politesse

Pour un seul verbe, il y aura donc plusieurs formes selon le niveau de langage. Prenons par exemple le verbe "être". La forme basique, issue du registre informel est : -iru. Elle devient -imasu dans le registre poli. Sa forme sonkeigo (honorifique) est irassharu/ irasshaimasu (forme de base/ forme polie). Enfin, sa forme humble kenjôgo est oru/ orimasu (forme de base/ forme polie). Cela vous laisse perplexe ? Rassurez-vous, les Japonais le sont tout autant en ouvrant nos Bescherelle !

À lire : Akimahen, le guide des bonnes manières

Le keigo dans la vie de tous les jours

Itadakimasu est un keigo type que l'on entend régulièrement dans la vie quotidienne. En français, il est souvent traduit par "bon appétit". En réalité, il s'agit de la forme humble du verbe "recevoir" (morau). Il signifie par conséquent "je reçois humblement (ce que vous m'offrez à manger)" et permet donc de remercier la personne qui a préparé le repas.

Pour signifier Monsieur ou Madame en japonais, on accole le suffixe "-san" après le nom de famille. Son pendant plus poli est "-sama". On appellera ainsi "Tanaka-sama" un(e) client(e), une personne d'un rang élevé dans la société, etc.

Enfin, on retrouve souvent dans le keigo l'utilisation de préfixes honorifiques devant les noms communs. Il s'agit des suffixes "o", comme dans o-niku (viande) ou o-tearai (les toilettes) ; et "go", comme dans go-renraku (prise de contact), go-ryôshin (vos parents)... Ces préfixes s'utilisent aussi régulièrement dans la vie quotidienne. Impensable par exemple de dire uniquement "ryôshin" pour parler des parents de quelqu'un d'autre, même un ami. Certaines précieuses utilisent toutefois ces préfixes à outrance afin d'enjoliver leur discours !

Lire aussi : Les gestes typiquement japonais

Les commentaires Découvrez les commentaires de nos voyageurs