Les freeters   フリーター

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Un groupe d'employés de bureau japonais

Un groupe d'employés de bureau japonais

Un travailleur Japonais

Un travailleur Japonais

Une séance de setsumeikai pour les étudiants à la recherche d'un emploi

Les employés de la marge

Le Japon est connu comme le pays de l’emploi à vie. Même si cette réalité connaît des changements du fait de l’influence du libéralisme, elle reste un fait prégnant du pays. En parallèle, il existe une catégorie de travailleurs beaucoup plus précaires, connus sous le nom de freeters.

Un concept apparu dans les années 80

Le terme de freeter est la contraction de "free time", qui signifie "temps libre" en anglais, ainsi que de l’allemand "Frei arbeiter", "travailleur libre". Il est apparu aux environs de 1987-88, durant la bulle économique japonaise, pour définir les quelques Japonais (moins d’1 million à l’époque) qui ne souhaitaient pas intégrer le monde corseté de l’emploi japonais standard. Au départ, cette situation correspondait à un choix, dont l’objectif pouvait être soit de ne pas intégrer directement le monde des entreprises japonaises et de profiter de la vie, soit de poursuivre des projets individuels. 

Le quartier d'affaires de Tokyo, symbole, symbole du miracle économique d'après-guerre

Avec la crise économique consécutive à l’éclatement de la bulle et la "décennie perdue" des années 90, le nombre de freeters a considérablement crû.

Konbini où travaillent souvent des freeters

L’apparition d’une nouvelle précarité

Les freeters occupent traditionnellement des emplois dans les supérettes de quartier, les konbini, les restaurants, les fast-foods, et tous les emplois requérant peu de compétences. Avec un salaire minimum moyen de 874 yens par heure (environ 7 €) en 2018, il est très compliqué pour un freeter de pouvoir se loger. Beaucoup vivent ainsi chez leurs parents, les familles japonaises exerçant en général peu de pression pour que leur progéniture quitte le foyer. 

Si cette situation n’est pas embarrassante pour les freeters qui ont choisi momentanément cette situation, elle l’est beaucoup plus pour ceux qui

intègrent cette catégorie malgré eux. On estime à environ 10 millions la population de freeters au Japon en 2014, la grande majorité d’entre eux n’ayant pu obtenir d’emploi après le lycée ou l’université, via le shûkatsu. Ils sont alors cantonnés aux emplois subalternes et mal payés, obérant leur capacité à intégrer un chemin de carrière plus classique ou à fonder une famille.

La culture freeter

La précarité, la difficulté d’intégrer le monde "normal" de l’entreprise japonaise ainsi que les bas salaires ont rejeté les freeters dans une certaine marge de la société, où ils ont recréé une culture. Kôenji à Tokyo est le quartier typique où cette culture s’exprime, avec ses magasins de fripes et d’objets recyclés, et ses troquets où le prix des boissons est très faible. Le quartier est le foyer de nombreux happenings où manifestations tels que les actions de l’activiste Hajime Matsumoto, qui revendique un mode de vie alternatif.

koenji

Une rue du quartier de Koenji

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