Les rouleaux illustrés   絵巻物

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Le Rouleau du Dit du Genji

Le Rouleau du Dit du Genji.

Le Rouleau du  Récit de fondation du Mont Shigi

Le Rouleau du Récit de fondation du Mont Shigi.

Le Rouleau des animaux

Le Rouleau des animaux

Saint transfert au Musée national de Tokyo.

Saint transfert au Musée national de Tokyo.

L'enfer de Zochi

L'enfer de Zochi

Images qui roulent n'amassent pas mousse

Sous les yeux défilent des mètres de papier jauni par le temps. Sur leur surface, les traits de pinceaux s'affolent pour composer successivement textes et images. Des illustrations d'une grande maîtrise se présentent aux regards pour narrer une histoire d'un autre temps.

Le déroulement de l'Histoire

Objet clé de la production littéraire et artistique du Japon ancien, l'emaki (« rouleau illustré ») semble au premier abord être un objet quelque peu ésotérique. Composé d'un cœur cylindrique en bois, les feuilles de papier collées les unes aux autres s'enroulent autour de la pièce maîtresse pour former un cylindre compact, protégé d'une couverture de tissu et fermé par un cordon de soie.

Ce format pénétra au Japon au 8e siècle, arrivant directement de Chine. Tout d'abord dédié aux textes sacrés du bouddhisme (les sutras), les rouleaux étaient porteurs d'une forte symbolique religieuse, considérés comme des objets magiques. Le peuple les révérait comme des artefacts pouvant les sauver d'un malheur ou exécuter des miracles si lus avec une ardeur suffisante. Mais à partir du XIIe siècle, l'emaki connut son âge d'or et ses contenus se diversifièrent à une vitesse affolante, ne se cantonnant plus à la sphère religieuse. Anecdotes édifiantes à destination des profanes, romans sentimentaux comme Le Dit du Genji, récits guerriers ou humoristiques...tous s'enroulaient et se déroulaient sur des mètres de papiers. Dans tous les cas, calligraphies et illustrations n'étaient pas réalisées par les même maîtres, chacun se spécialisant dans un art. Le montage des feuilles autour du rouleau ne composait alors que l'étape finale de confection de l’œuvre.

Et le papier prit vie...

Le lecture d'un rouleau illustré s'effectue de droite à gauche, suivant des yeux les éléments dans un déroulement géographique et chronologique : plus le regard avance, plus le temps passe et les lieux évoluent. Un même personnage sera répété autant de fois que nécessaire au fur et à mesure que les décors défilent pour faire comprendre l'évolution de ses actions. Les œuvres peuvent avoir une esthétique très variée : Le rouleau du Dit du Genji (Genjimonogatari emaki) montrera des personnages aux traits figés et aux vêtements amples formant des angles nets. A l'inverse, Le rouleau du récit de fondation du mont Shigi (Shigi-san engi emaki) dépeint des personnages aux traits caricaturaux et humoristiques, d'une expressivité stupéfiante. Enfin nous pouvons citer comme dernier exemple Le rouleau des animaux(Chôjû-giga), dont les traits en apparence naïfs et délicats permettent de représenter une satire sociale sous forme animalière.

Support ludique par excellence, l'emaki permet de jouer des images pour transmettre un message au lecteur curieux, usant souvent sans modération d'un humour surprenant ! Loin de nos critères artistiques académiques hérités de la culture occidentale, ils présentent une forme de divertissement visuel des plus étonnantes. Aller les admirer dans un musée devient alors une chasse à l'image, où comprendre l'histoire par les illustrations se révèle être un jeu pour les petits comme les plus grands !


Images : Le Rouleau du Dit du Genji
Le Rouleau du  Récit de fondation du Mont Shigi
Le Rouleau des animaux

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