Nagoshi no Harae   夏越大祓

Date de publication :
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Toute la famille participe au Nagoshi no Harae

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Amulette chinois et hitogata

La cérémonie estivale de purification

Dans la chaleur de l'été nippon, les fidèles se rendent au sanctuaire pour franchir le chinowa (grand anneau en herbe tressée). Ce passage à travers le chinowa est un acte de purification permettant d'éliminer les fautes, la malchance et la maladie. Ce rituel shintô ancestral se nomme le Nagoshi no Harae.

Le rituel de purification

Le Nagoshi no Harae, rite ancestral de purification, se déroule dans tout l'archipel le dernier jour du mois de juin. Intervenant en milieu d'année, cette cérémonie shintô permet à la fois de se débarrasser des kegare (souillures) et des tsumi (fautes) mais aussi de prier pour les mois à venir. À cette occasion, un chinowa est érigé sur le chemin menant au sanctuaire : sous le torii (porte shintô) ou face au haiden (pavillon cérémoniel). Ces anneaux ou portes sont confectionnés en roseaux tressés de miscanthus et assemblés par des bandes de papier. Dans certaines régions, le chinowa diffère quelque peu. Au sanctuaire d'Ogami dans la préfecture de Nara, il est triple, avec un anneau de cèdre et un anneau de pin supplémentaires. Au vénéré Izumo Taisha, grand sanctuaire d'Izumo, le chinowa n'est pas rond mais en forme de U ; pouvant ainsi être tenu à deux mains par le prêtre qui le fait passer au-dessus de la tête d'un fidèle. Quelque soit sa forme, cette couronne d'herbe sacrée demeure le symbole de la purification.

Voir aussi : La cérémonie Daikoku to-e

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Prêtres franchissant le chinowa

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Détail d'un chinowa

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Chinowa au Yoshida-jinja

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Le chinowa en forme de U au sanctuaire Izumo Taisha

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Mont Fuji dans un chinois. Cent vues du Mont Fuji d'Hokusai, vers 1835-1847

Au cours du Nagoshi no Harae, les prêtres franchissent le chinowa en suivant un rite précis. Tout en s'inclinant, ils passent à travers l'anneau puis le contournent par la gauche pour revenir devant celui-ci. Il le franchissent à nouveau et le contournent par la droite puis repassent une dernière fois à travers le chinowa. Cela fait, les fidèles sont invités à faire de même. Dans certains sanctuaires, les prêtres effectuent le rituel en portant une boîte contenant de petites silhouettes de personnes en papier, appelées hitogata. Celles-ci sont ensuite jetées dans une rivière à la fin du Nogoshi no Harae.

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Hinogata jetées dans la rivière

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Cérémonie Nagoshi no Harae au sanctuaire Izumo Taisha

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Chinowa accroché au torii du Kitashirakawa Tenjin-gu

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Franchissez le chinowa pour vous purifier

Né d'une légende, bousculé par l'histoire

Ce rituel de purification tire son origine d'une légende ancienne dans laquelle Somin Shorai ouvrit sa porte pour la nuit au dieu Susanoo no Mikoto, déguisé en mendiant. Pour le remercier, la divinité lui offre un anneau d'herbe tressée pour le protéger des épidémies. Le rituel, lui, apparaît au cours de la période de Nara (710-794). Elle est célébrée à la cour impériale et dans les sanctuaires shintô le dernier jour du sixième et du douzième mois du calendrier lunaire. Mais la cérémonie de purification du douzième mois disparaît au fil du temps. Celle du sixième mois prend alors une plus grande importance pour devenir officiellement le Nagoshi no Harae. Cependant, au cours de l'époque de Muromachi (1336-1573), la guerre civile d'Ônin (1467-1477) qui sévit dans tout l'archipel met un terme au rite shintô. Néanmoins, le rite reste vivace dans la population. Ce n'est qu'en 1871 que l'empereur Meiji (1852-1912) restaure le Nagoshi no Harae à la cour ; celui-ci se déroulant dans les jardins du Palais Impérial. En juin 2014, l'Agence de la Maison Impériale annonce que la cérémonie impériale, jusqu'ici réservée aux hommes adultes de la famille, est étendue à la gente féminine en raison du nombre restreint d'hommes au sein de la lignée.

À lire : Visiter Tokyo dans les pas de l'empereur Meiji


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Le minazuki de Kyoto

À Kyoto

Bien que le Nagoshi no harae soit célébré dans tout le pays, c'est à Kyoto que les cérémonies les plus renommées se déroulent. Le Kitano Tenmangu qui accueille des cérémonies du 25 au 30 juin dispose du plus grand chinowa de la ville; un anneau de plus de 5 mètres ! Le Kamigamo-jinja et le Kifune-jinja proposent des hitogata qui sont ensuite dispersées dans la rivière. De beaux rituels de purification ont également lieu au Heian jingu et au Nonomiya-jinja. Assister à un Nagoshi no Harae à Kyoto est l'occasion de déguster de petites spécialités kyotoïtes, les minazuki. Ces petits gâteaux cuits à la vapeur en forme de triangle surmontés d'haricots azuki, symbolisant les mauvais esprits, sont une tradition dans les rituels de purification de Kyoto dont il serait dommage de se passer !

Voir aussi : Les spécialités culinaires du Kansai

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