Comprendre la culture Otaku   オタク

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Cosplay "La mélancolie de Haruhi Suzumiya"

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Un large choix d'objets liés à la culture otaku s'offre aux amateurs

Un large choix d'objets liés à la culture otaku s'offre aux amateurs

Dans le sanctuaire de la culture pop' et otaku qu'est AKihabara, Mandarake est le temple du manga.

Dans le sanctuaire de la culture pop' et otaku qu'est AKihabara, Mandarake est le temple du manga.

L'ancien quartier éléctrique d'Akihara est devenu le repère des otakus.

L'ancien quartier électrique d'Akihara est devenu le repère des otakus.

La dévorante passion de la culture japonaise

Quand on se met à parler du Japon et de ceux qui sont passionnés par ce pays, un mot revient très vite dans la conversation, "Otaku". Souvent associé aux personnes fan d'animation et de J Pop, ce terme possède une signification plus nuancée et qui a changé au cours du temps de l'autre côté de la planète, sur l'archipel nippon.

À l'origine, la maison

"Otaku" signifie "la maison". Plus exactement, le terme est composé de deux parties, le "o" honorifique et le "taku" signifiant la maison, l'endroit où l'on habite.

En japonais courant, l'expression à pour sens premier un simple "votre maison". Elle a été reprise en 1983 par le journaliste Akio Nakamori afin de forger un néologisme correspondant à un phénomène nouveau.

En effet, dans les années 80, on voit un accroissement du nombre de Japonais se cloitrant chez eux pour assouvir leur passion pour la culture japonais contemporaine (manga, animé, jeux vidéos, idols...), rejetant la culture compétitive et stressante de leurs aînés. À cette époque, cette asociabilité, vue comme une rébellion ingrate, était assez mal vue dans la société japonaise.

Le bâtiment d'exposition Tokyo Big Sight

Le Tokyo Big Sight est devenu le temple des otakus (geeks) et le cœur de la plupart des grands évènements.

Akihabara

Akihabara

Une nouvelle image dans les années 2000

Le phénomène otaku a, au tournant du siècle actuel, commencé à prendre un nouveau sens. Avec notamment la conscience que la jeune génération ayant vécu la décennie perdue des années 1990 n'avait pas eu les mêmes chances que leurs parents, le regard porté sur eux a changé. 

La multiplication d'oeuvres tel que le très populaire Densha Otoko où une jeune femme, secourue dans le train par un otaku, cherche à le retrouver alors que ce dernier demande des conseils sur internet pour savoir comment réagir, ont aussi eu une influence sur la perception japonaise.

Par ailleurs, la réussite sociale de certains otaku, considérés à la base comme inaptes au travail, à l'instar des membres du studio Gainax (qui ont produit Neon Genesis Evangelion) a encore amélioré leur image. À Tokyo, le quartier d'Akihabara est même devenu leur repère. 

Le otaku en France

Le terme d'otaku a traversé la planète pour atterrir en France. Rien d'étonnant au vu de l'ancienneté et de la profondeur de l'intérêt des Français pour cette nouvelle culture nippone. 

Dans l'hexagone, les différents sens du terme (portés notamment par l'utilisation du kanji pour le sens de "maison" et des katakana pour désigner le phénomène) et leur évolution historique n'ont pas été retranscrits, otaku prenant un sens générique. 

On désigne alors les amoureux des manga, les fans d'anime ou les pro des jeux vidéos par le même terme, assez peu péjoratif, et souvent même repris par les individus en question pour se qualifier.

Stand de la Japan Expo en France

Hikikomori, les nouveaux otaku ?

La mise en retrait de la société a connu une nouvelle forme ces 10-15 dernières années au Japon. Alors que les otaku auparavant restaient chez eux pour s'adonner à leur passion, mais dans le même temps échangeaient avec d'autres fans, que ce soit sur le net ou lors de conventions ou de rassemblements, les hikikomori représentent une forme de claustration beaucoup plus dure. 

Totalement enfermés dans leur chambre, qu'ils ne quittent rarement, ils présentent une phobie sociale qui les rend incapable même de se rendre à l'épicerie du coin. À l'instar du phénomène otaku à sa naissance, la société japonaise n'a pour le moment pas encore trouvé de réponse à ce problème.

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