La poésie tanka   短歌

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Apprendre les tanka en s'amusant avec le jeu de cartes karuta

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Hokkaido est la première région à voir ses feuilles rougir en automne.

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Les fleurs de cerisiers recouvrent les rues

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Pause méditative à Kanazawa

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Poème chantant

Le tanka est l’une des formes les plus anciennes de poésie japonaise. Elle se développe au cours de l’ère Heian (794-1185) alors que l’art, la littérature et la poésie sont en pleine expansion.

Le tanka est un poème court formé de 31 syllabes et composé de deux parties scandées en rythme. 

Poèmes et chansons

À l’origine, cette forme poétique est déclamée en chantant, c’est pourquoi le tanka a également pu être nommé uta, signifiant chanson. La première partie, appelée kami no ku, est traditionnellement un tercet composé de 17 syllabes selon l’alternance 5-7-5. 

La seconde, désignée sous le nom de shimo no ku, ne comptera que 14 syllabes, structurées selon le rythme 7-7. Nul besoin de rimes, les mots choisis sont néanmoins sélectionnés avec soin pour que l’énonciation des syllabes donnent un rythme chantant et plaisant pour l’oreille. 

Sensation et sentiments 

Cette forme poétique était initialement réservée à l’élite de la cour impériale. Les thèmes évoqués se rapportent au monde réel et sensible. D’une manière générale, la première partie s’attache à rapporter une réalité naturelle, interceptée par le poète grâce à ses sens ; la seconde se fera la réponse à la première et s’attachera à exprimer un sentiment issu de l’observation décrite, sans pour autant être explicite. Ainsi, les deux parties sont indissociables et le tout cherche à faire ressortir une vérité universelle sans nécessairement la saisir complètement.

Le jour de l’an en poésie

L’écriture de tanka est un art séculaire qui figure parmi le Man’yôshû, un recueil officiel de la poésie japonaise parue au VIIIe siècle. Il fait aujourd’hui partie de la culture populaire et tient une place particulière lors du nouvel an japonais

À cette occasion, en famille ou entre amis, il n’est pas rare de se  rassembler autour du jeu de cartes appelé karuta. Ce jeu rassemble cent cartes qui chacune renvoie à un poème issu du recueil Hyakunin isshu, une anthologie de poèmes classiques japonais. 

Deux joueurs s’affrontent en disposant chacun vingt-cinq cartes devant eux, face visible. Chaque carte comprend la seconde partie d’un célèbre poème tanka. Le lecteur (personne hors jeu) lit successivement la première partie des poèmes. Le but étant que les deux adversaires s’emparent au plus vite de la fin du poème se trouvant devant eux.

Le tanka est ainsi une forme poétique très réputée et largement répandue à travers le monde. Cependant, son descendant le haïku semble avoir recouvert une plus large renommée encore. Contrairement au tanka, le haïku ne conserve que la partie de 5-7-5 et consiste à saisir la fragilité d’un instant. 

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