Les rakan, les plus grands disciples de Bouddha   阿羅漢

Date de publication :
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Des milliers de sculptures de pierre vous attendent au temple Otagi Nenbutsu

Gohyaku-rakanji Sazaidō. Estampe n° 7 de la série des Trente-six vues du Mont Fuji

Gohyaku-rakanji Sazaidō. Estampe n° 7 de la série des Trente-six vues du Mont Fuji

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La fresque des 500 Arhats de Takashi Murakami

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Rakan du Kita-in à Kawagoe

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Un rakan à lunettes...

Qui sont les rakan dans le bouddhisme zen japonais ?

Les rakan, les disciples éclairés de Bouddha, font l'objet d'une très forte dévotion populaire depuis l'époque d'Edo. Ils occupent une place si particulière dans le bouddhisme zen japonais qu'ils sont devenus des figures traditionnelles de l'art japonais.

Les gardiens de la loi bouddhique

Peut-être vous est-il arrivé de visiter un temple japonais sans réellement savoir qui étaient ces centaines d'hommes de pierre devant lesquels vous passiez. Ces figures traditionnelles aux traits particulièrement expressifs sont des rakan, les plus grands disciples de Bouddha. 

Les rakan, aussi appelés arhat, sont des ascètes préservant et proclamant la loi bouddhiste sur terre entre la mort de Shakyamuni, le bouddha historique et l'arrivée de Maitraya, le bouddha du futur. 

Signifiant littéralement "le digne", le terme rakan est le titre le plus élevé attribué aux disciples du bouddhisme zen. Ces disciples sont parvenus à atteindre l’illumination par leur pratique ascétique et à raison de très nombreux efforts personnels. Le bouddhisme zen enseigne en effet que l'illumination s'obtient par un éclair de perspicacité ou par un long et rigoureux travail sur soi ainsi qu'une profonde prise de conscience. Ces pratiquants fidèles sont considérés comme les gardiens des enseignements du bouddha et honorés en tant que modèles dans la quête spirituelle individuelle.

Rakan sous les feuilles d'érables rougies

Rakan sous les feuilles d'érables rougies

Une icône populaire du Japon féodal

À l'époque de Kamakura (1185-1333), l'art japonais va étroitement s'inspirer de la peinture chinoise pour créer sa figure traditionnelle du rakan et ainsi donner naissance à une longue tradition iconographique. Les rakan deviennent le sujet de prédilection des moines zen ; les premiers artistes japonais à diffuser l'esthétique zen. L'imagerie du rakan est particulièrement prégnante dans les temples de l'école Ôbaku, l'une des trois principales écoles japonaises du bouddhisme zen, à côté des écoles Sôtô et Rinzai. 

En peinture et en sculpture, le rakan devient très vite une image populaire dans laquelle les fidèles se reconnaissent. Une identification d'autant plus facile que ces individus éclairés sont figurés dans des attitudes naturelles avec une multitude d'expressions. Leurs traits expressifs sont la marque de leurs efforts pour atteindre l'illumination et la traduction de l'unicité de chaque individu.

Rakan du temple Otagi Nenbutsu à Arashiyama

Rakan du temple Otagi Nenbutsu à Arashiyama

Les 500 rakan du Gohyaku Rakanji 

Les artistes japonais ont pris l'habitude de présenter les rakan en groupe de 16, 18 et même 500 ! Le groupe sculpté de 500 rakan le plus populaire est né à Edo en 1695. Ces 500 sculptures crées en l'espace de 10 ans sont l'oeuvre du moine-sculpteur Shôun Genkei (1648-1710). Il a sculpté cet ensemble au temple Gohyaku Rakan édifié à Edo (l'ancien nom de Tokyo). 

Le moine eut l'idée de ce groupe sculpté après avoir vu des sculptures chinoises importées par les moines zen Ōbaku au Temple Manpuku au sud de Kyoto. Dès son retour dans la capitale, il entreprend la sculpture de rakan et en produit 536. On dit que Shôun Genkei se serait inspiré de vraies personnes pour exécuter ses sculptures présentant toutes des expressions différentes.


Où voir des rakan au Japon ?

Voici une liste non exhaustive de temples dans lesquels vous pourrez admirer des centaines de rakan.

Gohyaku Rakanji (Tokyo)

  • Adresse : 3 Chome-20-11 Shimomeguro, Meguro City, Tokyo 153-0064, Japon
  • Téléphone : +81 3-3792-6751
  • Horaires : ouvert tous les jours.
  • Accès : à 12 min à pied de la station Meguro sur la ligne JR Yamanote, la ligne Meguro, et la ligne Namboku ; à 8 min de la station Fudomae sur la ligne Meguro et la ligne Namboku.

Rakan-ji (Nakatsu)

  • Adresse : 1501 Honyabakeimachi Atoda, Nakatsu, Oita 871-0311, Japon
  • Téléphone : +81 979-52-2538
  • Horaires : 9h00 - 17h00 (8h30 ~17h00 en octobre et novembre). Ouvert toute l'année.
  • Accès : environ 40 minutes en bus de la gare JR Nakatsu puis à 20 minutes à pied de l'arrêt de bus Nakajima.

Kita-in (Kawagoe)

  • Adresse : 1 Chome-20-1 Kosenbamachi, Kawagoe, Saitama 350-0036, Japon
  • Téléphone : +81 49-222-0859
  • Horaires : ouvert tous les jours de 8h à 16h30. Ferme à 16h entre fin novembre et fin février.
  • Tarif : 400 ¥  (3,32 €)
  • Accès : à 20 minutes à pied depuis la gare Kawagoe-eki (train Tobu ligne Tôjô, ligne JR), 18 minutes à pied depuis la gare Tôbu Kagagoe-shi-eki (ligne Tôjô) ou 15 minutes à pied depuis la gare Hon-kawagoe-eki (ligne Seibu-shinjuku). En voiture : environ 20 minutes depuis l’échangeur autoroutier Kawagoe IC (autoroute Kanetsu) ou Kawajima IC (autoroute Shutoken-chûô-renraku). 

Temple Otagi Nenbutsu-ji (Kyoto)

  • Adresse : 2-5 Sagatoriimoto Fukatanicho, Ukyo-ku
  • Téléphone : +81 (0) 758 651 231
  • Horaires : ouvert de 8h à 17h (dernière entrée à 16h45)
  • Prix : 300 ¥  (2,49 €)
  • Accès : accessible depuis l'arrêt de bus Otagi Dera Mae (bus 62, 72, 92, 94).


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