Le Bouddhisme : une religion au Japon   仏教

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Les 6 écoles du bouddhisme japonais

La religion au Japon fait souvent l’objet de la curiosité des autres cultures, du fait de la cohabitation pacifique du Shintoïsme et du Bouddhisme au sein de la société japonaise. En effet, si l’on observe chez 75% des Japonais des pratiques bouddhistes, 90% d’entre eux disent pratiquer également le Shintoïsme, ce qui revient à dire que la vaste majorité pratique deux religions en même temps.

Le bouddhisme est donc l’une des deux religions principales au Japon. Il aurait été introduit dans l’archipel dès le Ve siècle ap. J.-C. et s’est considérablement développé au fil des siècles, jusqu’à devenir majeur au sein de la société japonaise. Aujourd’hui, il cohabite au Japon avec le Shintoïsme – religion animiste – et s’appuie sur différentes écoles nées de divers courants au cours du temps.

Les débuts du Bouddhisme au Japon

Le Bouddhisme fut introduit au Japon par la Chine, à travers les contacts entre les différents territoires de l’Extrême-Orient sous l’effet de la Route de la Soie. Cependant, son introduction officielle est datée de 552 ap. J-C., lorsque le roi Seong, de Baekje (aujourd’hui, la Corée du Sud) envoya à l’Empereur Kinmei des missionnaires bouddhistes portant une image de Bouddha et des sutras, dans le but de présenter le Bouddhisme.

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En moins de deux siècles, sous les ères Asuka et Nara, le Bouddhisme se développa alors considérablement, notamment grâce à son adoption par des clans puissants : en 627, on trouvait au Japon déjà près de 50 temples bouddhiques ainsi que plus de 800 moines et 700 nonnes. Déjà à l’époque Nara (710-794), six différentes écoles du Bouddhisme avaient été fondées au Japon : davantage que des courants religieux distincts, on pouvait les identifier comme différents groupes de pensée, installés dans différents temples. C’est à cette époque que furent érigés les grands temples Asuka-dera et Todai-ji à Nara.

À cette époque, les temples bouddhiques étaient précisément des lieux d’instruction et d’éducation, des écoles de lettrés à proprement parler, beaucoup plus puissantes qu’aujourd’hui. La religion qu’ils enseignaient alors était un mélange de pratiques bouddhistes, taoïstes, avec des éléments chamaniques et indigènes. À la fin de l’ère Nara, on vit naître au Japon deux nouvelles écoles, associées au Bouddhisme ésotérique : Shingon et Tendai, introduites respectivement par les moines Kûkai (plus connu sous le nom de Kôbô Daishi) et Saichô. Si les écoles fondamentales de Nara ont disparu aujourd’hui pour laisser place à d’autres développements de pensée bouddhiste, ces deux écoles du Bouddhisme ésotérique ont perduré jusqu’à notre époque.

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Todai-ji Nara

Le temple todai-ji est l'un des plus anciens temples bouddhistes du Japon.

Bouddha-todaiji

Le Bouddha du temple Todai-ji a Nara est le plus grand Bouddha de bronze du monde.

Asuka-dera Nara

Le temple Asuka-dera fut érigé à la même époque que le Todai-ji, au 8ème siècle.

Le Temple d'Or ou Kinkakuji, l'un des joyaux de Kyoto.

Le Temple d'Or ou Kinkakuji, l'un des joyaux de Kyoto.

Les 6 écoles du bouddhisme japonais aujourd’hui

Le Bouddhisme japonais a connu bien des changements depuis l’ère Nara et les 6 écoles qui existaient à l’origine ont aujourd’hui disparu. Par hasard, les écoles qui subsistent aujourd’hui sont aussi au nombre de 6. C’est durant l’ère Kamakura (1185-1333) que se développèrent les autres écoles du bouddhisme encore existantes aujourd’hui. En voici la liste, avec leurs caractéristiques principales :

  • Tendai : fondée en 822 par Saicho, c’est la plus ancienne école qui persiste aujourd’hui, et la plus répandue. Cette branche du Bouddhisme révère le Sutra du Lotus, et se distingue de son équivalent chinois (Tien Tai) par son mysticisme et ses aspects ésotériques.
  • Shingon : fondée par le moine Kûkai en 835, cette école est rivale de la précédente. Le système du Bouddhisme Shingon est tantrique. Il enseigne que par la répétition des mantras, la méditation et la gestuelle rituelle, on peut accéder à la puissance des Bouddhas et des boddisatvas.
  • Jōdo, l’école de la "Terre Pure" : cette école révère le sutra de la Terre Pure et prône la dévotion auprès du Bouddha Amida. Uniquement par ces moyens, l’on peut atteindre la renaissance au sein de la Terre Pure, c’est-à-dire le paradis où réside ce bouddha. Cette école est devenue l’une des formes les plus répandues du Bouddhisme au Japon. 
  • Jōdo-Shinshū, ou l’école Véritable de la Terre Pure : cette secte va plus loin que la précédente, et enseigne que l’humilité et la foi, dans l’amour du Bouddha Amida, sont déjà présents dans les cœurs des croyants. De fait, Amida sauve les âmes sans pré-requis. C’est-à-dire que la foi et les bonnes actions accomplies viennent spontanément du Bouddha Amida, qui n’a pas besoin d’autre preuve pour accorder le salut. 
  • Nichiren : Nommée d’après son fondateur, cette école révère le sutra du Lotus et enseigne que la seule répétition de ce sutra suffit pour atteindre le paradis. 
  • Zen : Le Zen comporte différentes écoles lui-même, mais traditionnellement, il est associé à la secte Rinzai, encouragée par Eisai. Elle s’appuie sur l’autorité des écritures traditionnelles bouddhiques et la répétition du koan, une forme de phrase méditative, comme moyen de transcender la pensée linéaire terrestre. La secte Soto soutient également l’autorité et la validité des écritures mais ne s’appuie que sur la méditation silencieuse, et non sur le koan.

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