Shunga   春画

Date de publication :

Shunga de Hishikawa Moronobu

Bain de femmes de Torii Kiyonaga

Shunga d'Utagawa Kuniyoshi

Shunga d'Utamaro Kitagawa

L'art érotique

L’estampe japonaise a connu un rayonnement incroyable à travers la planète depuis la fin du XIXème siècle. Mais si les oeuvres de Hokusai ou de Hiroshige ont connu une diffusion telle qu’on peut les retrouver jusque sur les t-shirts de la marque Uniqlo, un autre type d’estampe s’est développé à la même époque : les estampes érotiques, ou shunga.

L’autre face des ukiyo-e

Les ukiyo-e, ou "image du monde flottant" sont des estampes, en grande majorité de l’époque Edo (1603 - 1868), représentant le monde des plaisirs et ses acteurs (courtisanes, acteurs de kabuki…), ainsi que la nature ou des lieux célèbres. À la suite de ce mouvement naquit l’art plus confidentiel des "shunga" ou "image du printemps", référence euphémistique à l’acte sexuel (en japonais, la prostitution se dit "baishun" soit "la vente du printemps").

Shunga de Keisai Eisen

Ces productions auraient pour origine les peintures érotiques chinoises importées durant l’époque Muromachi (1336 - 1573) où les organes génitaux pouvaient être représentés avec une taille démesurée. Elles prirent leur essor durant l’époque Edo (1603 - 1868) où, sous la paix assurée par le clan Tokugawa, la poursuite des plaisirs devint une préoccupation première pour tous ceux ayant quelques moyens financiers en poche. Les différentes interdictions d’ouvrages érotiques sous le shogunat des Tokugawa n’eurent pour effet que de rendre clandestines des activités toujours prolifiques. En effet, les shunga pouvaient rapporter beaucoup aux artistes, surtout quand ils étaient vendus sous la forme de livre "enpon" ou de rouleau "kakemono-e".

Le rêve de de la femme du pêcheur de Hokusai

Un imaginaire sexuel divers

Les images des shunga mettent en scène l’acte sexuel, majoritairement hétérosexuel, où l’homme et la femme sont le plus souvent habillés avec seulement les parties génitales dénudées. Les vêtements n’ont aucune fonction de pudeur dans les shunga, la nudité étant commune dans le Japon de la période d'Edo. Leur peinture avait plutôt pour objectif de mettre en valeur les organes génitaux, même si certaines personnages peuvent être nus.

Au-delà du couple hétérosexuel de même âge, beaucoup d’estampes décrivent des rapports homosexuels, ou des des couples où l’homme âgé

est avec une jeune courtisane. Des scènes plus rares reproduisent des rapports sexuels à plusieurs, ou plus étonnant encore, des rapport zoophiles. C’est dans ce cadre que s’inscrit la très connue estampe de Hokusai, Le rêve de la femme du pêcheur, où deux pieuvres couchent avec une femme nue.

Après la révolution Meiji et l’introduction de la photographie, qui achève la fin des shunga, celle-ci connaîtra une seconde vie en devenant une source d’inspiration pour le genre "hentai", manga de type pornographique.

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