Sôhei, les moines-soldats   僧兵

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Image du combat entre le moine-soldat Benkei et Yoshitsune

Représentation d'un moine-soldat de l'époque Kamakura

Vue du Mont Hiei

Vue du Mont Hiei

Des moines maîtrisant l'art de la guerre

Le Japon a connu, à travers son histoire et les différentes guerres qui l'ont secoué, un phénomène particulier : les grandes compagnies de moines-soldats, ou sôhei. Bien qu'attachés à un monastère où ils effectuaient leurs devoirs religieux, ces moines maîtrisaient l'art de la guerre et eurent une grande influence dans nombre de batailles japonaises.

Un phénomène né de rivalités

Les premiers moines-soldats apparurent au Xème siècle au Japon, à l'occasion notamment de rivalités entre les deux branches de la secte bouddhiste Tendai. Toutes deux installées dans la ville d'Otsu, au niveau du Mont Hiei, il s'agissait des enseignements des temples Enryaku-ji et Mii-dera.

Par la suite, le Tôdai-ji et le Kôfuku-ji de la ville de Nara constituèrent aussi des groupes de sôhei pour appuyer leurs doléances. Le phénomène grandit et au XIème siècle, des troupes de plus en plus nombreuses prirent part à des conflits de plus en plus violents.

Le temple enryakuji, sur le Mont Hiei

Le temple enryakuji, sur le Mont Hiei

Ceux-ci étaient alors souvent motivés par la nomination d'un rival à la tête d'un temple voisin. Ces violences atteignirent un sommet au milieu du XIIème avec l'incendie du Mii-dera par des moines de l'Enryaku-ji. 

Benkei et Yoshitsune

L'irruption dans les conflits politiques

La guerre de Genpei (1180 - 1185) entre les clans Minamoto et Taira fut l'occasion pour les sôhei de sortir de leurs guerres intestines et de peser sur les destinées du pays. Les deux clans cherchèrent à se concilier les puissantes troupes de moines-soldats, qui pouvaient avoir un impact important sur le champs de bataille, notamment à l'aide de leur naginata, une sorte de hallebarde japonaise de près de 2 mètres.

En effet, beaucoup de sôhei étaient des guerriers accomplis, maîtrisant le combat au sabre, à cheval, et surtout maniant à la perfection l'arc.

C'est aussi à cette époque que certains moines-soldats se distinguent même parmi les samouraïs. Ainsi en fut-il du moine Benkei, compagnon du grand samouraï Minamoto no Yoshitsune, rentré dans la légende japonaise pour ses nombreuses prouesses guerrières.

Les Ikkô-ikki, de la puissance à la mise au pas

Les siècles suivants furent une période d'accalmie pour l'activité des sôhei, jusqu'à la période Sengoku (1477 - 1573), siècle d'anarchie ayant favorisé la naissance du nouveau pouvoir indépendant des samouraïs. 

Cette époque vit naître les "ikkô-ikki" (littéralement "une direction, une catégorie"), des groupes de guerriers constitués d'Hommes issus de la paysannerie et de la nobilité, de moines bouddhistes et de prêtres shinto, animés d'une fois ardente et de revendications égalitaristes.

Bataille de Azukizaka mettant aux prises Ieyasu Tokugawa face aux Ikko-Ikki

Au faîte de leur puissance, ils étaient en mesure de résister aux futurs grands unificateurs du Japon, Oda Nobunaga et Ieyasu Tokugawa sur leurs propres terres (les provinces formant la préfecture actuelle d'Aichi). Cette prépondérance fut combattue puis anéantie par ces deux grands chefs, avec le phénomène des sôhei s’achevant en même temps que naissait le shogunat Tokugawa.

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