Taihojutsu, les arts martiaux de la police japonaise   逮捕術、日本警察の武道

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Karaté

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Entraînement de judo entre les policiers de Matsue et des étudiants étrangers, en février 2017

Entraînement de judo entre les policiers de Matsue et des étudiants étrangers, en février 2017

Le fondateur du judo Jigôrô Kanô et son disciple Kyûzô Mifune

Policiers japonais des brigades anti-émeutes

L'art de l'arrestation

Le Japon est connu pour ses arts martiaux à travers le monde. On pourrait s'attendre à ce que la police du pays applique ces arts martiaux dans sa mission de maintien de l'ordre. Pourtant, les impératifs particuliers des gardiens de la paix - maîtriser sans blesser - a mené à la création d'un art martial particulier, le taihojutsu.

Un art martial de la modernité

Avec l'avènement de l'ère Meiji en 1868 advint la fin du système féodal et la suppression de la caste des samouraïs. Ces derniers disparus, il fallut bien créer une nouvelle force destinée au maintien de l'ordre. La police fut ainsi créée. Son action étant différente de celle de soldats armés de sabres, elle dut mettre au point une pratique martial propre à répondre aux problèmes civils qu'elle rencontrait. Ainsi, les savoirs de maîtres de différents arts martiaux furent mis en commun au sein de comités, et donnèrent naissance dans les années 1930 à une nouvelle pratique moderne, qui correspondait aux arts

Flickr - Darij & Ana

Technique d'immobilisation d'aikido

martiaux traditionnels modifiés par les apports du judo, avec des techniques de projection comme base.

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Cet art martial de la police ne prenait pas en compte la sécurité du suspect maîtrisé, ce qui n'était plus possible à partir de 1947 et du Japon démocrate passant dans la sphère d'influence américaine. Une nouvelle réflexion fut amorcée, et elle donna naissance au taihojutsu soit littéralement, "l'art de l'arrestation". Sans renier les efforts fait lors des époques modernes précédentes, le taihojutsu intègre dans ses techniques la nécessité de protéger l'intégrité physique de la personne qui est appréhendée, et qui ne doit être blessée qu'en cas d'extrême-danger.

Les forces anti-émeutes japonaises, kidotai, lors du sommet du G8 en 2008.

Un art martial complet

Le taihojutsu intègre les techniques de contrôle de poignet, de bras, de maintien et d'immobilisation qu'on retrouve traditionnellement en aïkido, en judo et en jûjutsu. Des techniques de frappe issues du karate et du nihon kenpô sont aussi apprises, afin de pouvoir faire face à des situations plus violentes. Le taihojutsu étant l'art martial de la police mais aussi des forces anti-émeutes, le kidotai, il inclut aussi des techniques utilisant le keibo, ou bâton court.

L'objectif du taihojutsu étant l'appréhension sans heurts d'un individu, il doit doter son praticien d'un

esprit plus calme que la moyenne, dont le cerveau résistera à la montée de stress et d'adrénaline propre à toute situation violente. En plus de la confiance que les années de pratique produisent, il existe divers exercices de respiration dont l'objectif est de garder "l'esprit calme et normal".

Un long chemin depuis l'époque des samouraïs !

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