La place de la mafia dans la société japonaise   日本の暴力団

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Le type de tatouage arboré par les yakuza et interdit dans les onsen au Japon.

Le type de tatouage arboré par les yakuza et interdit dans les onsen au Japon.

Le Sanja Matsuri est l’une des rares occasion où les yakuzas arborent publiquement leurs tatouages.

Le Sanja Matsuri est l’une des rares occasion où les yakuzas arborent publiquement leurs tatouages.

Tatouage irezumi

Gros plan d'un tatouage traditionnel japonais irezumi.

Une mafia très présente

La mafia japonaise, les yakuzas, est une des pègres les plus anciennes du monde, dont les débuts peuvent être datés de l’époque Tokugawa (1603-1868). D’abord acteurs d’une marginalité nocturne, ils ont à partir de la révolution Meiji, puis dans l’après-guerre, acquis une position plus centrale, à la fois dans l’activité économique du Japon mais aussi dans son paysage symbolique.

Les maîtres de l’underground japonais

Une des origines supposées de la mafia japonaise serait les bakuto (joueurs professionnels) qui organisaient les partis de jeux clandestins et qui les contrôlaient. Cette origine se fait encore ressentir de nos jours, les yakuzas organisant nombre de paris clandestins et possédant les salles de pachinko, ces "casinos" japonais ayant un très grand succès dans le pays. Ce syndicat du crime est aussi un acteur majeur dans d’autres secteurs interlopes, allant de la pornographie, la prostitution (ainsi que les bars ou clubs proposant ces services) au trafic de drogue. De manière générale, les yakuzas sont

Kabuchikô

L'entrée de la rue principale Kabuchikô

considérés comme les maîtres de l’underground du Japon, domination qui est symbolisée dans le quartier de Kabukicho, le quartier des plaisirs nocturnes de Tokyo, où plus d’un millier d’entre eux travailleraient.

Portrait de Yoshio Kodama

Un acteur du monde politique

Si leur assise dans des milieux traditionnellement occupés par la mafia n’étonne pas, les yakuzas ont aussi été partie prenante du jeu politique dans le pays depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les premiers liens peuvent être datés de l’immédiat après-guerre, quand les Américains libérèrent Yoshio Kodama, figure du milieu et ultra-nationaliste, pour établir des ponts entre les nationalistes japonais et la mafia dans l’optique de combattre les communistes de l’archipel. Dans les décennies qui suivirent, les yakuzas exerceront une influence politique à travers leurs connections avec

le pouvoir, les pots-de-vins adressés directement à des personnalités politiques ou bien pour leur rôle de briseurs de grève. Cette influence, jugée déraisonnable, est depuis les années 1990 et la première loi anti-gang du pays combattue.

Une figure symbolique de la culture japonaise

La figure du mafieux japonais a un tel éclat dans l’esprit des Japonais qu’elle en a colonisé la plupart des genres culturels. Le yakuza est ainsi très présent dans le cinéma japonais, personnage que l’on peut retrouver chez Takeshi Kitano ou même chez Akira Kurosawa. Un sous-genre est même né au sein du cinéma japonais, le "yakuza eiga" (soit "film yakuza"). La mafia japonaise est aussi extrêmement présente dans les mangas ou les jeux vidéos, Sega ayant même édité une série de jeux sur le thème des yakuzas.

Le film de genre "yakuza" l'ange ivre de Kurosawa

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