Lumières d’été (2016), de Jean-Gabriel Périot

Date de publication :
Michiko et Akihiro, les deux personnages principaux de "Lumières d'été" de Jean-Gabriel Périot.

Michiko et Akihiro, les deux personnages principaux de "Lumières d'été" de Jean-Gabriel Périot.

Akane Tatsukawa dans le rôle de Michiko.

Akane Tatsukawa dans le rôle de Michiko.

Partie de pêche près d'Hiroshima.

Partie de pêche près d'Hiroshima.

Akane Tatsukawa dans le rôle de Michiko.

Akane Tatsukawa dans le rôle de Michiko.

Les fantômes d'Hiroshima

À travers Lumières d’été, son premier long-métrage de fiction, Jean-Gabriel Périot s’intéresse au souvenir de la bombe atomique et à la place du témoignage des survivants dans le monde contemporain.

Le poids du témoignage

Dix ans après 200 000 fantômes - court-métrage documentaire projeté avant Lumières d’été -, Jean-Gabriel Périot est de retour à Hiroshima. Cette fois, l’auteur d’Une jeunesse allemande (2015) aborde la violence de l’Histoire par le biais de la fiction et nous invite à une promenade estivale et poétique sous le soleil d’Hiroshima.

Lumières d’été n’est pas un documentaire, et pourtant. Akihiro, le personnage principal, vit à Paris et travaille pour la télévision française. Il est à Hiroshima pour recueillir des témoignages de hibakusha, les survivants du bombardement du 6 août 1945. Le film s’ouvre d’ailleurs sur le long récit d’une vieille dame dont l’histoire douloureuse ne cessera de planer sur le parcours des personnages. 

Bouleversé par ce témoignage, Akihiro part se réfugier à l’ombre du parc du mémorial de la Paix, où il rencontre la mystérieuse Michiko. Leur balade les mène jusqu’à un village de pêcheurs, pendant l’O-bon, la fête des morts, qu’ils vont célébrer en compagnie d’un petit garçon et de son grand-père. “Je ne voulais pas faire un film sur un fait historique mais sur ses répercussions”, explique Jean-Gabriel Périot. Ou comment créer un dialogue entre le témoignage de l’hibakusha et l’insouciance estivale à laquelle tentent de se laisser aller Akihiro et Michio.

Lire : O-bon matsuri, distraire les âmes.

La célébration de l'O-bon.

La célébration de l'O-bon.

Un film japonais

Pas question pour le cinéaste de ne s’adresser qu’au public français. Il était indispensable que ce film soit historiquement juste et qu’il porte une certaine façon de penser et d’agir typiquement japonaise, voire spécifique d'Hiroshima. Ainsi Jean-Gabriel Périot a travaillé en étroite collaboration avec son amie Yoko Harano, qui a non seulement adapté le scénario en japonais, mais surtout, travaillé sur le dialecte d’Hiroshima que les comédiens devaient respecter à la lettre.

Lire aussi : Découvrez Hiroshima avant la bombe

Le hasard des rencontres

Aucun rôle n’est joué par un comédien professionnel. L’acteur principal, Hiroto Ogi, vit à Paris depuis des années, comme son personnage Akihiro, tandis qu’Akane Tatsukawa (Michiko) était étudiante en sciences forestières au moment du tournage. Ses personnages secondaires, le réalisateur les a trouvés par hasard, à l’instar de Keiji Izumi (le grand-père), croisé dans un petit restaurant d’Hiroshima. Quant à la veille dame du début du film, elle est interprétée par Mamako Yoneyama, une grande mime japonaise. Une troupe hétéroclite et solaire, à travers laquelle Jean-Gabriel Périot rend hommage à l’énergie d’Hiroshima. Une ville avec laquelle il entretient, dit-il, une relation “presque amoureuse”.

Lumières d'été de Jean-Gabriel Périot. Sortie le 16 août 2017 en France.

Les commentaires Découvrez les commentaires de nos voyageurs