Visiter Tokyo dans les pas des Tokugawa   江戸

Date de publication :
Carte d'Edo en 1840

Carte d'Edo à la veille de l'époque Meiji avec au centre le château d'Edo et le quartier de Marunouchi.

Le chateau d'Edo à l'époque des Tokugawa

Le chateau d'Edo à l'époque des Tokugawa, peinture sur paravent.

La Porte Otemon

La porte Otemon est l'une des seules traces du château d'Edo et le lieu du célèbre assassinat de Naosuke Ii.

Le temple Zojoji au pied de la tour de Tokyo offre un des contrastes dentre passé et présent dont Tokyo a le secret.

A la recherche de l'ancienne Edo

Tokyo est la création des shoguns de la dynastie Tokugawa (1604-1868) qui ont fait de ce village de pécheurs la capitale du Japon pour les siècles suivants. D’abord appelée Edo. Depuis l’époque Meiji il est difficile pour le visiteur curieux de retrouver les traces de l’ancienne Edo dans la mégapole actuelle.

Edo était une ville-sous-le-château divisée entre une « ville haute » aristocratique et une « ville basse » populaire. La ville haute concentrant les maisons des daimyos se situait à Marunouchi, littéralement « l’intérieur du cercle » des douves extérieures du château, aujourd’hui disparues.

L’histoire de Tokyo au fil de ses quartiers

Il ne reste rien des demeures somptueuses qui ont été remplacées par les buildings. Shinjuku, Harajuku et Toranomon étaient aussi les quartiers des élites samouraïs.

Si l’on veut retrouver l’esprit de la ville basse, foisonnante, populaire et marchande, c’est à Asakusa qu’il faut se rendre. Les boutiques de la Nakamise du temple Sensoji sont les descendantes directes des échoppes d’Edo. Le principal quartier marchand était situé à Nihombashi, où un pont marquait le point zéro des routes japonaises, dont on peut encore voir la borne miliaire. Shibuya et Ginza étaient aussi des quartiers populaires, à l’inverse de ce qu’ils sont aujourd’hui. Shibuya n’était qu’un village de pécheurs et Ginza accueillait les ateliers de la monnaie. 

C’est à Ginza que l’on pourra faire l’expérience du théâtre kabuki, la forme de théâtre préférée des habitants d’Edo, des représentations hautes en couleurs où des acteurs stars étaient ovationnés par le peuple.

L’histoire explique aussi que la gare de Tokyo soit située près de l’ancien centre de pouvoir tandis que la grande station de Shinagawa se situe justement à la barrière marquant l’ancienne limite Sud de la ville. Enfin, les visiteurs d’Odaiba ne réalisent généralement pas qu’ils se trouvent sur une île bâtie en 1853 afin de défendre Edo contre les dangereux navires occidentaux.

La ville des shoguns

Tokyo est cependant attachée à l’histoire de la famille Tokugawa et les événements de leur règne se retrouvent dans ses rues. En se rendant au temple Zojoji, au pied de la tour de Tokyo on trouvera ainsi les tombes de six des shoguns. Ce temple était l’un des deux temples familiaux de la dynastie. Le second, le Kaneiji, se trouvait à l’emplacement du parc d’Ueno et abritait les tombes des autres shoguns, qui ne sont plus visitables. 

Le parc fut le théâtre d’une sanglante bataille en 1868 entre les derniers samouraïs fidèles aux Tokugawa et les partisans de l’empereur. Les combats détruisirent le temple et une partie du Toshogu, le temple d’Ieyasu Tokugawa, réplique du temple de Nikko. Après la bataille le nouveau régime transforma le lieu en parc et l’offrit aux habitants.

C’est sur le site de l’ancien château d’Edo que l’on fera le plus étroitement avec le passé. Le château fut construit à partir de 1594 mais fut entièrement détruit par les flammes en 1873. Il a laissé la place à un jardin qui laisse voir les bases de pierre et quelques bâtiments d’origine. L’ensemble était autrefois dominé par un imposant donjon. 

L’entrée du parc à la porte Otemon est un lieu historique pour les Japonais, c’est là que le 24 mars 1860 fut assassiné Naosuke Ii, ministre du shogun. Tué à la porte même du château par des samouraïs hostiles, sa mort marquera le début de la chute des Tokugawa. Un peu plus loin, le pont Nijûbashi, ancienne entrée du château, voyait passer chaque année les daimyos pour la cérémonie d’hommage au shogun et symbolisait leur soumission.

Tokyo est une ville presque sans passé, se reconstruisant en permanence. Les traces anciennes sont peu nombreuses et doivent être cherchées. Au détour d’une rue, vous trouverez parfois un autel ou une st��le d’époque perdus dans la jungle urbaine. Dans un esprit de recherche du passé, un mouvement assez important est né pour reconstruire l’ancien donjon d’Edo afin de rendre à la capitale son histoire.

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