L'époque d'Edo (1603-1868)   江戸時代

Date de publication :
Tokugawa Ieyasu

Portrait de Tokugawa Ieyasu.

Théâtre Kabuki (1743). Estampe de Okumura Masanobu

Théâtre Kabuki (1743). Estampe de Okumura Masanobu

Carte d'Edo en 1840

Carte d'Edo à la veille de l'époque Meiji avec au centre le château d'Edo et le quartier de Marunouchi.

Arrivée des bateaux du Commodore Perry

Arrivée des bateaux du Commodore Perry en 1854

Le Yoshiwara. Quartier des plaisirs à Edo.

Le Yoshiwara. Quartier des plaisirs à Edo. Série des Vues célèbres d'Edo (1662-1668) d'Hiroshige II (1826-1869)

Ordre et isolement

Au début du XVIIe siècle, le bakufu d'Edo, l'ancienne Tokyo, est instauré. Si le shogunat Tokugawa restaure la paix à l'intérieur du Japon, il va également l'isoler du reste du monde durant deux siècles et demi.

Stabilité politique

À la bataille de Sekigahara en 1600, Ieyasu Tokugawa (1543-1616) prend le pouvoir par la force grâce à sa victoire face à Hideyori Toyotomi (1593-1615), fils héritier du Ministre des Affaires Suprêmes, Hideyoshi Toyotomi (1537-1598). Trois ans plus tard, il obtient le titre de shogun et établit un gouvernement militaire, le bakufu d'Edo : c'est le début de l'époque d'Edo. Par des manœuvres politiques et le recours aux alliances matrimoniales avec la famille impériale, Ieyasu Tokugawa assoit son pouvoir et sa lignée en rendant héréditaire la fonction de shogun.

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En 1615, il promulgue un code en 17 articles consignant l'empereur à un unique rôle culturel. Le shogun monopolise l'ensemble des pouvoirs et sphères d’influence. Pour juguler la puissance des daimyos, grands seigneurs, le shogunat exerce un contrôle par la sankin kôtai, entrée en vigueur dès 1635. Celle-ci contraint les daimyos à une résidence alternée entre Edo, où est installée leur famille, et leurs fiefs. Les coûts engendrés par la sankin Kôtai, à la charge des seigneurs, ont raison d'éventuelles velléités belliqueuses.

Par ailleurs, le maintien d'un ordre stable dans tout le pays passe également par une refonte sociale. Le gouvernement divise la population en quatre classes sociales rigides : les guerriers "bushi" (shogun, daimyos et samouraïs), les paysans "nōmin", les artisans "kôgyô" et les marchands "shônin". Le reste de la population échappe à la codification, mais pas au contrôle shogunal.

Edo en plein essor

En 1603, le siège du gouvernement est installé dans la petite ville d'Edo, devenue aujourd'hui l'immense Tokyo. Le château du shogun est bâti. L'agrandissement de la ville est rapide. Des maisons, des quartiers, des boutiques, des temples, des théâtres et des maisons de plaisirs apparaissent en nombre. En quelques années, une culture urbaine et bourgeoise et des arts d'un raffinement exceptionnel voient le jour.

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Le kabuki est créé par Izumo no Okuni, prêtresse shinto en 1603. Cet art théâtral devient très vite à la mode. Les citadins d'Edo y trouvent amusement et délassement tout comme dans les maisons de thés, les restaurants et les maisons de plaisirs du quartier réservé, le Shin-Yoshiwara. Les mœurs et les modes de la nouvelle classe bourgeoise d'Edo deviennent les sujets de prédilection des estampes ukiyo-e.

La politique d'isolement

Désireux de ne pas subir d'influence occidentale et de contrôler le commerce, Ieyasu et ses successeurs appliquent une série de mesures aboutissant à l'isolement complet du Japon. Cette politique isolationniste menée par le shogunat Tokugawa est nommée sakoku, littéralement "pays cadenassé". Amorcée à la fin du XVIe siècle, la répression des chrétiens s'intensifie. En 1614, un décret interdit le christianisme sur l'archipel.

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La claustration nippone se met en place progressivement dans les années 1630. Vers 1634-1635, les Japonais ont l'interdiction de quitter le pays et les étrangers vivant au Japon ne peuvent rentrer chez eux. En 1638, la communauté portugaise est déplacée sur l'îlot de Deshima près de Nagasaki et finit par être expulsée l'année suivante. Les Hollandais sont eux-aussi confinés à Deshima en 1641. Il ne subsiste dès lors que les comptoirs commerciaux de la Compagnie des Indes néerlandaise à Deshima et des commerçants chinois installés à Nagasaki.

Au début du XIXe siècle, les tentatives des étrangers pour rompre cet isolement sont nombreuses. La pression du Commodore américain Matthew C. Perry, arrivé en 1853, a raison du sakoku. L'année suivante, le Japon ouvre ses frontières aux Etats-Unis puis au reste du monde en 1858. L’ouverture du pays favorisera l’abdication du dernier shogun et la restauration du pourvoir impérial, qui ouvre l'ère Meiji. 

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