L'époque Heian   平安時代

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Ujigami jinja est considéré comme le plus ancien autel shinto et l'une des rares structures survivantes de l'époque Heian

Le Byôdô-in est considéré comme l’expression magnifiée de l’art aristocratique de l’époque Heian (794-1185).

Le Byôdô-in est considéré comme l’expression magnifiée de l’art aristocratique de l’époque Heian (794-1185).

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Murasaki Shikibu. Estampe de Kunisada réalisée en 1858

Portrait de l'empereur Kammu (737 - 806)

L'antiquité glorieuse du Japon

L'époque Heian débute en 794 avec l'installation de la capitale impériale à Kyoto et s'achève en 1185 avec la naissance du shogunat de Kamakura. Cette époque prend le nom "Heian-kyô" - "la capitale de la paix" -, le nom antique de Kyoto. Elle représente dans l'histoire nippone une période d'apogée culturelle et artistique, ainsi qu'un des sommets du pouvoir impérial.

La fixation à Kyoto

Avant l'installation à Kyoto, la Cour impériale avait connu un certain nombre de capitales les siècles précédents, dont les plus fameuses furent Nara et Asuka. La décision du déménagement fut motivée par l'influence jugée beaucoup trop forte des monastères de Nara

Avec l'arrivée à Kyoto, le pouvoir politique inaugure une capitale qui sera celle du pays pendant plus de mille ans, jusqu'à l'ère Meiji et le déplacement de cette dernière à Tokyo.

Lire : Le musée d'Asuka

Le palais impérial, Kyoto-gosho, demeure secondaire de l'empereur.

Le palais impérial, Kyoto-gosho, demeure secondaire de l'empereur.

Peinture de Fujiwara Michinaga, par Kikuchi Yôsai

L'ère des Fujiwara

L'ère Heian est inséparable du pouvoir politique de la famille Fujiwara. Ces derniers se mêlent petit à petit aux plus hautes sphères du pouvoir grâce à une stratégie de mariages à travers laquelle ils obtiennent des postes de régents. Ils affirment alors leur pouvoir en se présentant comme les représentants de leur fils ou de leur petit-fils. Ils prenaient le titre sesshô ("substitut politique") quand l'empereur était mineur, et de kanpaku ("grand rapporteur") lorsque l'empereur était majeur.

Les Fujiwara furent au faîte de leur influence aux environs de l'an mille, sous Fujiwara no Michinaga (966-1028), quand l'ensemble des affaires du pays étaient dirigées par cette famille. A sa suite, les Fujiwara tendirent à décliner alors que la classe guerrière du pays, les samouraïs, prenaient de plus en plus de place.

Voir aussi : Kofukuji

Une ère de culture

Comme dit en introduction, l'époque Heian est aussi vue par les Japonais comme une grande époque de culture. C'est durant cette ère que les kanas sont créés, permettant un décollage de la production littéraire.

De nouvelles formes littéraire voient le jour comme le roman ou le conte, est c'est à cette époque que plusieurs classiques de la littérature japonaises voient le jour. Ainsi, le Genji Monogatari de Murasaki Shikibu est écrit à cette époque, tout comme les "Notes de chevet" de Sei Shônagon ou les paroles de l'hymne japonais actuel, le waka (poème de style japonais) Kimi Ga Yo.

Estampe de Murasaki Shikibu

Le temple enryakuji, sur le Mont Hiei

Le temple enryakuji, sur le Mont Hiei

L'essor du bouddhisme

Un des traits saillants de l'ère Heian est le développement rapide du bouddhisme au sein du Japon, avec la création de quelques unes des plus grandes sectes de l'archipel. Le moine Kûkai fonda l'école Shingon ("parole vraie") alors qu'un de ses élèves, le moine Saichô, importa l'école chinoise du Tiantai, qui devint l'école Tendai ("terrasse céleste").

C'est aussi à cette époque de l'histoire que se constitua la puissance du mont Hiei, dont les "sôhei" ("moines-soldats") auront une grande importance dans les conflits politiques ultérieurs.

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