L'époque des royaumes combattants   戦国時代

Date de publication :

Portrait d'Ashikaga Takauji, premier shogun Ashikaga

Les 47 sépultures des rônin baignent dans l’encens pour rappeler leur fidélité au daimyo.

Les 47 sépultures des rônin baignent dans l’encens pour rappeler leur fidélité au daimyo.

Les royaumes combattants, un Japon de sang et de larmes

La période des royaumes combattants, ou époque "Sengoku", est une époque de grands troubles au Japon. Cette époque de guerre civile dure près d’un siècle, du milieu du XVè au  milieu-fin du XVIè, faisant du Japon un pays ensanglanté. C’est aussi une période de réorganisation politique, qui à la fin donnera naissance au Japon pré-moderne.

La fin d’un shogunat

La période des royaumes combattants commence sous le shogunat Ashikaga – époque de Muromachi, du nom du quartier où séjourne la famille. Ce shogunat, très dépendant des seigneuries provinciales des daimyos, vole en éclat au moment de la guerre d’Ônin, où les deux clans rivaux Hosokawa et Yamana prennent prétexte d’un problème de succession au sein de la famille Ashikaga pour entamer les hostilités. La guerre proprement dite a lieu entre 1467 et 1477, mais elle entraînera derrière elle la dislocation de tout le Japon ancien, jusqu’à l’avènement d’Oda Nobunaga.


L’apparition de groupes révolutionnaires

Les périodes de troubles sont propices à la naissance de groupes révolutionnaires. L’ère des royaumes combattants ne fait pas exception. Nombre de daimyos en guerre contre leurs pairs sont menacés ou même renversés par leurs vassaux, eux-mêmes aux prises avec des ligues de moines et de paysans appelées ikko-ikki  ("ligue de ceux qui sont tournés vers une direction"). Ces derniers, inspirés par les prédicateurs bouddhistes, dotés d’une bonne formation militaire et d’un fort allant religieux, s’emparent de nombre de territoires et deviennent des puissances avec lesquelles traitent les plus grandes familles du Japon.

Il s’organisent de manière égalitaire, où lors de décisions politiques, chaque homme représente une voix. Cette situation a été résumée dans le terme "gekokujô » signifiant "les plus faibles gouvernent les plus forts".

L’époque Sengoku, ou la recomposition de l’aristocratie

En parallèle de ces mouvements populaires, l’organisation des daimyos va elle aussi subir de nombreux changements. Plusieurs daimyos vont perdre leurs fiefs, renversés par les nouveaux pouvoirs, alors que le shogunat Ashikaga sera aboli en 1573, et que des aristocrates mineurs accèdent au sommet de la pyramide du pouvoir. C’est le cas d’Oda Nobunaga, chef de la branche la plus faible du clan Oda, qui ont leurs terres autour de Nagoya, ou de Ieyasu Tokugawa, à la base héritier du clan mineur de Matsudaira. Tous deux deviendront les chefs d’un Japon unifié. L’ascension sociale la plus spectaculaire reste celle de Hideyoshi Toyotomi, simple fils de fermier qui deviendra maître du Japon à la mort d’Oda Nobunaga et avant la mise en place du shogunat des Tokugawa.

Festival Kiyomori

Tenues de guerriers samouraïs lors du festival Kiyomori.

Image de la Bataille de Sekigahara

La naissance d’un nouveau Japon

La période Sengoku s’achève avec l’unification du pays menée par Nobunaga et Hideyoshi, période dite de "Azuchi Momoyama". Le premier unifie le centre du pays, le second se débarrasse de tous ses rivaux pour le titre suprême, ce qui ouvrit la voie à Ieyasu Tokugawa, shogun du Japon après la bataille de Sekigahara en 1600. Le Japon devient alors un pays unifié, où les daimyos ne sont plus des seigneurs indépendants mais de simples administrateurs de leurs terres soumis au shogun. La période de paix qui suivit permit un nouveau développement économique et culturel, notamment autour de la ville d’Osaka.

C’est aussi une époque pré-capitaliste où certains conglomérats japonais actuels voient le jour (comme Mitsui ou Sumimoto).


Les commentaires Découvrez les commentaires de nos voyageurs