L'ère Genroku   元禄

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Le chateau d'Edo à l'époque des Tokugawa

Le chateau d'Edo à l'époque des Tokugawa, peinture sur paravent.

bukeyashi

Une magnifique résidence qui témoigne de la vie quotidienne à l'époque d'Edo

Théâtre Kabuki (1743). Estampe de Okumura Masanobu

Théâtre Kabuki (1743). Estampe de Okumura Masanobu

L'âge d'or du Japon d'Edo

L’époque Genroku s’étend sur environ une génération, de 1688 à 1704. Elle est souvent considérée au Japon comme l’apogée du shogunat des Tokugawa, que ce soit au niveau de la paix civile, de la prospérité économique ou de l’efflorescence artistique. Nombre de genres artistiques proprement japonais ont pris leur envol à cette époque.

La richesse du Japon

Après l’instauration du shogunat des Tokugawa en 1603, la mise hors-jeu de la dynastie Toyotomi lors du siège d’Osaka en 1615 et l’écrasement de la révolte de Shimabara à l’ouest en 1637-1638, le Japon connut une grande période de paix civile. C’est dans ce cadre que l’activité économique décolla, avec notamment les samouraïs amenés par le gouvernement à vivre dans les villes. Les marchands profitèrent de leur côté de cette paix pour faire d’Osaka le centre économique du pays . Durant l’ère Genroku, la prospérité fut à son pic, et ce jusqu’à ce que le shogunat ordonne l’avilissement des pièces de monnaie, entraînant une très forte inflation.

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Tokugawa Ieyasu

Portrait de Tokugawa Ieyasu.

Peinture de Kiyonobu

L’essor des arts graphiques

Le ukiyo-e "image du monde flottant" - les estampes japonaises qui ont traversé la planète - né au début de l’époque Edo connaît son premier essor durant l'ère Genroku. En effet, le "monde flottant" est celui du divertissement, du théâtre kabuki, des courtisanes, soit le monde "impermanent" des plaisirs et des arts vivants. Et l’époque Genroku est celle où marchands, aristocrates, samouraïs se mêlent dans les quartiers des plaisirs, loin du formalisme engoncé du monde officiel. Moronobu, le fondateur des ukiyo-e, achève ses jours durant la période, tandis que ses successeurs immortalisent combattants de sumos, femmes, courtisanes ou acteurs de kabuki.

De l’autre côté, l’école Rinpa, fondée elle aussi quelques décennies plus tôt, et qui avait pour objet la figuration des éléments de la nature tels que les plantes ou les oiseaux réalisée sur des feuilles d’or connut son apogée durant la période Genroku avec les frères Ogata Kenzan et Ogata Kôrin.

Les 47 rônin

L’un des épisodes les plus fameux de l’histoire japonaise, l’épopée des 47 rônin, eut aussi lieu durant l’époque Genroku. Après la condamnation au seppuku de leur maître, jugée injuste et causée par le maître des cérémonies du shogun Yoshinaka Kira, ils planifièrent durant deux ans une vengeance qu’ils mirent en exécution le 14 décembre 1702, sachant qu’elle entraînerait leur mort à tous. Ce sacrifice pour l’honneur est resté dans l’histoire et a été l’objet de nombreuses œuvres littéraires et cinématographiques.

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En vengeant la mort de leur maître, les 47 ronins ont témoigné de l'idéal japonais de la fidélité.

En vengeant la mort de leur maître, les 47 ronins ont témoigné de l'idéal japonais de la fidélité.

Statue de l'écrivain Ihara Saikaku

Une époque de création littéraire

La littérature est elle aussi à l’honneur à cette époque. On peut citer l’auteur populaire Ihara Saikaku, considéré comme le fondateur de l’école "ukiyo zôshi" soit "textes du monde flottant", l’équivalent littéraire des ukiyo-e. Le poète Matsuo Bashô s’illustre aussi de son côté en renouvelant le style de haïku pour lui donner une forme plus suggestive.

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