Les titres des dirigeants dans l'histoire du Japon

Date de publication :
L'empereur Shôwa Hirohito (1926-1989)

L'empereur Shôwa Hirohito (1926-1989)

Portrait d'Ashikaga Takauji, premier shogun Ashikaga

Tokugawa Ieyasu

Portrait de Tokugawa Ieyasu.

Peinture de Fujiwara Michinaga, par Kikuchi Yôsai

Les noms des grands hommes

Si le Japon se caractérise par une continuité impériale sans précédent depuis au moins 1 700 ans, le pays a connu durant son histoire différentes formes de pouvoir effectif, qui se reflètent dans la diversités des titres qu'ont pu alors prendre les dirigeants.

Roi, le premier des titres

Le premier titre jamais porté par les dirigeants du Japon fut celui de "roi". Plusieurs appellations accompagnent ce titre, comme celle de "Amenoshita shiroshimesu ôkimi" ("grand roi dirigeant sous le ciel") ou de "Yamato ôkimi", soit "grand roi du Yamato" - le Yamato étant le nom primitif du Japon -. Ce titre fut porté par les roi mythiques depuis l'ancêtre fondateur Jinmu (-771 à - 660) ainsi que par les premiers rois pour lesquels on dispose de traces historiques, à partir de Ôjin (210 - 310).

Portrait de l'empereur Jinmu(660-585 avant JC)

Portrait de l'empereur Jinmu(660-585 avant JC)

L'empereur Tenmu instaura l'emploi du butsudan dans tout le Japon, à la fin du VIIe siècle

L'empereur Tenmu instaura l'emploi du butsudan dans tout le Japon, à la fin du VIIe siècle

Tennô, ou l'empereur

C'est au VIIème siècle qu'à l'imitation des empereurs chinois Tang les rois du Japon prennent le titre de "tennô" soit littéralement "empereur du ciel". Temmu (631 - 686) est l'un des premiers à porter ce titre. Les empereurs du Japon traverseront les époques et les changements politiques, soit comme véritable dirigeants du pays soit comme chef d'état symbolique et deuxième lieu du pouvoir autour duquel les opposants graviteront.

Les régents, Sesshô et Kanpaku

L'époque Heian (794 - 1185) connut l'ascension fulgurante de la famille Fujiwara, qui se hissa au sommet du pouvoir grâce à une stratégie d'alliances matrimoniales avec les membres de la famille impériale. Petit à petit, ils occupèrent les postes de décision, et notamment celui de régent. Celui-ci prenait le titre de "sesshô" ("régent") quand l'empereur était mineur, et, signe de l'extraordinaire puissance de cette famille, un titre de régent pour les empereurs adultes fut créé à partir de Fujiwara no Momotsune (836 - 891), le "kanpaku" ou "grand rapporteur".

Portrait de Fujiwara no Momotsune

L'empereur retiré Shirakawa

Empereur retiré, la préservation du pouvoir dans l'ombre

Il a très tôt été de coutume au Japon que des empereurs se retirent, abdiquent et, pour certains, continuent à exercer le pouvoir dans leur retraite. Ils étaient appelés "Hô-ô" ("empereur-moine") ou "Jôkô" ("empereur-retiré"). Cette pratique, existant depuis l'antiquité, se systématisa à partir de l'empereur Shirakawa (1053 - 1129), les empereurs se retirant afin d'échapper au pouvoir des régents Fujiwara, qui dirigeaient le pays à l'aide d'une cour d'aristocrates. Elle persista jusqu'à l'avénement du shogunat de Kamakura (1192).

Le shogun, chef politique et militaire

À l'origine, le terme de shogun provient du titre de "seii tai shôgun" ("grand général conquérant des barbares") qui était confié aux commandants en charge de la conquête du nord de Honshû au début de l'époque Heian. Une fois cette mission achevée, le titre tomba en désuétude, jusqu'à la montée en puissance de la classe des samouraïs lors de la guerre de Genpei (1180 - 1185) durant laquelle le clan Minamoto saisie le pouvoir et installa le premier pouvoir militaire de l'histoire du Japon, le bakufu ("gouvernement sous la tente"). Minamoto no Yoritomo (1147 - 1199) se fit attribuer le titre de shogun en 1192 et créa une forme de gouvernement qui perdura jusqu'à la restauration de Meiji (1868).

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Portrait de Minomoto no Yorimoto

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