Les grands moines de l'histoire du Japon   日本の有名な僧侶

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Une statue de Kukai

La statue de Kukai accueille les visiteurs au temple Ishite de Matsuyama.

Le temple enryakuji, sur le Mont Hiei

Le temple enryakuji, sur le Mont Hiei

Saito no Musashibo Benkei

Le moine-guerrier Benkei, attaché à la naissance du dorayaki.

Moine aux prises avec un tengu

Le Japon à l'heure des moines

Le Japon a commencé à adopter le bouddhisme très tôt dans son histoire, à partir du Vè siècle. Cette religion a profondément imprégné le pays, au point de produire un certain nombre de moines qui sont devenus des figures marquantes de l’histoire ; et pas seulement pour leur sainteté monastique. Petite revue de ces grands moines.

Le moine Kobo Daishi

Le moine Kobo Daishi (ou moine Kukai).

Kûkai, la figure sainte

Le moine Kûkai (774-835) est le moine japonais le plus connu au Japon pour sa sainteté. Fondateur de la secte Shingon ("parole de vérité"), qui est encore de nos jours l’une des plus grandes écoles du bouddhisme du pays, il avait pour doctrine de "devenir Bouddha dans cette vie avec ce corps". Il est aussi l’homme à l’origine de la création du monastère du mont Koya, situé à 800 mètres d’altitude, où chaque année des milliers de Japonais viennent en pèlerinage marcher sur les pas du moine célèbre. Il a aussi à son actif nombre de réalisations profanes, telle que l’ouverture de la 

première école d’enseignement populaire du Japon, l’écriture de l’un des premiers dictionnaires du pays et d’une œuvre littéraire considérable.

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Dôkyô, l’ambition perdue

Dôkyô (700-772) est un moine qui, ayant réussi à soigner l’ancienne impératrice Kôken, acquit une grande position politique. À partir de celle-ci, il intrigua pour remettre Kôken sur le trône et réussit même à obtenir de sa part le titre d’héritier présomptif. Figure d’intrigue, il tombe après qu’un oracle qu’il avait commandé et affirmant qu’il devait être le prochain empereur fut contredit par un second, commandé par les Fujiwara. À la mort de l’impératrice, il fut envoyé en exil et du fait de son influence jugée néfaste, les femmes furent depuis considérées comme inaptes à occuper le trône impérial.

Benkei, le moine-soldat

Benkei est l’acolyte d’un des samouraïs les plus célèbres de l’ensemble de l’histoire du Japon : Minamoto no Yoshitsune. Il était moine-soldat, une fonction assez commune dans le Japon médiéval où nombre de moines étaient entraînés aux arts de la guerre et pouvaient former des compagnies redoutables.

Renvoyé du mont Hiei pour sa violence, selon la légende, il se serait posté à un pont pour y affronter tous les soldats qui passaient et en aurait vaincu 999 avant de perdre face au 1 000è, qui n’était autre que Yoshitsune. Il l’accompagnera ensuite dans toutes ses expéditions militaires durant la guerre de Gempei, où ils s’opposent aux Taira. Après que le frère de Yoshitsune ne se retourne contre son frère, il l’accompagne dans la clandestinité et finit par mourir debout, transpercé de flèches, dans sa défense de Yoshitsune. Benkei devint un grand personnage du folkore japonais et un personnage récurrent du théâtre kabuki ainsi que dans différents recueils de cette époque tel que le Heike Monogatari.

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Benkei et Yoshitsune

Portrait d'Ikkyû Sôjun par Bokusai

Ikkyû-Sojûn, le poète

Ikkyû-Sojûn (1394-1481) est un moine de l’école Rinzai qui était aussi poète. Après avoir atteint le satori ("l’éveil dans le bouddhisme") et refusé de succéder à son maître, il quitte la vie monastique et mène une vie dissolue avec les femmes, durant laquelle il s’adonne par ailleurs à la poésie. Il composa notamment le recueil "Nuages fous". Il marqua son époque par ses poème humoristiques et érotiques ainsi que par ses satires. Maître zen, personnage excentrique, créateur de jardin, sa personnalité dut beaucoup à son retentissement. Elle fut par ailleurs utilisée à l’époque suivante

- l’époque Edo (1603-1868) - où les contes dits Ikkyûbanashi racontent en une quarantaine d’histoires des aventures tirées de l’enfance ou de la vie adulte du fantasque Ikkyû.

Takuan Sôho, l’esprit indomptable

Takuan Sôho (1573-1645) est un moine du début de l’époque Edo. Il est connu pour son verbe acerbe, son esprit ainsi que pour son intégrité. Il était ami avec les grands personnages de son époque, que ce soit le shogun Tokugawa Iemitsu (1604-1651) ou le maître d’épée Yagyû Munemori (1571-1646), et serait à l'origine de la recette de daikon mariné, dite "takuan". Il est surtout fameux pour, selon la légende, avoir été le maître de l’épéiste Musashi Mioyamoto (1584-1645). C’est ce personnage à la fois tutélaire et sarcastique qui a intégré le folklore japonais, qu’on retrouve dans le best-seller de Eiji Yoshikawa La Pierre et le Sabre.

Takuan, la version marinée du radis blanc japonais daikon

Takuan, la version marinée du radis blanc japonais daikon

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