Rangaku   蘭学

Date de publication :

Siège du château de Hara, pendant la rébellion de Shimabara

La Maison de commerce hollandaise et son architecture occidentale

La Maison de commerce hollandaise et son architecture occidentale

Tokugawa Ieyasu

Portrait de Tokugawa Ieyasu.

Représentation de Nagasaki avec l'île de Dejima en fond

Le cordon ombilical du Japon d'Edo

Rangaku signifie littéralement "études hollandaises". Il désigne la transmission du savoir et des technologies occidentales par des voyageurs bataves au Japon des Tokugawa, qui appliquaient une politique de fermeture du pays à l'étranger. Les "rangaku" permirent au pays du soleil levant de rester malgré tout au courant des affaires du monde.

Le monopole hollandais

Le Japon choisit, après la révolte chrétienne de Shimabara (1638-1639) au sud du pays, de fermer ses frontières aux étrangers. Cette décision du troisième shogun Tokugawa Iemetsu contenait une exception pour les Hollandais, qui lors de la révolte restèrent des alliés fidèles du shogunat, contrairement aux Portugais. Ils furent ainsi autorisés à résider sur l'île de Dejima, une île artificielle réalisée dans le port de Nagasaki et à partir de laquelle ils eurent l'autorisation de commercer. C'est sur cet îlot que la Compagnie des Indes Orientales installera une factorerie.

Dessin de l'île de Dejima - 1725

Description d'une montgolfière dans un livre japonais - 1792

La transmission de nombreux savoirs

Rapidement, l'île fut peuplée d'interprètes japonais maîtrisant le néerlandais. Si le but premier de ce comptoir était le commerce de biens tels que la soie ou les peaux de chevreuil, la transmission des connaissances occidentales devint une activité importante de Dejima. Ainsi la médecine occidentale, que nombre d'interprètes japonais apprirent à maîtriser, devint très prisée. Par ailleurs, une visite d'abord annuelle puis quadri-anuelle à Edo pour rendre hommage au Shogun était aussi l'occasion pour les savants japonais de prendre contact avec les Hollandais, et de les questionner sur les avancées occidentales.

Au XVIIIème siècle, la dureté shogunale sur la présence étrangère se relâcha, et de nombreux livres étrangers furent traduits. Des inventions tels que le microscope, le télescope, la montgolfière ou le moteur à électricité statique, ainsi que des découvertes en matière de chimie, de biologie ou de mécanique étaient présentées. Dans un aspect moins scientifique, les rangaku étaient aussi l'occasion pour le pouvoir du shogun de se tenir au courant des nouvelles politiques du monde extérieur.

Une influence sur les esprits

Les rangaku furent une école de formation intellectuelle pour de nombreux japonais qui portèrent la révolution Meiji. On peut ainsi nommer le très célèbre Ryôma Sakamoto, l'un des pères de la restauration impériale, Katsu Kaishû, l'homme d'état qui empêcha la guerre civile à cette époque ou bien l'érudit Fukuzawa Yukichi, qui figure sur les billets de 10 000 yens.

Photographie de Sakamoto Ryoma

Le révolutionnaire Sakamoto Ryoma

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