7 lieux de haïkus célèbres au Japon

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Sur les traces du poète Matsuo Bashô

Le plus célèbre des poètes de haïku japonais est Matsuo Bashô, qui vécut de 1644 à 1694. Il se trouve être également un poète-voyageur. Voyagez dans ces pas à travers sept lieux de haïkus.

L’une des œuvres majeures de Matsuo Bashô, qui mêle prose et haïku, s’intitule Oku no Hosomichi, titre que l’on traduit en français par "La Sente étroite du Bout-du-Monde" ou encore "Le Chemin étroit vers les contrées du nord". Sous forme de carnets de voyage, ce récit nous mène à travers le Japon féodal, de la ville d’Edo (l’ancienne Tokyo) à la région intérieure d'Oku, dans le nord du pays.

Ce voyage fut entrepris par Matsuo Bashô et son disciple Kawai Sora au printemps 1689 et compte un certain nombre d’étapes rendues célèbres par ses écrits. On peut aujourd’hui visiter ces lieux, qui comptent parmi les plus beaux du Japon, et portent la trace des poèmes du maître de la poésie japonaise. Voici sept lieux emblématiques à visiter pour marcher dans les pas de Matsuo Bashô :

Basho Yamadera

Statue du poète Matsuo Basho à Yamadera.

Basho Fukagawa

Statue de Bashō près du pont Umibe, à Tokyo.

1. Fukagawa

Le périple commence à Tokyo même, dans le district de Fukagawa, où Bashô avait élu résidence en 1680. Il y composa le haïku dit de "la Grenouille". Il s’agit d’un haïku que les enfants japonais apprennent à l’école. Aujourd’hui, on peut y visiter le mémorial de Bashô, reconstitution de son ermitage, dont le jardin comporte un étang et un bananier (qui se prononce bashô en japonais). Une pierre gravée du fameux poème de la grenouille se trouve dans la cour et à l’intérieur de la maison sont exposées des images des voyages du poète.

Une statue de Bashô se trouve près du pont Umibe, qui enjambe le canal Sendai-bori. C’est sur ce pont que Bashô prit le départ du voyage vers le nord qui l’amènera à écrire Oku no Hosomichi.

mont nantai nikko

Basho écrivit un haiku sur le Mont Nantai, appelé à l'époque Mont Nikkoo.

Toshogu Nikko

Le Toshogu de Nikko est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Futarasan Jinja

Entrée du sanctuaire Futarasan à Nikko.

2. Nikko

Nikko fut la 5e étape du périple de Matsuo Bashô vers le Nord. Il y écrivit un célèbre haïku en l’honneur de la beauté du Mont Nantai – appelé à l’époque "Mont Nikkô", un nom qui fait référence aux rayons du soleil. Il raconte dans son récit avoir été frappé par la beauté des rayons du soleil baignant de lumière le paysage de Nikko.

Nikko est aujourd’hui classé au Patrimoine mondial de l’Unesco. Le temple Toshogu et le sanctuaire Futarasan en particulier sont visités par des milliers de voyageurs venus admirer non seulement la beauté des temples, mais aussi celle des montagnes alentour, lacs et cascades – ainsi que profiter des onsen de la région.

Takkoku no Iwaya 2
Takkoku no Iwaya

Temple à flanc de falaise à Hiraizumi.

3. Hiraizumi

Hiraizumi est une petite ville de la région de Tôhoku, connue pour entretenir un véritable culte autour de Matsuo Bashô. Il y écrivit un poème sur les guerriers des temps anciens. La ville est pavée de statues rendant hommage au grand poète. Elle présente par ailleurs les restes de deux grands temples valant le coup d’œil, Chūson-ji et Mōtsu-ji, ainsi que le temple Takkoku no Iwaya, situé à flanc de falaise dans les environs de Hiraizumi.

Mogamigawa

Le fleuve Mogami traverse la préfecture de Yamagata et est connu comme l’un des trois plus rapides du Japon.

4. Mogamigawa

Le fleuve Mogami traverse la préfecture de Yamagata et est connu comme l’un des trois plus rapides du Japon. Ce fleuve apparaît comme un thème récurrent dans la poésie japonaise et Matsuo Bashô s’en inspira pour composer plusieurs poèmes. Il embarqua sur ce fleuve à Motoaikai, l'endroit où les fleuves Mogami et Nitta se rejoignent, puis navigua vers le nord. À l’endroit où ils embarquèrent sont érigées les statues du maître et de son disciple Sora. C’est désormais un lieu de pèlerinage pour les poètes de haïku.

Lire aussi : Le village d'Iide, à Yamagata

Yamadera Risshakuji

Fondé en 860, le temple bouddhique Risshaku est niché dans les montagnes de Yamadera.

5. Risshaku-ji (Yamadera)

Fondé en 860, le temple bouddhique Risshaku (ou Yamadera) est niché dans les montagnes de Yamadera. On raconte que Matsuo Bashô visita ce temple et composa un haïku sur la tranquillité des lieux. Un monument à l’intérieur du temple rend hommage à ce poème. Risshaku-ji comporte autrement des trésors culturels, artistiques et religieux, reconnus comme propriété culturelle importante par le gouvernement japonais.

Gas-san

Gas-san est une petite montagne près de la ville de Nishikawa, qui donne sur le fleuve Mogami.

6. Gas-san

Gas-san est une petite montagne près de la ville de Nishikawa, qui donne sur le fleuve Mogami. Les ascètes en font traditionnellement l’ascension, et il s’agit d’un chemin long et difficile. Bashô l’escalada lors de son périple (après avoir gravi le Mont voisin Haguro quelques jours auparavant) et atteignit le sommet de nuit. Là, il observa la lune se lever et composa un poème sur l’astre qui se découvre au sommet du Mont Gas-san.

Le Mont Gas-san fait partie des Dewa-Sanzan (les trois montagnes de Dewa), avec le Mont Haguro et le mon Yudono. Haguro-san, Gas-san et Yudono-san représentent respectivement la naissance, la mort et la renaissance – faisant ainsi référence au cycle de réincarnation du Bouddhisme. Mais le Dewa Sanzan est au cœur des croyances du Shugendo, une religion qui mélange les croyances du Bouddhisme et du Shintoïsme. Le Shugendo se traduit pas des tâches physiques très éprouvantes, dont les longs pèlerinages à travers les montagnes. La magnificence des paysages de trois monts attire aujourd’hui de nombreux randonneurs – qui peuvent y accéder pendant les mois d’été.

Kenrokuen

Kenrokuen est le jardin de Kanazawa.

7. Kanazawa

Après sa visite des trois monts sacrés, Matsuo Bashô se rendit dans la ville de Kanazawa où il séjourna plusieurs jours. Il semble qu’il y ait rencontré d’autres poètes de haïku à ce moment. Trois pierres gravées des poèmes de Bashô sont érigées à travers la ville. L’un des haïkus les plus connus composés à Kanazawa parle des couleurs de l’automne. Une balade dans le jardin Kenrokuen permettra de le découvrir. Les deux autres se trouvent respectivement près de la rivière Sai et dans la cour du temple Seiji.

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