Les aizuchi : l'art de la conversation en japonais   相槌

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un un (aizuchi)

un un (aizuchi)

Naruhodo (aizuchi)

Naruhodo (aizuchi)

Attention à la politesse !

Il existe de nombreuses manières de s'adresser à un interlocuteur direct en Japonais. Attention à ne pas faire d'impair !

L'art d'écouter son prochain

Faire comprendre à son interlocuteur que l'on écoute ce qu'il dit, c'est tout un art. Et si en français un hochement de tête suffit, en japonais, on voit les choses en grand ! Petits mots pour marquer l’intérêt que l'on porte au discours de l'autre, onomatopées, ou acquiescements à répétition, les interventions sont toujours nombreuses et variées au sein d'une conversation. Appelées "aizuchi", ces interjections sont fondamentales à la langue japonaise !

Aizu-quoi ?

Les aizuchi sont des interjections émises au cours d'une conversation pour montrer au locuteur qu'il est écouté. Prenant tantôt la forme de petites onomatopées, tantôt celle de phrases complètes, ces interventions sont un élément fondamental du discours en japonais.

Non seulement elles rythment la conversation et permettent d'éviter les blancs, mais elles sont également une marque de respect qui vise à valoriser le discours de l'interlocuteur qui se sent alors considéré et écouté.

Forgeron en plein travail

L'expression "aizuchi" vient de l'échange sonore qui se joue dans l'atelier du forgeron.

Cette notion de considération, l'expression "aizuchi" l'emprunte en réalité au monde de la forge.

Désignant à l'origine le bruit des marteaux du forgeron et de son apprenti(e), les "aizuchi" font référence à l'échange sonore qui se joue dans l'atelier. Le locuteur mène ainsi la conversation et l'interlocuteur émet un son juste après ce dernier pour marquer sa présence à l'image de l'apprenti(e) qui répète les mouvements de son maître juste après que le forgeron ait frappé le fer de son marteau.

Comment les utiliser ?

Contrairement au français, les phrases en japonais sont généralement très longues. Il est donc courant de faire des pauses entre chaque particule pour s'assurer de la bonne compréhension de son interlocuteur. C'est à ce moment-là que ce dernier pourra alors utiliser les aizuchi !

Rapide et discrète, l'interjection doit se glisser naturellement dans le discours de l'autre pour ne pas le pénaliser. Et s'il ne faut pas avoir peur de la quantité (certains Japonais utilisent autant de aizuchi que leurs interlocuteurs utilisent de particules), un aizuchi trop long ou mal placé pourra a contrario être interprété comme une interruption. Dans ce cas, le locuteur enchaînera à son tour sur un aizuchi pour récupérer son tour de parole.

Très pratiques pour acquiescer les propos d'autrui, ces interjections sont également utilisées pour marquer un désaccord. Là où en français on exprimera clairement sa façon de penser par des « non non », en japonais c'est l'absence de aizuchi qui montrera la protestation. Confronté au silence, le locuteur ne pourra alors interpréter la non-réaction que comme une différence de point de vue.

À lire : Au Japon, on ne dit jamais non !

Quelques exemples

À défaut de parler couramment la langue, voici quelques aizuchi qui pourront vous aider à ne pas perdre la face lors d'une conversation en Japonais.

  • Pour acquiescer

E(ええ) - Ok

Fuun (ふ~ん) - Hmm

Hai (はい) - Oui

Naruhodo (なるほど) - Je comprends

Sou desu ne (そうですね) - Je vois

Sou nan da (そうなんだ) - Je vois (familier)

U(うん) - Huh

  • Pour marquer l'étonnement

A () - Ah !

He (へえ) - Vraiment ?

Hontou ni (ほんとうに) - Vraiment ?

Sou desu ka ( そうですか) - C'est vrai ? 

Sou ka (そうか) - C'est vrai ? (familier)


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