Les dialectes régionaux au Japon   日本の方言

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Le quartier de Dôtonbori, l'âme de l'Osaka nocturne

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Gare de Hakata

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Les préfectures japonaises

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Le Japon aux cent voix

"Akan !" Une interjection qui pourrait même étonner les étudiants en japonais. Ça n’est pourtant que l’équivalent de "dame" ("impossible", "ne fais pas ça !") en kansai-ben, le dialecte de la région d’Osaka-Kyoto. Loin d’être le pays d’une seule langue, le Japon comprend plus d’une vingtaine de dialectes dont l’existence a pu être mise à mal par le japonais standard, ou hyôjungo.

Des dialectes bien différents


Avant la restauration Meiji en 1868, les Japonais communiquaient dans leur patois local, avec des différences telles que certains parlers étaient et restent difficilement intelligibles pour le reste de la population. Ainsi, jusqu’à aujourd’hui, le tsugaru-ben, dialecte de la préfecture septentrionale d’Aomori, est sous-titré en japonais standard quand il est diffusé à la télévision, alors que le dialecte de Kagoshima (ville située à la pointe sud du Japon) fut utilisé par l’armée japonaise durant la deuxième guerre mondiale comme langage crypté pour sécuriser les échanges face aux Etats-Unis !

Le japonais standard, le hyôjungo


Depuis 1868, le japonais des classes aisées de la région de Tokyo, le yamanote (littéralement "aux mains de la Montagne", quartiers hauts de Tokyo où résidaient les classes riches et éduquées) a été diffusé à travers l’archipel pour en faire la langue standard, sur le modèle occidental de l’époque "une langue, un Etat-nation". Ce modèle a été renforcé par la guerre durant laquelle des Japonais de toutes les régions se sont rencontrés, et a été hégémonique jusqu’à récemment. Pour la nouvelle génération de Japonais, parler un dialecte n’a plus rien de honteux, même si certains clichés les accompagnent encore.

À lire L'ère Meiji (1868-1912)

Les dialectes japonais et leur image


Parmi les dialectes japonais les plus connus au Japon, on retrouve le hiroshima-ben, patois de la région de Hiroshima associé dans l’imaginaire collectif japonais au monde de la mafia, notamment depuis la sortie du film The Yakuza en 1974. La forme polie "de kudasai" devient "nsanna", et "ne buvez pas s’il vous plaît" se dit "nominsanna", donnant à la langue un air plus vif. Un peu plus au sud, le hakata-ben, le dialecte de la région de Fukuoka, est connu pour être doux, mignon, surtout s’il est parlé par une femme. Parmi ses spécificités, le changement du "i" final de l’adjectif par "ka", "samui" (froid) devenant "samuka". Le parler ayant sûrement la plus mauvaise réputation est le tohoku-ben, surnommé "zûzû-ben" à cause de la réputation de ses habitants de ne pas articuler. Le kansai-ben est lui le plus connu, avec une forte présence télévisuelle.

Lire : Les différences régionales au Japon

Le kansai-ben, un dialecte cool


Le kansai-ben a l’image que les Japonais se font des habitants de la région : cool, drôle, extraverti. Sa persistance doit beaucoup à la fierté locale des habitants du Kansai. Des tournures telles que "wakarimasen" (je ne comprends pas) prononcées "wakarahen" sont très connues dans l’archipel. Le dialecte a été aussi popularisé par nombre d’humoristes qui l’utilisent à la télévision, comme le duo de programmes owarai (comédie) Masatoshi Hamada et Hitoshi Matsumoto.

Voir : Le Kansai-ben

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