Kôyô, l'automne en rouge et or   紅葉

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Les feuilles de l'érable japonais passent au jaune, à l'orangé puis au rouge flamboyant durant le kôyô ("feuilles rouges") d'automne.

Les feuilles de l'érable japonais passent au jaune, à l'orangé puis au rouge flamboyant durant le kôyô ("feuilles rouges") d'automne.

Le momijigari, ou "chasse aux feuilles d'automne", est pratiqué par les Japonais depuis l'époque Heian.

Le momijigari, ou "chasse aux feuilles d'automne", est pratiqué par les Japonais depuis l'époque Heian.

Estampe de Kawase Hasui : les feuilles d'automne dans les gorges d'Azyme (1947).

Estampe de Kawase Hasui : les feuilles d'automne dans les gorges d'Azyme (1947).

Dégradé de feuilles automnales à Matsumoto (préfecture de Nagano).

Dégradé de feuilles automnales à Matsumoto (préfecture de Nagano).

Kôyô, l'alter-ego du Hanami

La beauté des couleurs dont se parent les arbres à l'automne est éphémère, les Japonais en ont fait une fête de la contemplation du temps qui passe : le momijigari, la chasse au kôyô, les feuilles rougissantes. Une des plus belles saisons pour voyager au Japon et admirer ses beautés sous un éclairage rouge-orangé !

Kôyô du Taiyuin-byo à Nikko (préfecture de Tochigi)

Kôyô du Taiyuin-byo à Nikko (préfecture de Tochigi)

Le phénomène est tout naturel : avec les températures d’automne et le raccourcissement des jours, la chlorophylle présente dans les feuilles d’arbres se tarit, et leur couleur passe du vert au rouge et à l’orangé, avant que ces feuilles ne finissent par tomber. 

Nature poétique 

De ce phénomène naturel, appelé kôyô ("feuille rouge"), le Japon a tiré un sentiment tout particulier, un moment de contemplation qui renvoie autant à la spiritualité bouddhique (car le rougeoiement des feuilles rappelle que la vie est éphémère) qu’aux croyances du shintoïsme (pour lesquelles la nature est habitée par des forces divines qui se manifestent aux hommes). 

Lire : Le shintoïsme, croyance en la nature et ses forces

C’est à partir de l’époque Heian (794-1195, marquée par la désignation de Kyoto comme capitale impériale) que l’aristocratie nippone se pique de kôyô. La contemplation des couleurs d’automne devient alors un loisir prisé, et même une quête : on commence à parler de momijigari, littéralement "la chasse aux feuilles rouges", pour désigner ce moment de l’année affectionné des esthètes, qui organisent des excursions en forêt à la recherche des fameux feuillages, agrémentées de pique-nique du dernier chic et de déclamation de poèmes. 


Vidéo du kôyô à Kyoto par Discover Nippon

Or, ambre ou vermillon 

Le momijigari a traversé les siècles, et c’est aujourd’hui un moment attendu par de nombreux Japonais, tenus en haleine par des programmes météo qui indiquent au jour près le meilleur moment pour contempler les feuilles d’automne en fonction des régions. La saison du kôyô débute sur l’île de Hokkaïdô (Sapporo) à la mi-septembre, et descend progressivement vers le Sud de l’archipel, terminant sa course sur l’île de Kyushu (FukuokaKagoshima) au mois de décembre. 

En motif brodé sur un kimono, peint sur un paravent ou un objet en laque, accompagnant les mets déposés dans une assiette ou donnant leur forme aux gâteaux : en automne les feuilles rouge et or sont partout. Et les Japonais prennent en général quelques jours voire plus, en famille ou entre amis, pour perpétrer cette "chasse" au beau et à éphémère. Certaines zones, comme les temples et jardins de Kyoto (KôdaijiChion-inArashiyama) et les environs de Tokyo sont particulièrement prisées. Mais nombreux sont les amateurs qui gardent jalousement leurs carnets d’adresses… 

Car dans le calendrier japonais, cet automne coloré est aussi important que la célébration du hanami de printemps, la contemplation des sakura fraîchement écloses. Mais la vedette n’est plus la fleur de cerisier: il s’agit principalement du gingko et de l’érable. Le premier (par ailleurs symbole de Tokyo) offre des feuilles d’un jaune flamboyant, tandis que celles du second passent du jaune à l’orangé puis au rouge. Mais les seconds rôles ont aussi leur place : sorbier, mélèze, hêtre ou bouleau participent eux-aussi à la magie automnale.

Pour aller plus loin :  

Détail de kôyô

Détail de kôyô

Les commentaires Découvrez les commentaires de nos voyageurs

Bonheur

Que du bonheur au Japon. La gentillesse, l.art de vivre si différent, les paysages inoubliables. Je retournerai au Japon.

allez y

On ne peut pas etre decu d un voyage au japon

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