Le trajet Tokyo - Kyoto et la route de Tôkaidô   東京から京都までと東海道

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La première étape de la route de Tokaiido, le pont de Nihonbashi, peint par Hiroshige

La première étape de la route de Tokaiido, le pont de Nihonbashi, peint par Hiroshige

Etape de la route du Tokaido, peinte par Hiroshige

Etape de la route du Tokaido, peinte par Hiroshige

Des palanquins permettaient de se reposer un peu durant le voyage

Des palanquins permettaient de se reposer un peu durant le voyage

Des porteurs permettent aux voyageurs de passer la rivière sans danger.

Des porteurs permettent aux voyageurs de passer la rivière sans danger.

La vue depuis le Park Hyatt Tokyo de Lost in Translation

La vue depuis le Park Hyatt Tokyo de Lost in Translation

La Tokyo Skytree reflétée dans les eaux du fleuve Sumida

La Tokyo Skytree reflétée dans les eaux du fleuve Sumida

La plage d'Odaiba (Tokyo), avec vue imprenable sur le pont Rainbow Bridge.

La plage d'Odaiba (Tokyo), avec vue imprenable sur le pont Rainbow Bridge.

Un shinkansen dans la Tokyo Station

Un train Shinkansen à la gare de Tokyo

Le pavillon d'or, Kinkaku-ji

Le pavillon d'or, Kinkaku-ji, à Kyoto.

Sur les hauteurs du Kiyomizudera

Le Kiyomizudera et ses lumières de phare lors du kôyô, les couleurs d'automne à Kyoto

Geisha à l'entrée d'une maison de thé dans le quartier de Gion, à Kyoto

Geisha à l'entrée d'une maison de thé dans le quartier de Gion, à Kyoto

La forêt de bambous illuminée du Kôdai-ji à Kyoto

La forêt de bambous illuminée du Kôdai-ji à Kyoto

Portrait de Hiroshige

Portrait de Hiroshige

La route 66 japonaise

Lors d’un premier voyage au Japon, il est naturel de vouloir visiter ses deux villes emblématiques que sont Tokyo, actuelle capitale du pays, et Kyoto, capitale impériale jusqu’en 1868. 

En réalité, la route du Tôkaidô, reliant Tokyo et Kyoto, est empruntée depuis des centaines d’années ! Alors, quelle distance les séparent, et surtout, quels sont les moyens les plus commodes pour les relier ?

Une route historique

Entre le Ve et le IXe siècle fut créé le premier État unifié du Japon. Le Tôkaidô était l’une des régions adminstratives le composant, elle représente aujourd’hui les régions du Kanto et du Kansai. Lors de l’intensification des échanges à l’époque de Kamakura (1185-1333), ce nom fera également référence à la route côtière empruntée par les marchands, les daimyô et autres personnages pour relier les villes d’Edo, la ville du chef militaire suprême (aujourd’hui Tokyo) et Kyoto, la ville de l’empereur

Longue de 500 kilomètres, il fallait environ 13 jours pour la parcourir à pied. Les plus nantis pouvaient l’accomplir en onze ou douze jours grâce à l’utilisation de palanquins. 

Le départ se faisait traditionnellement sur le pont de Nihonbashi à Tokyo et le voyage se terminait sur le pont Sanjo, au dessus de la rivière Kamo, à Kyoto. La route n’était pas des plus aisées et empruntait des chemins escarpés ; les plus relatés sont notamment la traversée de Hakone et le col de Suzuka. Les rivières devaient être passées à pied ou à dos d’homme, les voyageurs devaient donc attendre le moment importun pour joindre les deux rives et il va sans dire que les accidents étaient nombreux. En chemin néanmoins, de nombreuses étapes étaient proposées aux aventuriers, dont le nombre fut légalement fixé à 53 par Tokugawa Ieyasu (1543-1616) en 1601. 

C’est au célèbre dessinateur Hiroshige (1797-1858) que nous devons d’ailleurs la fameuse série d’estampes intitulées Les cinquante-trois Stations du Tôkaidô (1833-1834) qui se font le témoin de ce que devait être le trajet à cette époque. 

Partir à l’aventure nécessitait une certaine préparation et quelques obligations. En premier lieu, toute personne devait être munie d’un passeport consignant son nom, son adresse, le motif de son déplacement et sa destination. Il était également demandé la secte bouddhique à laquelle appartenait le voyageur en cas de décès sur le trajet. Pour voyager en toute sérénité, un certain nombre d’objets étaient recommandés et la tenue idéale décrite dans les moindres détails.

Lire : Les estampes

Heureusement, aujourd’hui la route reliant Tokyo et Kyoto s’effectue plus aisément. Voici donc quelques uns des moyens à privilégier pour cette petite aventure. 

Faire le trajet en train

Prendre un Shinkansen (train à grande vitesse japonais) est certainement le moyen le plus simple et le plus rapide pour effectuer ce trajet. Il faudra en moyenne 2h30 pour relier les deux gares principales des villes concernées. 

Prendre le train au Japon est particulièrement commode. Pour trouver votre billet, l’astuce est de se rendre sur le site hyperdia qui permet de trouver facilement le trajet souhaité et le tarif associé. Vous pouvez également vous rendre directement au guichet de la gare pour obtenir des informations et des conseils. 

À noter qu’il existe trois shinkansen reliant Tokyo à Kyoto : 

  • le Nozomi, un shinkansen express, donc le plus rapide ; 
  • le Hikari, un shinkansen semi-express qui effectuera quelques arrêts supplémentaires 
  • le Kodoma, un shinkansen "local" (omnibus) qui s’arrêtera à toutes les gares.

  • Vous avez le JR pass 

Attention : votre JR pass ne vous permet pas d’emprunter le shinkansen Nozomi. Reportez-vous alors sur le Hikari ou le Kodoma. 

  • Vous n’avez pas de JR pass

Pour vous, aucune restriction quant au choix du shinkansen. À l’achat de votre billet, vous pourrez opter pour un siège réservé. Si tel est votre choix, le prix de votre billet augmentera sensiblement. Néanmoins, si vous partez pendant une période de forte affluence (Golden week, jour de l’an), il est conseillé de réserver votre siège. 

Le prix d’un billet aller est de 14 000 yen (113€) environ. Sachez enfin qu’il existe plus d’un départ par heure, quel que soit le shinkansen.

  • Les trains locaux

Les trains locaux peuvent être une alternative pour les budgets plus serrés. Néanmoins, les transferts, souvent nombreux, augmenteront fortement votre temps de trajet. De plus, il faudra témoigner de pugnacité pour trouver le tarif qui vous fera réellement économiser. Ceci étant dit, les trains locaux sont un moyen de voyager autrement, plus lentement, et ainsi apprécier les coins reculés et moins connus du Japon. 

  • Le pass Seishun 18 Kippu de la compagnie JR

Afin d’inciter les voyageurs à préférer les trains locaux, la compagnie JR propose un carnet de cinq tickets valables pour les trains JR local et rapidainsi que pour le réseau de bus de la compagnie et pour le ferry menant sur l’île de Miyajima. Contrairement au JR pass classique, ce carnet appelé Seishun 18 Kippu (ou S18K) est non nominatif. Il est au prix de 11 850 yen (95€) pour cinq jours de trajet (consécutifs ou non). 

En revanche, il n’est utilisable que lors des périodes suivantes : du 1er mars au 10 avril (vendu du 20 février au 31 mars) ; du 20 juillet au 10 septembre (vendu du 1er juillet au 31 août) et du 10 décembre au 10 janvier (vendu du 1er au 31 décembre). Les carnets sont vendus directement au guichet JR des gares. 

Lire aussi : Prendre le train au Japon

En bus de nuit

Pour faire de véritables économies, la solution consiste à prendre le bus de nuit. En plus d’un trajet moins cher, vous économiserez sur une nuit d’hôtel. Comptez environ sept heures de trajet dans un bus au confort et à la sécurité irréprochables. 

L’une des rares compagnies de bus permettant la réservation en ligne est celle de Willer Express. Les prix varient fortement en fonction de l’heure à laquelle vous souhaitez partir et surtout en fonction du confort à l’intérieur du car (toilettes à bord, siège isolé, wifi, etc.). 

Il est intéressant de noter que la compagnie met en place un pass des voyages en car à prix réduits. Le premier prix de ce Japan Bus pass est affiché à 10 000 yen (80€), il est valable pendant trois jours (consécutifs ou non). 

Lire aussi : Visiter le Japon en bus

En avion

Les vols intérieurs au Japon sont nombreux et couvrent un grand nombre de villes sur tout le territoire. Néanmoins, vous ne pourrez pas directement atterrir dans la ville de Kyoto. Le vol s’achèvera à Osaka, à l’aéroport international du Kansai. Donc au prix du billet d’avion, il faudra ajouter celui de la navette reliant l’aéroport au centre ville. Ici encore, le choix se fera entre le train (lignes JR essentiellement) ou les bus limousines, plus économiques. 

Le vol durera en moyenne 1h30. Un gain de temps par rapport au train ? Oui et non, car à cela il faut ajouter le temps de transfert depuis et vers l’aéroport, ainsi que les différents temps d’attente (embarquement, bagages). 

Découvrez : Les vols intérieurs au Japon

Côté tarif, là encore il variera fortement en fonction de la compagnie choisie. Les deux grandes compagnies aériennes au Japon sont la Japan Airlines (JAL) et la All Nippon Airways (ANA). Toutes deux proposent des pass aux touristes étrangers permettant de voyager moins cher. Attention cependant aux conditions d’obtention et aux périodes d’embargo ! 

  • Les compagnies low cost

Encore plus compétitif, les compagnies low cost. Celles reliant Tokyo à Kyoto sont Peach Airlines et Jetstar. Le prix de votre vol variera en fonction du nombre de bagages en soute (ou de leur poids). 

De nombreuses options s’offrent à vous pour relier Tokyo à Kyoto (et vice-versa). Le choix se fera donc en fonction de votre budget et du temps dont vous disposez. Pour les nostalgiques et les aventureux, sachez que subsistent quelques portions de l’ancienne route du Tôkaidô. 

Une alternative à cette route côtière existe depuis l’épode Edo (1603-1868). Il s’agit du chemin de Nakasendo, la route de l’intérieur, qui contrairement celle du Tôkaidô passe par les terres. Là encore, des chemins de randonnées vous offriront une belle immersion dans les campagnes japonaises entre Tsumago et Magome.  


Découvrez notre Circuit en voiture La route de Nakasendô

Les commentaires Découvrez les commentaires de nos voyageurs

Mr

'Pour les nostalgiques.....sachez que subsiste quelque portions de l'ancienne route du Tokaido'. This is often said both by Japanese and non-Japanese. The truth is that about 80% of the original route still exists, same width, same alignment but modern surface except for on three of the four mountain passes where the surface is earth or stone pavement. Numerous books (in Japanese) now exist that trace the route with clear maps. The missing 20% is covered by National Route One. This road blends seamlessly with the original Old Tokaido and part of the enjoyment of a journey on foot between Tokyo and Kyoto is discovering the numerous short stretches of original road that branch off for short distances before rejoining Route One. No original Edo era buildings as far as I know but plenty of Meiji and Taisho era architecture: shrines, temples, inns, shops, merchants' houses. But above all there are the local inhabitants who are friendly and delighted to see someone interested in their shukuba (post station). Naturally the road passes through all 53 stations but you are never too far from the 21st century: hotels, railway stations and other modern facilities. Identifying the Hiroshige's viewpoints is another pleasure. Some are easily recognisable from the 1830s woodblock prints, others present an interesting contrast. To cover the whole journey on foot from the Nihonbashi bridge in Tokyo to the Great Sanjo Bridge in Kyoto allow three weeks. The journey can also be completed in a series of separate week ends since one is never far from either a Shinkansen station or a Tokaido Main Line station. Bon voyage!