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Les chrétiens au musée
隠れキリシタン の 美術館

Un missionnaire chrétien et un samouraï (vers 1600).

Un missionnaire chrétien et un samouraï (vers 1600).

La cathédrale d'Urakami, au nord de Nagasaki.

La cathédrale d'Urakami, au nord de Nagasaki.

L'île de Hirado (Nagasaki), l'un des hauts lieux de l'histoire chrétienne japonaise.

L'île de Hirado (Nagasaki), l'un des hauts lieux de l'histoire chrétienne japonaise.

Une statue de Maria Kannon : pour les bouddhistes il s'agit de la déesse de la miséricorde, mais les chrétiens y voient une image de la vierge chrétienne...

Une statue de Maria Kannon : pour les bouddhistes il s'agit de la déesse de la miséricorde, mais les chrétiens y voient une image de la vierge chrétienne...

A l’occasion du 150e anniversaire de la découverte des "chrétiens cachés", Nagasaki inaugurera un nouveau musée dédié à cette histoire passionnante et méconnue.

Alors que Nagasaki cherche à faire classer par l’Unesco une partie de son patrimoine chrétien, et que le réalisateur américain Martin Scorsese s’apprête à tourner un long-métrage sur l’histoire des chrétiens nippons, ce nouveau musée dont l’ouverture est programmée pour janvier 2015 tombe à pic.

Culte secret

Il faut dire que l’histoire de la jolie ville de l’Ouest du Kyushu est étroitement liée à celle du christianisme japonais. Au XVIe siècle, c’est là que des missionnaires européens rencontrent leur plus grand succès… Avant que le pouvoir ne décide d’interdire cette religion, considérée, à tort ou à raison, comme le fer de lance d’une possible colonisation du Japon, comme cela se produit à la même époque en Amérique du Sud ou aux Philippines.

Les convertis sont forcés d’abjurer, et ceux qui refusent sont torturés et exécutés, à l’image des célèbres 26 martyrs de Nagasaki. Mais à certains endroits, le culte du Christ est déjà solide : dans l’île de Hirado, ou l’archipel des Goto, des milliers de familles refusent d’abandonner le culte chrétien et continuent à le pratiquer, mais en secret… Ils deviennent ce que les historiens appelleront les "Chrétiens Cachés", des communautés qui perpétuent ce culte devenu interdit, et le mélangent à des éléments bouddhistes et shintoïstes. La messe de Noël, par exemple, se fait avec du riz et du poisson en lieu et place du pain et du vin.

Lorsque le christianisme retrouve droit de cité dans l’Archipel à la fin du XIXe siècle, des missionnaires français envoyés à Nagasaki construire la première église du pays ont la surprise de rencontrer ces Chrétiens Cachés. Nous sommes alors en 1865, et ces croyants qui s’étaient si longtemps cachés peuvent enfin raconter leur histoire.

Une histoire du refuge

C’est à ces drôles de chrétiens qu’entend rendre hommage le nouveau musée, une idée de l’éditrice Chiyoko Iwanami soutenue par l’archidiocèse. Entre l’église Oura, le mémorial des 26 martyrs, et le musée d’Art Préfectoral, Nagasaki proposait déjà plusieurs sites dédiés au destin des chrétiens japonais.

Mais ce nouveau musée se concentrera surtout sur l’histoire et le patrimoine du refuge, sur la vie secrète de ces petites communautés menacées, prévoyant par exemple d’exposer des médailles et des icônes cachées par les familles chrétiennes. La direction des collections sera assurée par l’archidiocèse, et ce musée de 140 m² sera installé dans le quartier d’Urakami, là où se trouve la cathédrale de Nagasaki, là également où fût lâchée la bombe atomique américaine en août 1945.

Les chrétiens cachés du Japon, documentaire de Guillaume Loiret (2008).

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