Le Temple Kosan-ji    耕三寺

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Entrée du Kosanji

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La porte Koyomon inspirée de la porte Yomeimon du sanctuaire Nikkô Tôshô-gû

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Pagode du Kosanji

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Un jardin de marbre vous attend au sommet du temple

L'amour d'un fils

Lorsqu’ils souhaitent faire un cadeau à leur mère, certains enfants offrent des fleurs, écrivent un poème ou composent une chanson. L'homme d'affaires, Kanemoto Kosanji, a lui opté pour un présent peu conventionnel ; un cadeau à la hauteur de la gratitude qu'il souhaitait témoigner à sa mère mais aussi de ses moyens !

Une dévotion sans limite

Le Kosanji est un immense complexe de la secte Jodo Shinshu Honganji, l’école du bouddhisme de la Terre pure situé sur l'île d'Ikuchijima, à environ 18 km d'Onomichi dans la préfecture d'Hiroshima. 

Étagé sur quatre niveaux, le Kosanji couvre une vaste superficie de 55 000 m². Cet ensemble est l'oeuvre d'un richissime homme d'affaires, Kanemoto Kosanji (1891-1970). Suite au décès de sa mère en 1934, l'industriel qui dirigeait alors une entreprise de fabrication de tubes en acier à Osaka prend une décision ; celle d'édifier un temple en l'honneur de sa mère disparue. Il lui tient à cœur de lui offrir cet ultime cadeau en signe de gratitude pour l'amour qu'elle lui a porté et le dévouement dont elle a fait preuve toute sa vie. 

Bien loin de se contenter d'un seul édifice, l'homme va faire construire un ensemble d'une vingtaine de bâtiments. Un travail titanesque qui durera 30 ans ! 

En 1927, il lui avait déjà fait bâtir une très belle résidence : la villa Choseikaku, aujourd'hui dans l'enceinte du Kosanji. Celle-ci est un subtil mélange d'architecture japonaise et d'architecture occidentale, comportant toutes les dernières innovations technologiques de l'époque en matière de confort. 

Kanemoto Kosanji a lui même veillé à la qualité des matériaux employés et à la décoration dans les moindres détails faisant appel à des artistes renommés pour les peintures des portes coulissantes et multiples œuvres d'art présentes dans la maison. 


Un homme bien inspiré

Un an après la disparition de sa mère, le Kosan-ji change radicalement de vie. L'homme d'affaires devient un moine bouddhiste et prend le nom de Koso Kosanji

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Hondo du Kosanji, inspiré du pavillon du Phoenix du Byôdô-in

Durant plusieurs décennies, il déploie toute son énergie dans l'édification du Kosanji qui se veut inspiré par les temples préférés de sa mère parmi lesquels figurent des bâtiments classés Trésors nationaux. 

Rien d'étonnant alors si lors de votre visite certains éléments vous rappellent d'autres lieux renommés de l'archipel comme le palais impérial de Kyoto, le Shitenno-ji d'Osaka, le Hôryû-ji de Nara... Ici, toute ressemblance avec des édifices existants n'est pas purement fortuite ! 

Kosanji a puisé son inspiration dans des bâtiments de différents styles et différentes époques allant de la période d'Asuka (538-719) à l'époque d'Edo (1603-1868)

Dans le niveau supérieur, la porte Koyomon est inspirée de la porte Yomeimon du sanctuaire Nikko Tôshôgû datant de 1636 et classée trésor national depuis 1902. Située derrière la pagode à cinq étages du Kosanji, le Koyomon est particulièrement luxueux et étincelant. À elle seule, cette porte a nécessité dix ans de travail. Le hondo ou hall principal est une réplique du pavillon du Phoenix du rutilant Byôdô-in à Uji.


Le "style Kosanji"

Néanmoins, il est important de dissiper un malentendu. Koso Kosanji n'a pas juste fait réalisé de simples copies de portes, pagodes, hall ou sculptures. L'inspiration est certes bien présente mais le moine a tenu à apporter sa touche personnelle en laissant parfois libre cours à son imagination et en apportant des modifications

Certaines sculptures sont bien plus grandes, les édifices bien plus colorés et les dorures plus étincelantes. Certains bâtiments sont mêmes des constructions originales comme le Rakan-dô au niveau inférieur. Le Kosanji est bien loin d'être un parc d'attractions où il serait pratique d'admirer dans un seul et même endroit certains des plus grands trésors architecturaux de l'archipel. 

Nous en tenons pour preuve, le classement de 15 des bâtiments comme Biens culturels importants au niveau national ; une reconnaissance à part entière du "style Kosanji".


Un musée et un jardin de marbre

Koso Kosanji était aussi un grand collectionneur d'art classique japonais. Riche de plus de 2 000 œuvres et objets d'art dont 19 sont classés Biens culturels du pays, sa collection est exposée depuis 1955 dans le musée Kosanji qui prend place dans trois pavillons du temple. 

Au tout dernier niveau du Kosanji, une dernière surprise attend le visiteur : le Miraishin no Oka ou Colline de l'espoir. Perché au sommet de la colline, ce jardin entièrement en marbre de Carrare a été sculpté par Ittô Kuetani. Ce sculpteur environnemental, originaire de Kozan dans la préfecture d'Hiroshima, a travaillé entre 1988 et 2000 sur cette œuvre monumentale ; soit 16 années de labeur pour faire sortir des blocs de pierre un véritable jardin d'un blanc immaculé. 

Le moindre élément, la moindre forme du jardin, les monuments sculptés comme "La Tour de l'espoir" ou le "Chat céleste" s’harmonisent parfaitement avec la nature environnante. Une création contemporaine sublime à la hauteur de ce lieu emblématique de l'amour filial. 

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La Colline de l'espoir

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Vue depuis le sommet du Kosanji

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