Le musée Hirayama Ikuo   平山郁夫美術館

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Musée Hirayama Ikuo

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Le jardin du musée Hirayama Ikuo

Onomichi

Onomichi

Hommage à l’enfant du pays

Dans la mer intérieure de Seto, la petite île d’Ikuchijima a vu naître l’un des peintres contemporains les plus célèbres du Japon, Ikuo Hirayama (1930-2009). Depuis 1997, sur sa terre d’origine, un musée lui est entièrement dédié.

Sur les pas du peintre

Inauguré en 1997, le musée d’art Hirayama Ikuo présente la plus grande collection du maître contemporain du nihonga ou peinture traditionnelle japonaise

Les collections permanentes offrent à voir un panorama complet de son œuvre : des dessins d’enfance démontrant une virtuosité précoce, des photographies personnelles, des récits, des carnets de voyages, des esquisses, des dessins préparatoires, des peintures et des aquarelles.  Né à Setoda (ville actuelle d’Onomichi) en 1930, Hirayama a suivi une formation artistique à l’université des Arts de Tokyo dont il sort diplômé en 1952. Plusieurs décennies plus tard, il en deviendra d’ailleurs le président à deux reprises ; un premier mandat de 1989 à 1995 puis un second de 2001 à 2005. 

Collections permanentes et expositions temporaires sont l’occasion d’apprécier la technique qui contribua à sa renommée internationale. En travaillant une grande quantité de matière sur la toile, il donne un relief et une texture unique à ses peintures.


L’amour de Setouchi

S’il est bien une chose qu’Ikuo Hirayama célèbrera toute sa vie dans son œuvre, c’est sa région natale. L’artiste se plaisait à déclarer : "Mon point de départ c’est la culture de Setouchi". Depuis ses œuvres de jeunesse aux créations les plus récentes, Hirayama a toujours rendu hommage à cette région de la mer intérieure de Seto qui l’a vu grandir. 

À titre d’exemple, citons sa série intitulée "Cinquante-trois étapes sur la route de Shimanami" dans laquelle il représente en 60 aquarelles et 3 peintures, les paysages, les monuments et points de vue célèbres qui ponctuent le voyage sur la voie rapide Nishiseto, souvent appelée Shimanami Kaidô, reliant Onomichi à Imabari (préfecture d’Ehime). Une création qui n’est pas sans rappeler les séries d’estampes ukiyo-e illustrant les "Cinquante-trois étapes du Tokaidô" réalisées par les grands maîtres de l’ukiyo-e de l’époque d’Edo (1603-1868) comme Hiroshige, Hokusai et Kunisada. 

Cette influence des paysages de la mer intérieure de Seto se perçoit jusque dans l’architecture du musée elle-même. En effet, le jardin du musée, conçu par Ken Nakajima, est une évocation des multiples îles et îlots de la mer intérieure de Seto.  


Un fervent pacifiste

Bien loin de se contenter des représentations idylliques de sa région d’origine, Hirayama est un homme et un artiste profondément engagé

Tout d’abord, en faveur du désarmement nucléaire. Appelé à travailler au dépôt de munitions d’Hiroshima en 1945, Hirayama est un hibakusha, soit un survivant de la bombe atomique qui frappa la ville le 6 août. Victime des radiations et touché par plusieurs cancers tout au long de son existence, l’artiste était un fervent pacifiste

Cet engagement transparait également dans son travail.  Ainsi, l’une de ses œuvres les plus célèbres, "L’Holocauste d’Hiroshima", est une féroce dénonciation de ce tragique événement. Cette dernière est d’ailleurs comparée par certains critiques d’art au mythique "Guernica" de Pablo Picasso pour sa portée politique.

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Découvrez l'oeuvre d'Hirayama Ikuo

La préservation du patrimoine en ligne de mire

Ikuo Hirayama a également beaucoup œuvré pour la protection du patrimoine mondial. Ce combat pour sauver les chefs d’œuvres en péril date des années 1960. C’est en effet à partir de cette date qu’Hirayama arpente tous les ans la fameuse Route de la Soie, cette ancienne route commerciale reliant la Turquie à la Chine. Il y découvre des sites anciens menacés par les guerres ou les pillages

De ces multiples voyages naitra une série de peintures immortalisant des scènes de vie quotidienne et des paysages d’Iran, d’Irak, de Chine et d’Afghanistan. Ses multiples engagements lui vaudront d’être récompensé par les plus grandes instances internationales. Il sera nommé Ambassadeur de bonne volonté à l’Unesco, décoré de l’Ordre du mérite culturel au Japon, élevé au grade de chevalier de la légion d'honneur en France et lauréat du Prix Ramon Magsaysay en 2001 qui récompense l’excellence en Asie. 

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