Le musée du Katagami d’Ise   伊勢型紙資料館

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Le musée du Katagami d’Ise

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Les outils de découpe du papier

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Découvrez l'atelier des maîtres artisans

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Tissus teintés et décorés à l'aide de pochoirs katagami

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Katagami de la fin du 19ème siècle

Dentelle de papier

À Suzuka, au sein d'un écrin chargé d'histoire, le musée du Katagami d'Ise met en lumière l'artisanat traditionnel de la région : le katagami, ou l'art séculaire de la découpe de pochoirs en papier qui exige minutie, dextérité et patience !

Origine et définition

Le katagami, appelé également Ise-katagami, est une technique créée par des artisans textiles à la fin de l'époque de Kamakura (1185-1333) pour teindre les tissus et décorer les vêtements à l'aide de pochoirs découpés dans du papier. Durant l'époque d'Edo (1603-1868), cet artisanat connait un engouement sans précédent grâce aux classes les plus aisées et la nouvelle bourgeoisie d'Edo qui raffolent des somptueux kimonos décorés selon cette technique.

Lire : Wafuku, les vêtements traditionnels

Les plus importants centres de production, situés à Suzuka dans la province d'Ise (actuelle préfecture de Mie), prospèrent ainsi grandement durant deux siècles. La plupart d'entre eux sont installés au sud de la ville, dans les quartiers de Shiroko et Jike. L'habilité des maitres artisans de la cité est encore aujourd'hui célèbre dans tout l'archipel. Mais cette reconnaissance s'étendra bien au-delà des frontières de l'archipel.

À la fin du XIXè siècle, en pleine vague du japonisme, les artistes européens découvrent ces élégants pochoirs. L'art nouveau puis l'art déco s'inspire de ces dentelles de papier pour créer un nouveau répertoire de formes. 

L'importance du papier

Désigné Bien culturel immatériel du pays en 1952, l'art du katagami est un artisanat ardu demandant une une habilité extrême. Six maîtres artisans furent ainsi désignés "Trésor national vivant" en 1955 ; la reconnaissance ultime de leur imperfectible maîtrise. La réalisation d'un pochoir katagami se fait en plusieurs étapes. La première d'entre elles, la préparation du papier est essentielle car elle garantie la bonne marche des étapes à venir. Le papier utilisé est un papier washi de grande qualité appelé minogami. Chaque pochoir est constitué de trois feuilles superposées de ce papier. Ces dernières sont recouvertes et collées entre elles à l'aide de kakishibu. Ce jus de kaki fermenté, riche en tanin, donne au pochoir sa teinte brune. Les futurs pochoirs sont ensuite séchés dans un fumoir durant 7 à 10 jours puis placés dans des réserves environ un an ; le temps de repos nécessaire pour permettre au papier d'atteindre la rigidité idéale

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Parapluies, eau et grappes d'aiguilles de pin. Katagami de la fin du 19ème siècle

L'art de la découpe

Une fois le papier rigidifié, le temps de la découpe est venu. On dénombre quatre techniques de découpe différentes : le tsukibori, un découpage à l'aide d'un petit canif équipé d'une pointe de 1 à 2 mm ; le shimabori où des lignes parallèles sont coupées ; le kiri-bori dans lequel le dessin est formé par une multitude de petits points exécutés avec un poinçon à pointe semi-circulaire finement aiguisé et enfin, le dôgu-bori, une découpe avec un emporte-pièce dont l’embout a la forme d’un motif (pétale de cerisier, aiguille de pin, etc.). Un motif extrêmement complexe peut demander jusqu'à 8h de découpe continue !

Enfin, le pochoir, enduit de pâte de riz imperméable, est apposé sur le tissu. Ce dernier est plongé dans un bain de teinture qui laissera apparaître les motifs colorés. Tout ce processus complexe demande des années de formation et de travail aux artisans pour être parfaitement acquis et maîtrisé.

Pour aller plus loin : Kyo Yuzen, la teinture des tissus

Au cœur d'un ancien atelier

Le musée est installé dans le tout premier atelier-magasin de katagami de la ville de Suzuka. Ce monument historique de la ville était l'atelier de la famille Terao, des grossistes en papier actifs au cours de la période d'Edo. L'un des héritiers de la famille fit don de l'échoppe familiale à la municipalité pour accueillir le futur musée du katagami.

Après une importante restauration, le musée ouvrit ses portes en 1997. Outre d’impressionnantes collections de pochoirs et la reconstitution d'un atelier, le musée propose des démonstrations et des ateliers d'initiation aux différentes techniques. Saurez-vous vous monter suffisamment patient et habile pour espérer réaliser un pochoir katagami ? 

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