Le temple Eishô-ji   英勝寺

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Le porte Karamon du tempe Eishô-ji, à Kamakura

Le porte Karamon du tempe Eishô-ji, à Kamakura

Quand les princesses se faisaient nonnes

Longtemps protégé des regards, le dernier couvent de Kamakura a ouvert ses portes en 1995 pour le plus grand bonheur des visiteurs. Outre d’admirables constructions datant de l’époque d’Edo, les jardins et le bosquet de bambous sont un ravissement.

Eishô-In-Ni, la fondatrice du couvent, n’était pas seulement la fille adoptive d’Ota Sukenaga (qui prit le nom d’Ota Dôkan après s’être fait moine), le fondateur du château d’Edo, elle fut surtout la favorite du shogun Tokugawa Ieyasu (le premier shogun du règne des Tokugawa).

La légende veut même que, à chaque fois que ce dernier emmenait sa concubine avec lui sur les champs de bataille, il était vainqueur. Il lui donna donc le nom de « O-Katsu no Tsubone », ce qui signifie « Dame Victoire ». 

À la mort de Tokugawa Ieyasu, O-Katsu no Tsubone se fit nonne et pris le nom de Eishô-In. "Eishô" signifie "victoire éclatante" en japonais. En 1636, elle fit construire un temple bouddhiste (de confession Jôdo) et un couvent à Kamakura sur des terres appartenant à son père adoptif, Ota Dôkan. 

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L'ensemble fut nommé Eishô-ji (le temple d'Eishô). Les liens qui unissaient la famille Dôkan à celle des Tokugawa garantirent la prospérité du temple et pendant longtemps et l'Eishô-ji  eut à sa tête des princesses de Mito, l’un des fiefs fondés par les Tokugawa, devenues nonnes. De ce fait Eishô-ji  était parfois  surnommé « Le palais de Mito ».

Un écrin de verdure

Le couvent fut endommagé lors du grand tremblement de terre de Tokyo en 1923 mais les bâtiments principaux ont échappé au désastre. On peut donc admirer, dans un écrin de fleurs et de verdure, la porte Karamon, le butsuden ainsi qu’un beffroi de facture originale.

La porte Karamon, construite en 1643, délicatement sculptée, a été désignée "Bien culturel important" par la préfecture de Kanagawa.

Le butsuden est l’élément principal d’un temple bouddhiste, celui qui abrite une statue de Bouddha. Celui d’Eishô-ji, avec son double toit,  donne l’impression que le bâtiment comporte un étage. Il renferme la statue du bouddha Amida entouré de deux gardiens mais ces statues, offertes au temple par le shogunTokugawa Iemitsu, sont rarement visibles.

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Le beffroi a une forme originale appelée « Hakama Goshi » parce qu'elle rappelle celle d’un hakama, le pantalon large traditionnel.

Un imposant bâtiment de style traditionnel sert pour les cérémonies de thé. Il est bordé d'un bosquet de bambou qui offre fraicheur et sérénité. 

Le jardin, composé principalement de prunus, se tinte de rose au début du printemps et flamboie à l'automne grâce à ses érables.

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