Le festival hikiyama matsuri de Johana   城端曳山祭

Date de publication :
Johana hikiyama-matsuri

Johana hikiyama-matsuri

Johana hikiyama-matsuri de nuit

Johana hikiyama-matsuri de nuit

Johana hikiyama matsruriI

Johana hikiyama matsruriI

Johana hikiyama-matsuri de nuit

Johana hikiyama-matsuri de nuit

Johana hikiyama-matsuri, mikoshi

Johana hikiyama-matsuri, mikoshi

Quand les dieux sont à la fête

C’est une fête des sens, de l’artisanat de haut niveau, la fête des dieux et celle des hommes.  Le festival  Hikiyama matsuri dans la petite ville de Johana, dans la préfecture de Toyama, offre chaque année pendant deux jours, les 4 et 5 mai, un spectacle unique et magique à ne pas manquer. Il est inscrit depuis 2002 au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.


L’origine du festival hikiyama 

A la fin du XVIIème siècle, Johana était une bourgade d’environ 4000 habitants. C’était une ville prospère grâce à la production de la soie et à ses échanges commerciaux avec Kyoto. Cependant, lors de l’ère Kyoho (1716-1736), l’économie connu une forte récession. Pour conjurer le mauvais sort, les habitants ont commencé à faire construire des temples et sanctuaires pour des divinités protectrices. 

En 1717, le premier mikoshi ("sanctuaire portable") fut fabriqué et on le transporta à travers les rues de la ville, accompagné d’une danse du lion (censée éloigner les mauvais esprits) et de kasaboko, d’énormes ombrelles. En 1719, on construisit des chars, hikiyama, et le défilé, tel qu’il est resté jusqu’à nos jours, prit place en 1724. 

D’année en année, les hikiyama furent de plus en plus élaborés et devinrent de véritables objets d’art. Sculpteurs, laqueurs et autres artisans de la ville apportèrent, et apportent encore, leur savoir-faire et leur amour du travail bien fait ainsi que leur passion pour ce festival qui fait la fierté de ses habitants.


Les dieux viennent dormir à la maison

La veille de la fête (le soir du 4) est  consacrée aux six divinités protectrices des six quartiers de la bourgade. Fait unique parmi les centaines de milliers de matsuri qui existent au Japon : les divinités sont "invitées" à dormir chez des particuliers (ceci est nommé yamayado)

On les a sorties de leurs entrepôts et le prêtre ou la prêtresse shintô du sanctuaire principal de la ville, dans une cérémonie sacrée interdite au public,  leur a "insufflé une âme". 

Pour accueillir leur hôte comme il se doit, les six familles élues ont dépensé des fortunes pour aménager une pièce donnant sur la rue afin que tout visiteur puisse admirer ou rendre hommage au dieu invité depuis l’extérieur. Tatamis neufs, décorations, exposition d’objets précieux, magnifiques arrangements floraux, entourent la divinité. 

Le lendemain, elles seront hissées (chacune pèse environ 100kg) sur un char de plus de cinq mètres de hauteur et d’environ sept tonnes, magnifiquement travaillé, afin d’être paradées le long des rues de la ville.

Johana hikiyama-matsuri, un des six dieux de la ville

Johana hikiyama-matsuri, un des six dieux de la ville

Yamayado, une famille devant la statue d'un dieu

Yamayado, une famille devant la statue d'un dieu

Le grand jour du festival hikiyama

Outre ces six chars et leurs déités, le cortège se compose de trois mikoshi, de six iori-yatai,  de splendides ombrelles (kasaboko) et de kenboko, des objets rituels censés éloigner les mauvais esprits. Une danse du lion vient aussi animer la fête.

Si les yatai, sorte de char surmonté d’une maquette de maison de thé, de temple ou d’autres symboles, ne sont pas spécifiques à la fête de Johana, les iori yatai, eux, le sont. Il s’agit ici de maisons de thé miniatures montées sur des chars que les riches habitants de la ville avaient fait fabriquer au XVIIIème siècle en souvenir de leurs passages dans les maisons de thé à Kyoto ou Edo (l’ancien nom de Tokyo). Nostalgiques du son du shamisen et des chansons des geishas, ils eurent l’idée de faire chanter les jeunes hommes de la ville et de leur faire  jouer du shamisen et de la flûte cachés sous les iori yatai. Cette coutume s’est perpétuée jusqu’à nos jours et les garçons de Johana apprennent dès leur plus jeune âge les iori-uta, les chansons des iori afin de pouvoir chanter ou jouer de la musique le jour de la fête.

Johana hikiyama-matsuri de nuit

Johana hikiyama-matsuri de nuit

Johana hikiyama matsruriI

Johana hikiyama matsruriI

les jeunes chanteurs et musiciens cachés sous un char lors du festival Hikiyama matsuri de Johana

les jeunes chanteurs et musiciens cachés sous un char lors du festival Hikiyama matsuri de Johana

Johana hikiyama-matsuri, les textes des chansons

Ce jour-là, ils s’arrêteront alors devant toutes les maisons dont les propriétaires ont fait un don au comité du quartier pour les remercier avec leurs chants et leurs morceaux de musique. Les propriétaires et leurs invités, quant à eux, sont parfois assis sur des tatamis dans une pièce de leur maison donnant sur la rue, et écoutent consciencieusement ces chansons d’un autre âge…Tout comme la veille lorsque les familles accueillent et exposent  les statues des divinités chez elles et que les visiteurs viennent les admirer, on reste émerveillé devant de telles traditions et une telle ferveur. C’est un véritable voyage dans le passé que nous offrent les habitants de Johana.

Le soir, chars et iroi yatai sont ornés de lampions, les visages des six divinités sont éclairés par leur lumière et les participants redoublent d’énergie pour les pousser ou les tirer pour un ultime  défilé. L’ambiance est féérique et inoubliable.


Les commentaires Découvrez les commentaires de nos voyageurs