La formation rocheuse d'Onigajo   鬼ヶ城

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L'érosion a sculpté la roche

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Les cavités creusées dans la roche volcanique auraient abrité pirates et démons

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Le site d'Onigajô

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Le Shishiiwa

Les rochers Oniga-jô, l’un des plus beaux sites naturels de l’archipel

Inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco dans le cadre des "Sites sacrés et routes de pèlerinage de la chaîne de montagnes Kii" en 2004, le site d’Onigajô à Kumano est un monument naturel empreint de légendes dans lesquelles s’entrecroisent démons et pirates. Ce lieu pittoresque, idéal pour une sortie nature au bord de la mer de Kumano est aussi un spot incontournable pour les photographes.

Les falaises les plus spectaculaires du Japon

À Kumano, la plage de Shichiri-Mihama, la plus longue plage de l’archipel de par ses 22 km, offre bien plus que de grands espaces propices aux belles balades sous les embruns marins. C’est en effet au pied de celle-ci que se dresse une paroi rocheuse spectaculaire dénommée Onigajô. Cette roche volcanique façonnée par l’érosion et les éléments au fil du temps court sur une distance de 1,2 km. 

L’image d’une dentelle de pierre vient immédiatement à l’esprit des visiteurs au regard des multiples cavités qui ponctuent la roche, des pointes rocheuses acérées, des plateaux de pierre striés de petites vaguelettes immobiles et des marques d’érosion semblables aux alvéoles d’une ruche sur les plafonds des grottes. 

Inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2004, le lieu avait déjà été sélectionné comme l'un des 100 plus beaux sites touristiques du Japon en 1927 puis désigné monument naturel national en 1938.

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Ruine d'un château du 16ème siècle

Au sommet des falaises Onigajô à 153 mètres d’altitude, subsistent les vestiges d’un château de l’époque de Muromachi (1333-1573). Édifiée à partir de 1521 sur l’ordre du chef du clan Arima, Arima Tadachika, la forteresse était le plus grand yamajô ou château de montagne de la région

Ce type de château, construit sur une montagne ou une falaise escarpée, n’avait qu’une fonction défensive. Personne ne vivait à l’intérieur ; le yamajô n’étant qu’une ultime position de repli en cas d’attaque. Parmi les ruines, on identifie encore quelques murs de pierre et trois horikiri (douves sèches) sur le chemin qui mène au col Matsumoto Toge.


Au cœur du folklore de Kumano

Le site dans son entièreté ; le château comme les falaises, est le théâtre de plusieurs légendes du folklore local. Selon ces histoires au contour parfois un peu fluctuant, les cavités creusées dans la roche auraient tour à tour voire simultanément abrité d’effrayants oni et de sanguinaires pirates. Les premiers y avaient élu domicile alors que les seconds s’y cachaient des autorités gouvernementales. 

Quant au site sur lequel le château fut établi, il était connu à l’origine sous le nom de oni no iwaya soit la grotte du démon. Après la construction de la forteresse, il fut appelé onigajô (jô signifiant château) ; un nom qui s’étendit par la suite pour désigner les 1,2 km de tuf volcanique.


La traque du pirate-démon Tamaru

La légende la plus célèbre d’Onigajô relate la traque de Tagamaru, un pirate aussi craint qu’un démon. Le général et shogun, Sakanoue no Tamuramaro (758-811) fut chargé par l’empereur Kanmu (737-806) de diriger l’attaque à l’encontre du pirate qui avait trouvé refuge dans la région de Kumano. À bord de son vaisseau, Sakanoue no Tamuramaro fut guidé par une apparition céleste qui lui indiqua l’emplacement exact de la cachette de Tagamaru : Onigajô. 

Mais en arrivant à proximité, le général et ses troupes furent empêchés d’accoster par des roches qui s’élevèrent haut dans les cieux et une mer déchaînée. C’est alors qu’un jeune garçon apparut à son tour à Sakanoue no Tamuramaro pour l’aider accomplir sa mission. Posté sur l’île de Mamirugashima, le garçon fit signe de s’approcher avec son arc et ses flèches. Cet enfant qui n’était autre que l’incarnation de la déesse Kannon enjoignit le général à le suivre dans une danse. 

Intrigué par cet étrange spectacle, le pirate-démon Tamaru entrouvrit la paroi rocheuse et sortit. Sakanoue no Tamuramaro décocha alors une flèche avec l’arc du jeune garçon. Celle-ci vint directement se planter dans l’œil gauche de Tamaru. En guise de riposte, ce dernier libéra des falaises d’Onigajô 800 démons qui tombèrent sous les 1000 flèches de Sakanoue no Tamuramaro.


Le Shishiiwa, le lion rugissant vers la mer

Au-delà des mythes et du folklore, visiter Onigajô est l’occasion de s’émerveiller de la nature et de ses forces. Ici, les vents, les vagues et les mouvements sismiques sont parvenus véritablement à sculpter la roche dans des formes uniques

Nous vous conseillons d’ailleurs d’ouvrir grand les yeux et de vous livrer au petit jeu de la paréidolie consistant à identifier des formes connues ou des figures dans les rochers. Ici et là, vous reconnaîtrez des dents acérées, des ogres, des crocodiles, les alvéoles d’une ruche… 

Non loin d’Onigajô, une autre œuvre de la nature est tout aussi spectaculaire : le Shishiiwa, un rocher haut de 25 mètres dont la forme rappelle un lion rugissant. Ce félin de pierre est un spot très apprécié des amateurs de photographie. À quelques rares moments de l’année, le Shishiiwa offre une mise en scène stupéfiante ; celle d’un lion tenant le soleil ou la lune dans sa gueule. Ce spectacle avec l’astre solaire se produit le matin de mi-mai à juillet ; la période de l’année où le soleil est le plus haut dans le ciel. La même photographie avec l’astre lunaire est bien plus difficile à obtenir ; la pleine lune ne se présentant dans le bon axe qu’une journée par mois entre novembre et janvier. Un spectacle fugace à immortaliser ! 

Une autre occasion de profiter de la vue grandiose des falaises et du Shishiiwa est d’assister au feu d’artifice tiré depuis des bateaux en mer tous les 17 août. Les 170 000 personnes qui y assistent chaque année ne s’y trompent pas !

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Le Shishiiwa, le rocher en forme de lion rugissant vers la mer

Comment aller à Onigajô ?

  • Depuis la gare de Kumanoshi, il vous faut rejoindre le Centre d’informations touristiques Onigajô qui abrite des magasins souvenirs ainsi qu’un café-restaurant. 

  • Pour venir jusqu’ici, prenez le bus "Omataokubo-iki" (bus en direction de "Omataokubo") et descendez à l’arrêt "Onigajyo Higashi-guchi" (trajet de 5 min). Le centre touristique est tout proche. 

  • Depuis ce dernier, suivez le chemin qui fait le tour du promontoire pour profiter des vues superbes sur les falaises et la mer de Kumano. 

  • Nous vous conseillons vivement de poursuivre votre balade en suivant la côte vers le sud en direction du Shishiiwa distant de 1 km. En poursuivant dans cette direction, vous aurez l’opportunité de visiter le Hananoiwaya-jinja, le sanctuaire le plus ancien du Japon. 

  • Pour le retour, il est possible de rejoindre la gare de Kumanoshi à pied (environ 15 min) ou en bus Mie Kotsu depuis l'arrêt Hana-no-Iwaya (4 min).

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