Le jardin Daichi-ji   大池寺

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Le bateau du Daichi-ji.

Le bateau du Daichi-ji.

Le jardin du Daichi-ji vu de l'intérieur.

Le jardin du Daichi-ji vu de l'intérieur.

Le fameux paysagiste Kobori Enshu.

Le fameux paysagiste Kobori Enshu.

Azalées par milliers

Au milieu d’une végétation luxuriante se dresse le temple zen Daichi-ji. A l’instar du Ryoan-ji et de son jardin de pierres, celui du Daichi-ji est composé de massifs d’azalée délicatement taillés incitant au voyage et à la contemplation. 

Situé à Minakuchi, dans la préfecture de Shiga, il vous faudra environ 2h à partir de Kyoto pour accéder au jardin Daichi-ji

Vague à l'âme

Le temple Daichi-ji est assez isolé, ce qui garantit son charme. À flanc de montagne, il est un appel à la méditation. Depuis la plateforme d’observation ouverte sur le jardin paysager, le massif d’azalées parfaitement taillé s’impose immédiatement. 

Petit à petit, à force de contemplation, votre regard se pose sur le sol de graviers blanc délicatement ratissé quotidiennement. Alors, un tableau se dessine. L’ensemble forme un bateau balloté par les vagues de l’océan. Pas n’importe quel bateau. Il s’agirait du Takarabune sur lequel auraient navigué les sept divinités de la bonne fortune, appelés Shichifukujin. Vous comprenez alors la proéminence en forme d'escalier au centre de la composition. Ce serait le trésor que ces dieux distribuent aux personnes méritantes à l’occasion de la nouvelle année. 

Quelques pierres viennent agrémenter ce jardin, la plus importante étant celle symbolisant une kameshima, une île en forme de tortue. La vue se prolonge sur la forêt de cyprès de la colline en face du temple. L’expérience visuelle est enrichie par le son amplifié provenant du suikinkutsu : une jarre renversée enterrée à côté du bassin servant à se laver les mains avant la cérémonie du thé. Après chaque passage, le son du goutte à goutte retentit et participe à la pause méditative.

Paternité contestée

La forme topiaire, l'art topiaire désignant l'art de tailler des haies dans un but décoratif, du Daichi-ji est appelée o-karikomi car elle met en scène des buissons larges et touffus soigneusement taillés pour faire apparaitre un paysage. 

Le Daichi-ji fut construit sous le règne des Tokugawa, au début du XVIIe siècle. Kobori Enshu en serait le créateur. Ce daimyo très célèbre à l’époque d’Edo est un homme érudit qui manie la calligraphie, les codes de la cérémonie du thé et bien sûr l’architecture et l’art des jardins. 

Paysagiste emblématique de l’histoire japonaise, son nom suscite encore aujourd’hui l’engouement et ces diverses créations attirent de nombreux visiteurs. On lui doit notamment, le jardin Ni no Maru au château Nijo, le parc du palais Sento ou encore celui du Palais impérial à Kyoto. Certains lui attribuent également une partie du jardin de la très célèbre villa Katsura, bien que cette paternité soit contestée. Si Kobori Enshu n’est pas directement le créateur du jardin Daichi-ji, il est plus certainement l’œuvre d’un de ses descendants.

Moins célèbre que le Ryoan-ji ou que le Tenryu-ji proche de l’ancienne capitale nippone, le jardin Daichi-ji fait néanmoins partie des symboles de l’art des jardins japonais et de la pratique du zen, philosophie introduite au Japon au milieu du VIe siècle. 


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remarque et questions

Je suis habitant de la préfecture de Shiga et je me suis rendu au Daichi-ji il y a longtemps. Le nom du Daich-ji vient du fait qu'il y a beaucoup d'étangs autour de ce temple. C'est pourquoi on l'appelle 大池寺, non pas 大智寺. 大池 signifie littéralement grand étang. Quelques ? 1. Azalées par millier ―> par milliers ? 2. celui du Daichi-ji est composé de massifs d’azalée ―> massifs d’azalées ? 3. L’ensemble forme un bateau balloté ―> ballotté ?