La rue Hanamikoji   花見小路通

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Hanamikoji, le coeur du quartier de Gion

Hanamikoji, le coeur du quartier de Gion

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Il vous faut une invitation pour pénétrer dans le prestigieux établissement Ichiriki ochaya

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Les touristes se font plus nombreux quand la nuit tombe

Le Gion Corner est situé au sein du Yasaka Hall et reprend une architecture traditionnelle des salles de spectacles.

La tradition a du bon

La rue Hanamikoji est la rue principale du hanamachi de Gion-Kôbu à Kyoto. À la nuit tombée, de nombreux touristes s’y pressent espérant apercevoir une geisha quittant une maison de thé (ochaya). Une apparition aussi magique que furtive…

Derrière les machiya

Au cœur de Gion, la rue Hanamikoji court sur un peu plus d’un kilomètre entre l’avenue Sanjo et le temple Kennin-ji. Les machiya s’alignant fièrement le long de cette petite route pavée sont des trésors merveilleusement préservés. Derrière les façades protégées des regards extérieurs par les kimusuko (treillis en bois) et des intempéries par les inuyarai (barrières courbes en bambou), se cachent des ochaya (maisons de thé) et des restaurants de haut standing. La rue se compose d’une partie nord et d’une partie sud, séparées par l’avenue Shijo. Toutefois l’atmosphère traditionnelle et raffinée n’est présente que dans la partie méridionale. Si vous poursuivez votre promenade au nord de la Shijodori, vous trouverez un quartier vivant avec de nombreux bars mais dépourvu du charme si particulier des hanamachi. Le soir venu, lorsque les lanternes s’illuminent, la rue est quelque peu victime de son succès. Le flot de touristes et le ballet continu des taxis pourraient perturber votre flânerie contemplative.

À lire : Qu'est-ce qu'être geisha ?

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L'Ichiriki ochaya

Un ochaya légendaire

À l’angle de la rue Hanamikoji et de l’avenue Shijo, se trouve l’Ichiriki ochaya, le plus ancien et le plus prestigieux établissement de Gion. Cet ochaya aux murs vermillon accueille des personnalités politiques et de puissants hommes d'affaires venus se divertir, depuis plus de trois cent ans. Sachez que l'accès à cet établissement n'est possible que sur invitation ; un droit d'entrée que les habitués se transmettent de génération en génération. Mais le prestige n'est pas l'unique raison de sa renommée. La maison de thé est en effet liée à deux fameux évènements historiques.

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L'ochaya Ichiriki. Estampe de Nishijima Katsuyuki (20ème siècle)

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La maison de thé Ichiriki. Estampe d'Hiroshige (vers 1835-1840)

Au tout début du 18è siècle, le chef des 47 rônin, Oishi Kuranosuke, devient un client fidèle de l'ochaya. Après la mort de leur daimyô Naganori Asano en 1701, les 47 samouraïs se dispersent pour mieux fomenter leur vengeance à l'encontre de Yoshinaka Kira. Souhaitant tromper la méfiance des autorités et des espions de Kira, Oishi s'installe à Kyoto et semble mener une vie de débauche où tout n'est que jeu et ivresse. L'habile ruse fonctionne à merveille. Persuadé de l'anéantissement de l'ancien samouraï, Kira relâche sa vigilance. En décembre 1702, les 47 rônin mettent leur plan à exécution et accomplissent leur vengeance.

Voir aussi : Le temple des 47 rônin

À la fin de la période d’Edo (1603-1868), le luxueux ochaya devient le lieu de réunions des personnes souhaitant renverser le shogun. Là encore, la maison de thé sert de subterfuge dans ces réunions, déguisées en soirées entre amis. Des estampes ukiyo-e et shin-hanga immortalisent ces évènements.

Plus récemment, ce haut lieu de divertissements et de manigances a servi de cadre aux principales intrigues du livre d’Arthur Golden "Mémoires d’une geisha". 

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La culture traditionnelle est valorisée au Gion Corner

La beauté simple et zen du jardin du temple Kennin-ji (Kyoto)

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L'histoire d'une création

Malgré la présence de l’ochaya centenaire, la rue Hanamikoji au doux parfum de l’ancien Japon est somme toute récente puisqu’elle n’a été créée qu’au début de l’ère Meiji (1868-1912). À l’époque d’Edo, il existait un autre hanamachi dans la Shijodori.  Ainsi, l'entrée de l’Ichiriki ochaya, actuellement du côté de la rue Hanamikoji, était sur la Shijodori. Les bouleversements politiques de la Restauration de Meiji et les travaux du tramway au début du 20è siècle vont entraîner la relocalisation de l’hanamachi


En 1871 dans la mouvance du Haibutsu kishaku qui entraîne la destruction et la confiscation de biens appartenant aux temples bouddhistes, les autorités municipales réquisitionnent la moitié du Kennin-ji dont l’enceinte s’étendait quasiment jusqu’à l’Ichiriki ochaya. En 1874, l’association des maisons de thé de Gion rachète les terres confisquées pour y développer le nouvel hanamachi en créant la rue Hanamikoji. À l’extrémité sud de la rue, le Gion Corner propose des représentations de danses et musiques traditionnelles, des cérémonies du thé et des initiations à l’ikebana. De quoi accentuer un peu plus, l’atmosphère unique de la rue Hanamikoji.

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