Visiter Kyoto dans les pas d'Hideyoshi   豊臣秀吉

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Portrait à cheval du Taiko Hideyoshi Toyotomi portant son casque à rayons solaires.

Le Kodaiji et ses allées (Kyoto).

Le Kodaiji et ses allées (Kyoto).

Portail d'entrée du temple shinto de Toyokuni construit pour l'âme du Taiko

R.A

Les escaliers d'Hokoku-byo sont une gageure qui vous mèneront à un havre de paix où repose Hideyoshi Toyotomi.

La Kyoto du "seigneur singe"

Visiter Kyoto est un voyage dans le temps mais la ville a changé selon les époques. L’aspect de la Kyoto actuelle doit beaucoup à un homme, Hideyoshi Toyotomi (1537-1598), un des unificateurs du Japon à l’époque Sengoku.

Issu du peuple, vagabond, le singe, comme il était surnommé, se hissa par ses compétences au rang de seigneur suprême du Japon, le Taiko. C’est sous son règne que Kyoto, ravagée par des décennies de guerres civiles, commença son redressement.

Hideyoshi était issu du peuple et c’est dans les rues de Kyoto qu’il faut commencer à chercher son œuvre. Le quartier d’Higashiyama bénéficia plus que les autres de ses largesses et ses rues gardent l’empreinte de son époque. Le chemin de Nene (Nene no michi), épouse d’Hideyoshi, constitue en soi un une destination. Située entre Ninenzaka et Sanenzaka, en allant de Maruyama Koen au temple de Kodai-ji, ce petit chemin nous plonge dans les ruelles anciennes et harmonieuses de Kyoto.

Comment Hideyoshi s’est élevé aussi haut ? C’est en devenant le plus fidèle des vassaux d’Oda Nobunaga. L’homme, réputé démoniaque, en avait fait son homme de confiance. En 1582, Nobunaga se fit piéger par ses ennemis dans le temple d’Honnoji et se suicida. Sa mort ouvrit une voie pour son serviteur jusqu’à la domination. Aujourd’hui on peut s’arrêter à Honnoji et contempler la tombe de Nobunaga en songeant à son destin et à celui son « singe ».

Devenu le seigneur incontesté du Japon, Hideyoshi ramena la paix. La culture de son époque, l’époque Momoyama est connue pour son luxe, son extravagance et paradoxalement pour son goût pour la simplicité de la cérémonie du thé, véritable passion d’Hideyoshi. Avec l’aide du maître de thé Sen no Rikyu (1522-1591) il contribua à développer cet art si japonais et Kyoto regorge encore d’échoppes de thé, d’ustensiles, d’écoles et de petites salles de thé, chaque temple disposant de la sienne.

Moins glorieux est le monument de Mimizuka dédié à l’infamie d’Hideyoshi. Sous un tumulus sont enterrés les milliers de nez coupés aux prisonniers coréens tués lors des sanglantes et inutiles guerres d’Hideyoshi pour conquérir la Corée. Les Japonais n’y vont presque jamais mais on y croise de nombreux cars de tourisme sud-coréens.

Hideyoshi mourut en 1598 après avoir régné sans partage, sa dynastie ne lui survécut pas, son fils fut vite supplanté par les Tokugawa mais Kyoto tint à rendre un hommage posthume à son maître. Au temple Kodaiji on retrouvera la présence de Nene qui fit réaliser ce temple en mémoire de son mari, on y trouve aussi une série de reliques du grand homme et une salle de thé réalisée par Rikyu.

Mais c’est plus loin, au temple shinto de Toyokuni, que l’on trouvera la tombe d’Hideyoshi, le temple est simple, pour rappeler les origines humbles du Taiko mais garde des éléments de luxe. Il fut longtemps laissé à l’abandon sur ordre de ses rivaux Tokugawa mais fut restauré à l’époque Meiji. Derrière le temple, en haut d’une longue volée de marche se trouve la tombe du conquérant qui y repose dans une paix que peu de touristes viennent troubler. Un poème dit :

                                                            La tombe d’Hideyoshi,

                                                         Personne n’y vient pleurer,

                                                             Hormis le vent d’avril.


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