Onbashira matsuri : le festival le plus dangereux du Japon   御柱祭

Date de publication :
Suwa-taisha, Nagano

Suwa-taisha, Nagano

Onbashira matsuri

Onbashira matsuri

Onbashira, passage de la rivière

Onbashira, passage de la rivière

L'épreuve de force

Fondé il y a plus de 1 200 ans, Suwa-taisha, le "grand sanctuaire de Suwa", dans la préfecture de Nagano, est l’un des plus vieux sanctuaires shinto du Japon. Le festival d’Onbashira est célébré tous les six ans depuis 1 200 ans afin de reconstruire symboliquement les bâtiments du Suwa-taisha en remplaçant les quatre "piliers sacrés" (traduction de Onbashira). C’est un festival unique et réputé comme le plus dangereux du monde. Soyez prêts pour 2022 !

Les célébrations s’étendent sur plusieurs mois, avec deux événements principauxYamadashi et Satobiki, qui ont lieu respectivement en avril et en mai. 

Yamadashi

Yamadashi signifie littéralement "sortir des montagnes." C’est la première partie de ce grand festival. Après une cérémonie shinto donnée en l’honneur des kami (divinités) de la forêt, des hommes coupent seize sapins de 17 à 19 mètres de hauteur, d’environ un mètre de diamètre et pesant quelque 7,5 tonnes chacun. Leurs troncs une fois écorcés seront transportés jusqu’à la ville. Et c’est dans le transport de ces arbres que réside tout l’intérêt mais aussi le danger de ce festival unique. En effet, des milliers d’hommes vont alors chevaucher les troncs et s'y accrocher (des cordes y ont été fixées) alors qu’on leur fait dévaler une pente raide et accidentée. C’est à ceux qui pourront rester accrochés le plus longtemps, tandis que la plupart glissent, tombent et tentent de remonter sur ces énormes troncs dégringolant la colline à vive allure. Ce moment spectaculaire est appelé Kiotoshi (littéralement : "faire tomber l’arbre"). C’est le clou du festival et il constituait autrefois un rite de passage pour les jeunes hommes de la région qui pouvaient ainsi montrer leur bravoure et leur force. Mais une fois en bas de la colline, l’épreuve est loin d’être terminée et les participants se relaient pour transporter les sapins de l’autre côté d’une rivière puis de se frayer un passage dans des rues étroites avant de les emmener à leur destination finale, une place où ils seront entreposés jusqu’au moment de la deuxième partie du festival : Satobiki.

Satobiki

Moins dangereuse mais tout aussi haute en couleur, cette cérémonie finale a lieu environ un mois après celle de Yamadashi. Elle consiste à  transporter et parader les troncs qui seront érigés dans les quatre coins des quatre bâtiments principaux du grand sanctuaire de Suwa. Les participants vont relever les énormes piliers à la main, faisant ici encore démonstration de leur force. Toute la ville est en fête : danses, musique et chants accompagnent les participants.

Une fois arrivés au sanctuaire, certains protagonistes soulèvent et dressent les arbres tandis que d’autres grimpent dessus et chantent en signe de joie et de victoire. Cette cérémonie est nommée Tate-Onbashira (littéralement, le "dressage des piliers") et clôt les deux principales étapes du festival Onbashira.

Cette partie du festival a été reproduite dans le cadre des cérémonies d'ouverture des Jeux olympiques de Nagano en 1998.

À lire : Les Alpes japonaises

Onbasira, Kiotoshi

Onbasira, Kiotoshi

Les participants du Onbashira matsuri accrochés aux trois d'arbre

Les participants du Onbashira matsuri accrochés aux trois d'arbre

Une réputation non usurpée

Onbashira n’est pas surnommé le "festival plus dangereux du monde" à tort. On déplore de nombreux blessés et même des morts à chaque festival, même avec les mesures de sécurité prises depuis le siècle dernier. Certains participants se sont noyés au moment du passage dans la rivière, d’autres ont fait des chutes mortelles.

D’ailleurs, la préfecture de Nagano met en garde les spectateurs, surtout lors de Kiotoshi et leur conseille vivement d’acheter des tickets pour avoir des places assises sur les bancs installés pour l’occasion afin d'assister au spectacle en toute sécurité.

Voir aussi : Le lac Suwa

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