Shimabara   島原

Date de publication :
Les rues de Shimabara

Les rues de Shimabara

L'insoumise

La ville de Shimabara a une histoire riche, tourmentée entre le catholicisme des habitants et les répressions du pouvoir. Autour du grand château féodal construit pour contrôler la ville, de sympathiques quartiers recèlent des trésors.

Rue traditionelle

Cette rue était très empruntée des samourais

Gare de Shimabara

Une gare traditionnelle accueillante à Shimabara

Le mont Unzen

Au loin, le mont Onzen et sa forme chaotique

Le château de Shimabara

Le château domine l'ensemble de la ville de Shimabara

La ville se situe à l’est de la péninsule de Shimabara, dans le département de Nagasaki. Deux possibilités pour y accéder : par ferry depuis le port de Kumamoto en traversant la mer Ariake ou par le train depuis Isahaya. Les petits trains jaunes de la compagnie Shimabara Railway vous y emmènenent à travers de très beaux paysages naturels. La gare de Shimabara est d’ailleurs une curiosité en elle-même : elle représente une porte du château, qui domine la ville. Dans le hall une énorme carpe blanche, Koi Ekicho, vous accueille tel un placide chef de gare.

Car comme Kagoshima avec le Sakurajima, Shimabara vit avec un encombrant voisin : le mont Unzen, qui surplombe la région : on le voit même depuis Kumamoto, située de l'autre côté de la mer intérieure d'Ariake. Toujours actif, c’est l’un des volcans les plus meurtriers du pays, et bien qu’il soit reconnu comme l’une des beautés de l'archipel, les fumerolles qui s'en échappent rappellent que le danger n'est jamais très loin... 

Ce qui n'a pas empêché la péninsule de devenir l'un des tout premiers parcs nationaux du Japon (1934). Aujourd'hui, les amateurs y viennent pour randonner, visiter les "enfers" d'Unzen, et profiter des sources chaudes régionales, d'une qualité exceptionnelle.

Lire : Unzen onsen

Des martyrs chrétiens

Elles étaient pourtant autrefois d'une tout autre utilité : on y précipitait les récalcitrants, à une époque où la religion chrétienne était interdite, et ses fidèles, pourchassés. Car la région de Nagasaki est, depuis la christianisation de la région par des missionnaires jésuites au début du XVIe siècle, le bastion du christianisme nippon. Après son interdiction, certains ont même conservé ce culte en secret, depuis surnommés "les chrétiens cachés".

Le domaine féodal de Shimabara était occupé par le clan Arima, depuis l’époque de Sengoku (1467-1573), converti au catholicisme. Plus tard, la politique changea et la persécution des chrétiens se mit en place ; contre les catholiques japonais et occidentaux. La situation devint alors difficile pour les habitants de Shimabara, qui avaient majoritairement choisi cette nouvelle religion (environ 30 000 personnes). Le clan Arima fut évincé. Les impôts sur les récoltes de riz étaient très élevés et le pouvoir décida malgré cela de construire un château pour contrôler la ville et ses habitants. Cette époque de harcèlement anti-catholiques mena à la révolte de 1637, la rébellion de Shimabara.

Voir : Silence (2017), de Martin Scorsese

Le château de Shimabara

Le château de Shimabara - principale attraction touristique de la ville - a d'ailleurs coûté une petite fortune : sa taille imposante était bien supérieure à la moyenne habituelle, ce qui entraîna des coûts démesurés. Construit en 1624 par le nouveau daimyô (gouverneur d’une ville ou région), Matsukura, il faudra 7 ans pour achever l'édifice (1618 à 1624). Durant 250 ans, il domine la ville de sa grandeur mais il est détruit lors de la restauration Meiji (1868). En 1964 a lieu la reconstruction du donjon d’après documents d’archives. 

À lire : Oura, la plus ancienne église du Japon

Aujourd’hui, vous pouvez visiter ce château qui se fait musée de l’Histoire de la ville de Shimabara et du christianisme au Japon. Vous pouvez y faire des photos amusantes avec des déguisements de ninja et de samouraï, gratuitement. Également rénovées, les douves surprennent par leur hauteur (plus de 15 mètres!), même si elles sont aujourd'hui comblées. Dans ses étages, un musée propose de très intéressantes pièces relatives à l'histoire chrétienne de la région (crucifix, statues de Marie), la révolte de 1637 (une large toile décrivant le siège de Hara), et le clan médiéval au pouvoir (armures de samouraïs).

Gu Zôni, la spécialité de Shimabara

Le château de Shimabara et ses douves en été

Le bouddha couché Nehanzô

Le très beau jardin Shimeisô, merveille caché dans le quartier de Koi no Oyogu machi.

La gare de Shimabara telle une porte rentrée du château

Buke Yashiki, l'ancien quartier de samouraï de Shimabara

À voir à Shimabara

  • Buke Yashiki, le quartier des samouraïs

À l’ouest du château se situe l’ancien quartier de samouraï, qui fut construit en même temps que le château. À l’époque, Buke Yashiki formait 7 rues en damier comptant 690 maisons. Aujourd’hui il ne reste qu’une seule rue de 400 mètres et 3 maisons, ouvertes au public. Vous pourrez y découvrir la vie quotidienne des samouraïs (accès gratuit).

Lire aussiSur les traces des samouraïs

  • Nehanzô, le bouddha couché de Shimabara

Voilà une curiosité de Shimabara : Nehanzô est une grande statue d’un bouddha couché, faisant plus de 8 mètres de long ! Il se cache au sommet du petit cimetière attenant au temple Kôtô-ji. Cette statue représente le bouddha historique sur le point d’entrer dans le parinirvâna après avoir atteint l’éveil.

  • Koi no Oyogu machi

Vous voici dans le quartier tranquille des ruelles aux belles maisons et des canaux plein de carpes. À Shimabara coulent 50 sources dans lesquelles s’ébattent joyeusement des carpes multicolores. Nous vous conseillons la visite de la maison Shimeisô, avec son magnifique jardin, aussi beau que ceux des temples de Kyoto. Des carpes dans le bassin, des érables qui rougissent en automne, et on vous y accueille avec un thé à savourer en toute quiétude (300 yen/2.70€ l’entrée).

  • Les sources chaudes de Shimabara

La proximité du volcan Unzen influence la ville qui recèle quelques onsen, avec une eau claire et gazeuse. Le Yutorogino-yu est un bain public près du temple Kôtô-ji (ouvert de 10h à 21h, 520 yen/5€ l’entrée, fermé le mercredi). Il y a un bain de pied, ashiyu, gratuit, directement accessible dans la rue.

  • Les spécialités culinaires de Shimabara

Le Gu zôni, né lors de la rébellion de Shimabara par des paysans, est un plat constitué d’un bouillon agrémenté de légumes, de poulet ou de poisson avec du mochi, consommé dans tout le Japon pour le premier janvier. C’est très nourrissant.

Kanzarashi est un petit dango refroidi dans l’eau de source de Shimabara, à déguster avec du sirop en été.

Les commentaires Découvrez les commentaires de nos voyageurs