Le Ji-kabuki au Kashimo Meiji-za   地歌舞伎 かしも明治座

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Le ji kabuki est classé au patrimoine culturel immatériel de la préfecture de Gifu

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Le Meiji-za, théâtre de ji kabuki inauguré en 1894

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Des pièces de ji kabuki sont interprétées par des enfants

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Au centre de la scène, le mawari-butai permet de changer de décor pendant la représentation

Le Kabuki pour tous

La région de Tonô, dans la préfecture de Gifu a la particularité de proposer des représentations de ji-kabuki dans des théâtres dédiés, appelés shibai-goya. À la différence du kabuki traditionnel interprété par des acteurs professionnels, le ji-kabuki est joué par la population locale ; une tradition née à l’époque d’Edo.

Le kabuki des campagnes

En 1894, trois personnalités du village de Kashimo, aujourd’hui rattaché à la municipalité de Nakatsugawa, prennent la décision d’édifier un théâtre, le Meiji-za, destiné à accueillir des représentations de ji-kabuki  pour rassembler et divertir la population. Il faut dire que le ji-kabuki dans lequel les rôles sont tenus par des acteurs amateurs est un style de kabuki extrêmement populaire dans la préfecture de Gifu. Depuis sa création en 1603 par la prêtresse Okuni, le kabuki est un divertissement majeur pour la population. Il est joué par des acteurs professionnels, élevés au rang de superstars tout au long de la période d’Edo (1603-1868) comme en témoignent les très nombreux yakusha-e, portraits d’acteurs et scènes de kabuki dans les estampes ukiyo-e. À cette période, des troupes de kabuki parcourent l’archipel et jouent sur des scènes installées dans des sanctuaires. Des spectateurs enthousiasmés apprennent alors à performer le kabuki et se produisent à leur tour dans les campagnes. Ce ji-kabuki est vite très apprécié dans la préfecture de Gifu et particulièrement dans la région de Tonô où des shibai-goya sont construits à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Bien qu’interdit par le shogunat Tokugawa, le ji-kabuki perdure au fil des décennies.

Outside-Meijiza

Le Meiji za est l'un des huit théâtres de ji kabuki de la préfecture de Gifu

o-hineri

Pensez à confectionner vos o-hineri pour pouvoir les lancer sur la scène!

Le théâtre par et pour tous

Dans le ji-kabuki, tout le monde est autorisé à jouer. Là où le kabuki ne propose qu’un casting exclusivement masculin, le ji-kabuki, lui, fait intervenir hommes, femmes et enfants. Certaines pièces sont même uniquement jouées par les plus petits ! L’interaction avec le public est également plus intense dans le ji-kabuki. En effet, en plus de la pratique classique du kakegoe où des spectateurs appelés Ômukô crient et encouragent les acteurs, des o-hineri (pièces de monnaie enveloppées dans du papier) sont jetés sur scène ! Lorsqu’un acteur accomplit un exploit impressionnant ou si fige un instant dans une puissante pose,  mie, vous pouvez lancer une poignée de o-hineri pour animer et saluer sa performance. Si vous avez la chance d’assister à une représentation, n’oubliez donc pas de préparer à l’avance de nombreux o-hineri ! Enfin, trois genres de ji-kabuki coexistent : les jidaimono (drames mettant en scène des samouraïs avant l’époque d’Edo), les sewamono (les intrigues de gens ordinaires à l’époque d’Edo) et les buyomono (pièces axées sur le chant et la danse).

Lire : Le rakugo

Visite d’un shibai-goya

Si l’association de promotion de ji-kabuki de Kashimo n’organise que peu de représentations au Meiji-za, celui-ci peut se visiter gratuitement toute l’année. Seule une participation à la maintenance du lieu sous la forme d’un don de 300 yen (2.20€) vous sera demandée. Le don fait, une tablette en bois portant votre nom sera accrochée sur le mur de l’entrée. Classé Trésor de la préfecture de Gifu, le Meiji-za est un lieu exceptionnel de par sa taille et ses installations. L’hiraba, le sol en tatami de la salle, est divisé en carré par l’ayumi ; des petites allées en bois utilisées pour rejoindre ou quitter sa place sans déranger les autres spectateurs. Le maku (rideau de scène) est en place depuis l’ouverture en 1894. Il est l’œuvre de jeunes femmes du village qui ont cousu leur nom sur l’étoffe. Sur place, un guide se chargera de vous faire visiter les coulisses et la machinerie permettant d’actionner le mawari-butai (scène pivotante) et le suppon (petite trappe permettant d’apparaitre sur scène). Impressionnant quand on sait que le tout est toujours actionné manuellement au Meiji-za !

Inside-Meijiza

A l'intérieur du Meiji za, les spectateurs prennent placent en empruntant l'ayumi

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