Ôuchi-juku   大内宿

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Ouchijuku en automne

Ouchijuku en automne

Ôuchi juku le matin au réveil

Ôuchi juku le matin au réveil

Ôuchi juku, dans la grand rue après la fuite des touristes

Ôuchi juku, dans la grand rue après la fuite des touristes

Ôuchi juku, irori d'une auberge avec poissons grillés.

Ôuchi juku, irori d'une auberge avec poissons grillés.

Ôuchi juku, negi soba

Ôuchi juku, negi soba

Ôuchi juku, vue panoramique en été

Ôuchi juku, vue panoramique en été

Retour vers l’ère d'Edo

Dans les montagnes d’Aizu, un village aux vieilles maisons de chaume accueille les voyageurs depuis quatre siècles. Une expérience hors du temps.

Au nord de Tokyo, au dessus de Nikko, le village de Ôuchi-juku est une plongée dans le passé. Bâti vers 1640, ce village accueillait de nombreux voyageurs durant l’époque d’Edo (1603-1868). C’était une des stations de la route d’Aizu Nishi qui reliait le château d’Aizu à Nikko puis à la capitale Edo, l’actuelle Tokyo. À l’époque, le village était également un relais important pour le Daimyo (gouverneur féodal) d’Aizu et ses clans lors des voyages vers la capitale, ainsi que pour le commerce du riz.

À l’ère Meiji, l’ouverture d’une grande route en 1892 puis de la ligne ferroviaire en 1899, loin d’Ôuchi-juku, met un terme à ce rôle de station d’accueil. C’est cet isolement qui fait de ce village un lieu si bien conservé aujourd’hui. La modernisation finit par arriver dans les années 1960, mais le chercheur Aizawa de l’Université d’art de Musashino à Tokyo, convainc les habitants de conserver ce site historique en l’état. Bien lui en a pris.

Forêt sacrée

Aujourd’hui, lorsque vous arrivez à Ôuchi-juku, les maisons anciennes aux toits de chaume bordent la grande rue principale sur 450 m. C’est un style typique de village-relais sur la route de cette région. 

Ces maisons, à l'origine habitées sont aujourd'hui devenues des boutiques de souvenirs, des restaurants et des auberges. Fait remarquable : comme avant, les commerçants mettent toujours des boissons ou des fruits et légumes dans l’eau de montagne pour les garder au frais, tandis que les petits canaux passent de chaque côté de la grande rue.

Au milieu des maisons, passez sous le torii en bois (la porte d’entrée des sanctuaires shintô), et suivez le petit chemin au milieu des rizières jusqu’au deuxième torii. Vous entrez alors dans la forêt sacrée. Montez les escaliers pour arriver, après le troisième torii, au Takakura-Jinja, un sanctuaire qui protège Ôuchi-juku. La légende dit qu’un des fils de l’empereur Go-Shirakawa (1127-1192), qu’on croyait mort lors d’une guerre féodale, avait survécu en se cachant dans cette forêt. Avant de ressortir, appréciez aussi le cyprès du Japon vieux de 800 ans et dont la cime culmine à 56 m.

Le vrai silence

Pour prendre de la hauteur justement, il faut aller au fond du village ; des escaliers vous amènent à Koyasu-Kannon, le petit temple du kami (dieu) des enfants, d’où vous avez la plus belle vue panoramique sur le village d’Ôuchi-juku. Moment de contemplation...

Pour rendre l’expérience encore plus immersive, rien de tel que d’y passer la nuit. Trois minshuku (auberges) vous proposent également un repas rustique autour d’un irori (le foyer traditionnel japonais) et une chambre à tatami (les salles de bain sont communes). Loin du tumulte de la ville, goûtez au vrai silence... Et en vous promenant au petit matin, vous croiserez les villageois affairés à leurs occupations habituelles.

Ni fourchette ni baguettes

La spécialité locale s’appelle negi soba. C’est un bol de soba fait maison, qu’il faut manger ici, non pas avec les baguettes, mais avec le negi, c’est-à-dire la ciboule, sorte d’oignon ayant la forme d’un fin poireau. Le negi est souvent utilisé comme condiment pour le soba en le coupant en fines tranches dans tout le Japon. Sauf qu’ici, le negi était un cadeau pour le shôgun Tokugawa, c’est donc une malédiction de le couper. On attrape les soba avec le negi puis on les mange en le croquant bouchée après bouchée. Une façon de manger bien difficile, même pour les Japonais, mais tellement amusante !

En repartant, admirez la gare de Yunokami Onsen, une vraie curiosité sur la ligne Aizu Railway. C’est une des rares gares du Japon qui ait conservé son toit de chaume.

À l’intérieur, on trouve un iroiri pour la chaleur, du thé vert pour se désaltérer et même un ashiyu (le bain de pied) pour se détendre en attendant le train. Revenez au monde moderne tout en douceur...

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